‹ La chanson populaire de l'île de CorseChapitre 47 sur 79 · X. STROPHE A.hl se sei la spo . sa a . mao . te · texte numérisé non relu

X. STROPHE A.hl se sei la spo . sa a . mao . te

resrespirer /t\ l i . P^rer

Di co.lui che t'è dap. pres.so^ DehftarfjestauD

respirer ^

(g? J J Jj^

solo ios.tao.te^ Che avrai vrai li . be.ro l'ingresso.

Et c'est enfin la version mélodique devenue :

Lent

Z^STROPHE Ed ac . ce . ta , o bel - la.

f^fÊi fÊ[

wzz

in do . no Di bei fior ques-to maz . zet

to

Fier, che dol . ci

pe

gni

oo e pu.ro af

fet-to

I02 LA CHANSON POPULAIRE

Oinai il ciel ne benedica, Cari sposi, il vostro imene !

E con man prodiga, arnica, Vi ricolmi d'ogni bene 1

Que cherches-tu, ô Pèlerine, — Sur cette terre qui t'est étrangère ? — Ne va pas plus loin, — Car le chemin t'est fermé.

Ah ! si tu es l'épouse chérie — De celui qui est à ton côté, — Va I arrête-toi un instant, — On va t'ouvrir le chemin.

Accepte, ô belle, en don — Ce bouquet de jolies fleurs. — Ces fleurs sont le doux symbole — D'une pure et fraternelle afTection.

Et puis, du foyer conjugal — Prends aussi les clefs. — Puisses-tu y vivre longtemps — Exempte de tous maux.

Que pour toujours le ciel bénisse, — O chers époux, votre hyménéc ! — Et que d'une main prodigue, amie, — 11 vous comble de tous les biens 1

Aussitôt la barrière s'abaisse : ou jolie, sur le jeune couple, des poignées de riz et de blé* — en symbole de fécondité, d'abondance et de prospérité — et la noce poursuit sa route jusqu'à l'église.

Là, dans certains cantons, le marié allait s'asseoir auprès de l'autel, puis, les invilés placés, revenait chercher l'épouse agenouillée au seuil. Après la bénédiction nuptiale, on imposait un seau de genévrier sur la tête de la jeune femme tandis que le prêtre prononçait une allocution.

A la sortie de l'église, la cavalcade se reforme, conduite par le jeune couple, et s'arrête à la plus proche

I. Dans les Halkans et en Ecos^c, la cérémonie du mariage donne lieu à des usaffes et à des chants assez semblables.

DE l'Île de corse io3

fontaine : l'épousée prend de l'eau dans sa main droite et se signe en disant : « Que cette eau me purifie ! » Dans certains villages reculés, on croit encore que si quelques gouttes d'eau restent sur la main après le signe de croix, il y a présage de malheur.

Puis, le cortège repart, tandis qu'une fusillade joyeuse et bien nourrie, rappelle les mœurs arabes. Arrivés à la maison du jeune ménage, la belle-mère ou une belle-sœur de la mariée remet à celle-ci les clefs des armoires ou bahuts, présentées sur une corbeille de fleurs ^ ; c'est encore le jet de grains de riz et de blé, des arquebusades, des cris de joie qui rappellent la Kabylie et enfin le traditionnel banquet, pendant lequel, commençant invariablement par le « Sa/«/^ alla sposata^ », les toasts se succèdent sans interruption.

Et c'est alors que l'on se permet, comme dans tous les pays du monde, les propos les plus joyeux et les plus risqués aussi, parfois.

Mais les montagnards sont comme les lettrés, ils aiment les citations et c'est alors un amusant feucroi-

1. Dans nombre de cantons, on lui offre aussi un vase de lait caillé :

Quandu anderetti sposata Quand vous irez vous marier —

Purteretti li frineri Vous porterez la quenouille de frêne

N'anderetti incavalciata — Vous irez en cavalcade — Avec

Gun tutti li mudraccheri, tous les garçons d'honneur, — Vous

Passeretti insannicciata passerez resplendissante — (Aux

A caramusa imbuffata. sons de) la cornemuse enflée.

Quand'arrivate a lu stazzu Quand vous arriverez à la chau-

Duve avete poi da stani mière — Où vous demeurerez

Surterà la suceroni, ensuite — En sortira la belle-mère

E bi tuccherà li mani ; — Et vous serrera les mains; —

E bi sarà presentatu Et l'on vous présentera — Une

Un tinedru di caghiatu baratte de lait caillé.

a. (( Salut à la mariée ! »

I04 LA CHAISSON POPULAIRE DE l'ÎLE DE CORSE

ses de dictons, d'historiettes ou d'épigrammes en vers corses ou toscans :

O pêne, o doglie !

Piangete, occhini mei, e fale veglie :

Che chi mi volea benc, ha preso mogUc ' !

Mais c'est la contre-partie :

Quella zitclla che presc marito, Mangio ben presto it pane tribolato ; E si credea toccare il ciel col dito ^ I

Ou les impertinents dictons :

Al mulinu, e a la sposa, Manca sempre qualchi cosa ^.

ÎNon dare i calzoni alla nioglie ^.

Mais le soir est venu et comme, là-bas, les noces ne dégénèrent pas en ripailles de plusieurs jours — ainsi qu'en Bourgogne ou en Bretagne, bientôt les époux vont rester seuls en leur demeure. Mais avant de partir, chaque parent, chaque invité, s'aj^proche du couple et murmure ce souhait en adieu :

Dio vi dia bona fortuna, ïre di maschi c fcinin' una ^.

1. O peine, ô douleur ! — Pleurez, mes pauvres yeux, et veillez : — Car je l'ai bien voulu, j'ai pris femme ! (dict toscan).

2. Telle jctme fille qui prend mari, — Mange bien vite le pain du chagrin ; — Et elle croyait toucher le ciel avec le doigt 1 (épigramme pisane).

i. An mulet, et à réponse, — Il manque toujours quelque chose. (Bon mot corse).

/i. Ne donnez pas les culottes à la femme. (Proverbe corse). 5. « Dieu vous donne jn'ositénlé — Trois garçons et une fille. »

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