Canti popolari corsi
rite de son affection, exempte de jalousie, et de dire, symboliquement, en quelle sécurité peuvent se considérer parents et amis de sa fiancée. Mais est-il en proie aux soupçons jaloux, n'aime-t-il plus ou est-il repoussé, alors il tirera le coup de feu hors de la maison et, dès ce moment, que chacun se garde...
A \rai dire, toutes les sérénades corses ne sont point aussi tragiques et il en est qui rappellent les malaguenas espagnoles, les canzonelte napolitaines ou telles cantilènes arabes ou grecques, celle-ci, par exemple, intitulée (( Les Baisers » que fredonnent les bateliers du Pirée :
Oaa clva». t' aTTpa t' O'jpavou, xàos ojpa
T6 o-a»,^ cpopal; 6 voO^ [xou o"' ivS'jjjLÔcTa!..
K' elç t' ovsipov toj àxojjiTj OTav y.ov^yrzoL^
ZwvTavà o-à ôtopsl, xaôw^ xal Ttooa.
Maxap'la (7'ziy^r\ ! EuT'jyrjÇ wpa î
Aàv AT,o-[jt.ovto ttotÉ |i.O'j : àXXà tuoO TrâTS
<I>',X*/i'JiaTa T£p7r,^à ; ITwç oàv TrîTÔtTe
[Na (pcao-îT îto^ 0- îjjLc xaî. aTt aAÂTjV vcopa ^.
On a pu remarquer, enfin, que dans leurs sérénades comme dans tous leurs autres poèmes, chantés ou non, les Corses ne craignent point les longueurs ; une simple chanson de trois ou quatre couplets leur semblerait dérisoire.
I. Autant il y a d'astres dans le ciel, à chaque heure — Autant de mes baisers et de mes pensées vont à ton souvenir. — Et puis dans mes songes, quand je dors, — Vivante je te vois conime si j'étais éveillé. — Heureux moment! Heure fortunée! — Ne me détrompez plus. Mais où allez-vous, — Doux baisers? Pourquoi ne volez-vous pas — Pour venir jusqu'à moi, longtemps encore.