DANS UN CIMETIÈRE
Novembre ! Mois des morts ! A genoux et prions ! L'air est plein de sanglots et d'angoisse infinie, Les feuilles sur le sol, dans l'ombre où nous marchons.
En des gestes affreux tourbillonnent sans vie.
Les voiles sur la mer arrondissent leurs plis ; Au fond du ciel où meurt un soleil pâle, atone, Une sombre tristesse à nos cœurs engourdis
Jette le vague écho de sa voix monotone,
Emu, chétif et las, sur le bord du chemin, Dans le vent qui le mord comme un fauve en colère, Un mendiant repose et parfois tend la main,
La mort au front marquée au gré de la misère.
Dans l'humble cimetière où chacun va priant, Se dirigent en pleurs des orphelins, des veuves, Sur leurs traits éplorés la douleur un instant
Se confond à l'effroi de leurs lourdes épreuves.
lci-bas où l'on souffre, ici-bas où l'espoir Semble un regret jeté comme un peu d'espérance, Chacun a son fardeau, chacun doit percevoir,
Sans murmurer, sa part des maux de l'existence.
Homme de peu de jours, homme sans Dieu ni foi, Qu'appeure ingénûment l'image de la tombe, Vers la céleste voûte un moment tourne-toi,
Si l'âme est immortelle, hélas ! le corps succombe !
Et puisqu'il faut mourir, heureux le paysan, Heureux celui qui sur une tombe connue, Peut réciter encor la prière d'antan
Qui lui fut par sa mère apprise l'âme émue !
LA CHANSON Dbt FAYMAN
SONNET
Le ciel est gris et plein de menus papillons
Qui s'abattent sans bruit sur la terre amoureuse, Il neige ! Au près, l'hiver chassant les noirs grillons,
Enveloppe de blanc la campagne frileuse,
Sous l'immobilité du marbre et des £azons, La petite flotille à cette heure oublieuse Où le cœur chante seul dans l'ombre où nous marchons,
Fait rêver au foyer d'une existence heureuse,
Et la bise flagelle au flanc notre logis, Faisant grincer la porte et craquer la toiture
Que les grands vents du nord souillent de leur morsure,
Où vous, vivants heureux, puvasunes, Ines nrris, Vous à qui Dieu donna des champs le privilège
Restez duns vos hamenux et bénissez lu neige !