La Lyre Corse, Marseille
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Si la giustizia nun mi fa clemenza, A dru ministru mi vodru appillari ; Parchi tu voli vivi di putenza, Esserc amata e non bulir amari*.
Ma st'hai pinzeri di bullimmiamani, Quistu è lu modu chi t'hai da tineri, Bistemmia, quannu mi senti parlani, E fatti cruci, quannu tu mivedi.
Gusi la genti non pinzerà mali, Vidennu, che mi fai tal dispiaceri, E po la sera mànnami a chiamani Par qualchi to fîdattu missachieri.
Giojia, tu m'ha riduttu a singhiu tali, Voju a la messa, e nun so duvi sia.
Nun ascoltu parodra di u missali, E nun soju piii di dr'Ave Maria ;
...La to mammaccia mi faci adirari ; Peghiu chi mortu mi vuria vidiri.
1. Le poème est, en réalité, composé de huitains, ainsi que l'on peut s'en rendre compte d'après ce que nous avons dit sur l'alternance des rimes. Pour la commodité de l'écriture, sans doute, les musiciens l'ont — malheureusement — divisé par petits couplets ôtant du même coup de la force aux périodes, du caractère à la phrase musicale.
Edra dici che semprc m'adrunlani, E chi nun ti fichiuli, c nun li miri.
...S'tu vuoi sapiri quantu sia slu tantu, È quantu il pettu, c il cor dedr'alma mia. S'intrassi in Paradisu santu, santu, E nun truvacci a tia, mi n'esciria.
Je veux m'en aller auprès de son Excellence ' — Et t'accuser d'être une voleuse : — Le premier jour qu'il tiendra audience, — Je veux lui remettre un placet.
Si la justice ne m'est pas clémente. — Au ministre j'en appellerai ; — Parce que tu veux vivre toute-puissante, — Etre aimée ne voulant pas aimer.
Mais si tu pensais t t'éprendre de moi — Voici la conduite que tu devrais tenir : — Te répandre en invectives quand tu m'entendras parler — Et faire des signes de croix quand tu me verras.
Ainsi, les gens ne songeront pas à mal, — En voyant cela, qui me cause un tel déplaisir ; — Et puis le soir, envoie-moi chercher — Par quelqu'un de tes messagers fidèles.
... Ma joie, tu m'as réduit à ceci : — Je vais à la messe et, ne sachant pas où tu es, — Je n'écoute pas un mot du missel, — Et je ne sais plus dire d'Ave Maria.
... Ta mère de malheur me fait endêver ; — Pire que mort, elle me voudrait voir. — Elle m'ordonne toujours de m'éloigner, — De ne point te regarder, de ne point t'admirer.
... Si tu veux savoir combien tu es tout pour inoi, — Et combien ma poitrine, mon cœur et mon àme (sont à toi) : — Si j'entrais dans le Paradis très saint — Et ne t'y trouvais point, je m'en irais.