‹ La chanson populaire de l'île de CorseChapitre 38 sur 79 · Cf. En Corse, par Paul Bourde · texte numérisé non relu

Cf. En Corse, par Paul Bourde

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All"° e forte

Bu-lem-rnu pian.tà lu magg-hiu; CttUal-la

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I^p^t^itZI*

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fiaua le stelle: 0? sarà cuoteoJta Ct;cca E piùle

so fi-g-liu-lel - le^ Chi nun pur . te . ra.Du

più Addossu le ceo-tu.pel.le .

O Braco, la to fortuna Avà si s'è discitata ; Tantu l'hai combaltuta Ch'a la fine l'hai truvata ; Era entr'un cornu di capra ; Culà stava intufunata.

Chi l'avesse mai criduta Ch'in piazza di 11 Braconi Si duvesse alzà lu magghiu, La bandiera a Ire culori?

La scio Cecca Luciani Meritô tutti sti onori.

I. « Le Maire pasteur », cette chanson composée sans nul doute par quelque berger date de plus de quarante ans.

Or si stà Gecca frisciata.

Colla e fala pe' paese, E se nimu la dimanda,- EUa rispondc in francesc.

Un ti sai vcrgugnà, O rise di lu paese ?

Or l'un bedi la tô scala Che stà falta a saltarelli ?

Un ci si ponnu arriva Li vecchi, ne li zitelli.

Dalla cherciulla a lu teltu Ci si contanu le stelli.

Aspettemu lu scio INIeru Gu le pecure stu magghiu ; E allora l'elettori Li alzeranu lu so magghiu Perche d'ellu avia prumessu Un castratu tintinnagghiu.

Nous voulons planter un mai — Qui se dresse jusqu'aux étoiles: — Françoise ^ enfin, va être contente — Et plus encore ses fillettes — Qui' ne porteront plus — Sur elles des haillons cent fois rapiécés.

O Bracô ^, ta fortune — Maintenant s'est bien réveillée,

— Tu l'as tellement pourchassée — Qu'à la fin tu l'as trouvée ; — Elle était dans une corne de chèvre, — Bien enfouie au fond.

Qui aurait jamais pu croire — Qu'au seuil des Braconi

— S'élèverait, un jour, un mai — Paré du drapeau tricolore ? — Sa Seigneurie Cecca Lucciani ^ — A. mérité tous ces honneurs.

I. Femme du nouveau maire, lequel devait être un berger pauvre et avare.

•i. Nom du maire cliansonnr.

3. Cecca diminutif de Franccsca, Françoise. Lucciani, nom de jeune lille de Françoise.

Et maintenant Gecca très attifée — Monte et descend par le village, — Et si quelqu'un l'interpelle — Elle répond en français ^ . — \'as-tu donc pas honte, — O risée du pays ?

Tu ne vois donc pas que l'escalier {de ta maison) — N'a plus, à peine, que des marches branlantes ? — Et que n'y peuvent monter — Ni les vieillards, ni les enfants. — De la cave au toit — On peut compter les étoiles.

Nous l'attendons le seigneur Maire — Avec ses brebis en mai prochain ; — Et alors les électeurs — Lui érigeront son « mai » — Parce qu'il leur avait promis — Un mouton qui porte la sonaille'-.

Dans cette composition, la victime, le nouveau maire en l'espèce, est atteinte par le relief donné aux ridicules de sa femme, il y a là presque de la recherche littéraire. D'autres chants sont plus simples, ces deux couplets très explicites, par exemple, que nous avons entendu chanter à Corte, il y a quelques années, lors d'une élection orageuse.

Allegro

0 lu DOS

tro Me ru di Cop

J. J i'iJ N

te E cor . tu

d iu . fur . ca . tu

1. Ironiquement ; elle veut se faire passer pour une l)Ourgeoisc.

2. Le bélier châtré porte une clochette au cou et conduit le troupeau. Gomme il est vieux, la viande en est peu comestible, aussi la promesse du nouveau maire prouve t-elle sa sordide avarice.

L\ CHANSON POPULAIRE

ra S el . lu si oe vo . 1^ an . da Li

^ /'in?

pa.

-g-he-ϝ la vit. tu - ra

In casa du scio Guelfucci Son biscotti e bicchierini ; In casa du scio Mignucci Son cacali sumerini.

Est court ' de jambes, — Nous lui paierons une

Ah ! notre maire de Gorte Mais s'il veut nous quitter voiture.

Dans la maison de Monsieur Guelfucci — H y a des biscuits et des petits verres ; — Dans la maison de Monsieur Mignucci — Il n'y a que des crottes d'àne !

Comme on le voit, les procédés électoraux sont partout les mêmes ! Mais les chanter en une formule aussi simpliste ne suffirait pas pour les élections législatives et l'on s'en rapporte alors à ceux qui, grâce à leur instruction, peuvent faire de plus complètes satires, plus violentes encore, d'une injustice toute électorale.

Nous citerons quelques strophes de deux de ces chansons politiques : la première vise le très regretté M. E. Arène, ce député corse qui fut si spirituellement parisien, la seconde, l'honorable M. Ceccaldi. Toutes deux furent publiées en 1896 par un journal d'Ajaccio

I. Il y a là lin jeu de mots intraduisible, rorle ou cortii signilianl court.

(( politique, humorisliqtie, satirique et littéraire » des plus intéressants et rédigé en dialectes corses : A ïra- MO>TANA fresca e sana ^ .

A Manziu Arena, Diputatu -.

Voi chi sete u capimacchia E lu primu ciarlattanu, Di li nostri diputali.

Tutti degni di lu zanu ; Ascultate un tantinellu I detti d'un paisanu.

So ch'e parlu a un patriottu

A la moda di Pila tu,

Chi nun pensa à nissun Gorsu,

S'ell'un n'e qualchi cugnatu,

E ch'un s'arricorda piu

Di u locu duv'eirè natu.

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