‹ La chanson du pauvreChapitre 8 sur 82 · LA STATUE BRISÉE · texte numérisé non relu

LA STATUE BRISÉE

Les pavots s'ouvraient au soleil, Sous la pluie d'or de la lumière Et les pondéreuses abeilles, Pour essaimer, montaient dans Tair.

A l'ombre, sous un très vieux pin, La mousse veloutait le marbre D'un torse de Diane étendu près d'un arbre, En travers du chemin, Tandis qu'autour des pieds, demeurés sur la stèle, Montaient des asphodèles.

Une femme s'arrête et de ses yeux distraits •

Comme des yeux de pierre, Voit les yeux sans pupille, ouverts sous les paupièi'es.

De ce marbre brisé, d'où monle le regret. Cependant que là-bas, sur la route, Qui s'en vient du village au château,

Un pauvre chemineau, Fixe pour un instant el sans qu'elle s'en doute,

Avec un air de cornemuse.

Les tristesses confuses,

La vag-ue inquiétude

Fa le regret d'on ne sait quoi,

Qu'aux heures de la solitude,

L'on sent monter en soi.

Mes bons moutons, mes doux moutons,

Lorsque la lune, à l'horizon,

Sera près de la maison neuve,

II fera jour, et nous irons,

Mes doux moutons,

Dans les plaines de vert gazon

Que rafraîchit le vent du fleuve.

Les chiens fatigués de la nuit.

Encore mouillés de la rosée,

Endormiront leurs longs ennuis

Le nez sous leurs pattes croisées !

Et vous serez libres d'errer

Sans crainte de leurs dents pointues.

Et, sur ma flûte, je dirai

La chanson des heures perdues.

LA CHANSON DU PAL'Vnn 07

Mes doux espoirs, pauvres moutons!

Lorsque la lune, k l'horizon,

Sera près de la maison neuve,

Il fera jour, et nous verrons,

Et nous verrons

Que tous nos rêves s'en iront

Emportés par le vent des fleuves!

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