I. xv* siècle
DE l'Île de corse i33
sur sa tête un ruban qui, passant sous le menton, empêche l'alTreux rictus, on l'expose ensuite sur la tailla ^ au seuil de la demeure et tout le jour et toute la nuit, jusqu'à l'heure de la levée du corps, on le veille en récitant des prières tandis que parents, amis, voisins, viennent asperger le corps d'eau bénite. Cette table restait au dehors, huit jours encore après l'enterrement, sans que personne put y toucher ; passé ce temps, on la rentrait et, de nouveau, elle servait aux usages domestiques, .
L'immémoriale coutume du repas funéraire subsiste cependant, remplacé dans les villes par une légère collation ; ce sont les parents et les intimes qui le fournissent. La panera ^ qui le contient, comprend entre autres victuailles : la bastella^, les focaccie *, du broccio et du vin. Un repas a lieu avant les funérailles et un autre, appelé conforto ^, immédiatement après. Dans les communes de Zicavo, de Prunelli et de Levie, la lugubre frairie se faisait — et se fait peutêtre encore — de nuit, auprès du défunt.
C'était aussi le caracola, effroyable et frénétique ronde que l'on dansait, en sanglotant et en hurlant, autour du mort ; le rythme de cette ronde s'apaisa et' devint une sorte de farandole éplorée et très lente qui, nous a-t-on dit, se déroule encore à Boticetto, avant la venue du prêtre.
Mais ces cérémonies ne sont, et n'ont jamais été, que l'accessoire ; Içi principale, c'est le chant funèbre.