‹ La chanson du pauvreChapitre 35 sur 82 · RONDE DE VIEILLES · texte numérisé non relu

RONDE DE VIEILLES

Petites vieilles, mes pensées, Il neig'e, il tombe du lointain, Un peu de mort et d'incertain Sui' toutes 1er, choses passées.

En moi, pourquoi cette froidure?

Et ce calme et ces longs hivers ?

Et ces lug-ubres ciels couverts? Et cet hiver qui dure et dure?

Petites vieilles inutiles, Faites du feu dé vos passés, Et de tous ces roseaux casses, Et de tous ces rêves stériles.

MON CŒUR PLEURE d'aUTREFOIS I03

Les souvenirs de toutes sortes Brûlez-les comme du sarment, Et chauffez-vous très longuement Au petit feu des branches mortes .

Parlez -vous bien, dans vos souffrances,

De ces bons jours de l'Autrefois,

Et videz encor de vos doig-ts

Les fuseaux bleus des souvenances.

Et quand la nuit, la nuit pleureuse, Dans la chaumière se fera, L'une de vous rallumera, Comme une lampe un peu fumeuse,

— Oh! pourquoi faut-il que je pleure De n'en avoir oublié rien ? — La souvenance, la meilleure, De celle que vous savez bien...

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