‹ La chanson du paysan [microforme]Chapitre 58 sur 73 · AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUTOMNE

O les tristes refrains que nous chante l'automne !

O le funèbre orchestre ayant le vent pour chef !

Saison des Li res froids, du rêve Honotone,

Choces des flots en courroux sous une sombre nef !

O toute la lourdeur des premiers crépuseules Endeuillant les grands pins de leur silence émus * Et sur le sol, comme de pauvres hbellules,

Les feuilles mortes qui ne reverdiront plus !

Sous le voile brumeux des brises nonchalantes, Voici tomber les nids au fond creux des buissons, Pauvres nids dont l'adieu traîne en notes mourantes,

Comme un écho plaintif au bord des horizons.

lo LA CHANSON DE PAYSAN

L'âme du paysage, errant l'aventure, Cherche dans sa douleur où se giter sans bruit, Car nul printemps d'amour, nulle voix, nul murmure

Ne renaîtront pour elle au sein de cette nuit.

Tout comme le grillon, la glane dans l'ormcre N'a, pour se préserver du frimas et du gel, Qu'un peu de sable fin par un pus de bergère

En su marche creusé d'un geste accidentel,

Automne ! Tout se meurt ! La brise inassouvie Déchire sans regrets l'aile du papillon, Et la langueur de ceux qui connaissent la vie

Se mélange au chagrin de leur propre abandon.

Automne ! Pleurs amers ! N'éveillons pas la bête !

Dormez, branchages nus, pareils }à de longs}mâts, Bercés sur l'océan, dans l’affreuse tempête !

Dormez, bons trépassés, loin des peuples ingrats.

LA CHASSON Dit PAYSAN

Dormez, vallons, et toi, vieillurd fuible et débile, Porte ton humble offrande au imetière ancien Ce n'est plus lautrefois et ton corps inhabile

Ne verra plus peut-être un autre lendemain

Demain ! Quel mot ! Hélas ! cet amus de feuillage Recouvrira tes os voués au noir oubli, Car, devant Dieu puissant, tout siècle est du même âge

Dans sa morhe torpeur ON Coeur oh frémi.

Demain ! c'est l'avenir, Favenir qu'on ignore, Fait de larmes, de deuils, peu souvent de bonheur, Homme, rappelle-ten, s'ilen est temps encore,

Avant de succomber sous l'amère douleur.

Adieu ! Là-bas la cloche entonne sa prière, La line qui décroît au lointain firmament,

Sur la vague attentive épanche sa lumière,

Et l'automne qui passe a Pair d'un mendiant.

l'2N LA CHANMON DE FAiman

VIEILLESSE ‘ L LENL A .

SONNET

J'ui vécu Mes cheveux blanchis pur lu x ieillesse Se collent à mon front où se comptent les ans Que chaque ride annonce u vec plus de tristesse,

sous le souttle glacé des SOUVEHIF mourants

flélas ! il faut qu'un jour toute coupe d'ivresse, Dans la main du destin trouve de noirs instants Qui fussent ses plaisirs se répandre sans cesse

En chagrins, en douleurs, en remords triomphants.

O sie insatiable, humiliant mon âme, A quoi songes-tu done, quand, triste je me pâme

A chanter du bonheur la fausse illusion ?

LA CHANSON bit PAYSAN

Me regardant mourir, tu ne conçois pus même,

Devant l'affreux tombeau que

malgré tout je l'aime,

Oh ! viens, oui, lu mort, Viens, c'est toi la guérison !

Page 1