‹ La chanson du pauvreChapitre 57 sur 82 · LA DERNIÈRE VISITEUSE · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE VISITEUSE

Elle entrera chez moi, comme ma bien-aimée,

Sans frapper à la porte et familièrement, Ne faisant ni de bruit, ni de dérang-ement, Enfin comme entrerait la femme accoutumée.

D'ailleurs, comme déjà la chère le savait, Elle n'aura pas peur en voyant mon visag-c Si pâle et si défait, et bien douce et bien sage, S'assoiera sans parler à mon triste chevet.

Et moi, qui dès longtemps suis fait à la pensée

D'être un jour visité par elle, je serai

Sans émoi de la voir, et je la laisserai.

Sans dégoût, dans sa main prendre ma main g'Iacée.

MON CŒUR PLEURE d'aUTREFOIS 167

Lors elle parlera, doucement et très-bas, Des choses du passé, d'une province chère, D'une maison bien close et pleine de mystère. Et de tristes amours que je n'oublierai pas.

Et, maternellement, comme l'eût fait ma mère, \près m'avoir parlé quelque temps du bon Dieu, La chère me dira : « Veux-tu dormir un peu ? » Et, content de rêver, je clorai ma paupière.

l58 LA CHANSON DU PAUVRE

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