‹ La chanson du pauvreChapitre 30 sur 82 · CHANSON D'OCTOBRE · texte numérisé non relu

CHANSON D'OCTOBRE

C'était un soir d'Octobre lamentable..

Trois fileuses filaient la mort.

Sous la porte, le vent hurlait Une coraplaiinte criminelle Et la lueur d'une chandelle, Gomme une âme qui meurt, vacillait.

Et les trois fileuses filaient.

Et, près de l'âtre où se tordait Une branche de houx pitoyable, Les trois centenaires du sort.

Les trois fileuses de la mort.

Pensaient la même souvenance...

Tous ceux de jadis étaient morts.

Ceux de l'amour, ceux du remords ; Du siècle elles étaient les seules, Et si vieilles, les trois aïeules, Qu'au fond de leur coeur sans mémoire, Toutes les lampes étaient éteintes Et qu'elles ne retrouvaient plus, Dans leur âme lointaine et noire, Le souvenir perdu des âg-es révolus.

86 LA ClIANSOPf DU PAUVRE

Page 1