‹ La chanson du paysan [microforme]Chapitre 49 sur 73 · LES LUCIOLES · texte numérisé non relu

LES LUCIOLES

Comme des feux-follets, les nuits chaudes d'été,

Dansent parmi les croix au fond des cimetières,

Les lucicles vont, reflet d'or agité,

Semant dans les blés mûrs leurs furtives lumières.

A les voir sous le ciel quand l'orage est prochain.

I semble que ce sont des astres minuscules,

Contrits d'avoir quitté leur magnifique écrin :

Des émigrants nouveaux parents des libellules.

Le passant qui chemine en longeant la moisson,

Songe parfois, le soir, aux contes de grand'mére,

Quand toutes ces clartés dont s'orne le vallon

Emeuvent un instant sa fidèle mémoire.

LA CHANSON pt PAYSAN

Or par les clairs de lune où pleurent les grands pins, Elles dorment dans l'herbe à l'abri des javelles, Sur la mousse odorante et les coteaux lointains,

Jalouses, l'on dirait, des multiples étoiles.

Au champ clos du trépas, sur les tertres jaunis, Etes-vous des défunts un reste solitaire Que la fuite des ans oublia sans mépris

Dans la nuit du tombeau pleine de son mystère ?

Oh ! que je me souviens, lucioles des prés, D'avoir été cruel Pour vous dans mon enfance !

Qu'importe, allez, courez sur la moisson des blés,

Sur vous comme sur moi veille la Providence !

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