PREMIER FRIMAS
L'hiver jaloux est sorti de sa tombe Son léger linceul blunchit le vallon :
Jonchant le sol, le feuillage succombe
Roule, se tord et vole en tourbillon.
L'oiselet frileux au fond du bocage, Ne gazouille plus son joyeux refrain ; La vague en passant mugit au rivage ;
Un terne soleil dore le lointain.
Niché dans le tronc de quelque vieux chêne, Le hibou hulule, éveillant au loin L'écho discret de la forêt prochaine
Dont l'accent plaintif se perd au ravin.
LA CHANSON Dpt PAYLAN
Le gueux du chemin, triste et solitaire, Marche lentement le regard baissé, C'est qu'il sent venir l'affreuse misère,
Et pus de fagots sous son toît percé,
Une femme va vers une humble église, Grelottante sous son châle trop fin ; La voûte des cieux de gris se précise ;
Hélas ! c'est de la neige pour demain.
L'automne se meurt là-bas sur la grève ;
Jardins et coteaux, papillons et nids,
Sentent s'envoler comme fuit le rêve
Les oisillons vers un autre pays.
Les premiers frimas recouvrent la terre :
Le hameau désert est sans VOVAgeUrs ; Tranquille est le lac, close est la chaumière,
La mort semble avoir saisi tous les cœurs.
138 LA CIIANMON DE FAYMAN
Et le vent gémit dans l'érablière !
La campagne est triste, oh !triste à mourir ! La vieille nature en son sein de mère,
Hélas ! n'a plus de lait pour la nourrir !
LA CHANSON pi FAYSAN