‹ La chanson du pauvreChapitre 7 sur 82 · LE MOULIN · texte numérisé non relu

LE MOULIN

C'est le moulin

Oui moud le grain, Le grain qui pousse au long- des routes!

C'est le moulin

Qui fait le pain, Le pain de ceux qui n'ont pas faim Et celui des pauATes qui doutent Si Dieu leur donnera le pain Pour lequel ils prieront demain !

L'Eté, quand il tourne au soleil Et que, de ses g-éantes ailes,

Il appelle Les blés couchés aux champs vermeils,

Il est la tour de l'opulence,

La tour du temple d'abondance ;

Et l'hiver, quand il g'eint dans le soir.

Qu'il tourne encore au clair de lune,

Il est, pour plus d'un et plus d'une,

La Vig-ie et le Phare et la Croix de l'espoir

C'est le moulin Qui moud le g"rain, Le beau blé d'or du bord des routes.

C'est le moulin Qui fait le pain!

Du pain pour les pauvres qui doutent Si Dieu leur donnera, demain, Le pain dont ils ont faiml

Quand le meunier, par sa lucarne, Voit des blés jusqu'à l'horizon,

Il songe au bon pain qu'ils incarnent, Il song-e à la bonne moisson, Il sait que la brise caresse Les blés onctueux et lourds Qui se couchent avec paresse Et s'enlacent avec amour ;

Dans leur rythme de vag-ues blondes, Ils viennent pour nourrir le monde Et semblent ramper au moulin !

Il voit déjà, par les ornières,

Les bœufs, traînant avec effort,

Sous des averses de lumière.

Les chariots d'or !

C'est du blé pour moudre au moulin!

Le beau blé d'or du bord des routes!

C'est du blé pour faire le pain, Du pain pour les pauvres qui doutent Si Dieu leur donnera demain Le pain dont ils ont faim!

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