MO.N SIEUR
Je vous envoie sous ce pli un Noël et les premières strophes d'un chant de berceuse avec les notes musicales.
L'air de nos chants est toujours empreint de mélancolie comme celui des pays orientaux. C'est un peu la mélopée grecque. Des voceri vous en avez sans doute, mais vous les voudriez annotés. On a promis de me donner ces notes musicales. En tout cas, vous n'auriez qu'à demander à n'importe quelle caserne de Gardes Républicains de vous mettre en rapport avec quelques gendarmes corses. La plupart d'entre eux savent chanter des complaintes... »
C'est le plus souvent sans accompagnernent que les bergers chantent leurs improvisations et malgré ce qu'en ont relaté certains écrivains nous n'avons jamais rencontré un pasteur s'en allant la guitare sous le bras, — ce serait trop gênant avec l'inséparable fusil ! Néanmoins, sur les côtes, dans le voisinage immédiat des villes maritimes et dans les villes, on chante aux ronrons de la guitare ou de la mandoline, voire de l'accordéon, ces pagr/hielle et ces lamenti dont Jean Lorrain disait superbement * : Il y a de la mélopée du muezzin dans la monotonie attristée de cet appel qui se traîne, s'élève tout à coup et retombe ; il y a de la passion espagnole dans cette note sourde et toujours tenue de l'accompagnement de la guitare ; mais il y a