TROIS ENFANTS
Elle cheminait par la route ; Une ombre suivait le même chemin ; La mort passe sans qu'on se doute Qu'elle traverse nos destins.
Dans un jardin invisible, Jouaient trois divines enfants, Et leurs A'-oix s'envolaient, frag-iles, Gomme des ailes dans le vent.
L'une avait des yeux de lumière Qui souriaient à l'avenir; L'autre voilait, sous ses paupières, Les feux insolents du plaisir.
La troisième avait, dans les yeux, Les rayons bleus de la pensée Et le charme mystérieux De son âme déjà blessée.
Autour d'elle, l'heure attentive Semblait attendre quelque signe Pour éteindre à jamais, dans ses yeux, Leur ressemblance avec les Dieux.
Sa voix sonnait le son des cloches Et, dans tout son être attristé, C'était comme un pardon et comme un doux reproche Que tous, nous avions mérités.
La mort poursuivit son chemin. .
Mais dans l'éternité des choses Moins qu'un reg^ard sera la cause Qui brisera notre Destin