‹ La chanson populaire de l'île de CorseChapitre 64 sur 79 · La Chasse au Mouflon · texte numérisé non relu

La Chasse au Mouflon

[[. Les Corses d'après l'histoire, la légende et la poésie. 5. Quand j'étais bandit.

LA CH-OSON POPULAIRE

inaseo, réunis ensuite, pour la plus grande partie dans les Canti Popolari Corsi et traduits de ce recueil par MM. A. Fée, F. Ortoli et J.-B. Marcaggi. Ils sont bien vieux déjà, certes, et nous eussions préféré en citer de plus modernes mais ceux-ci, qui se font de plus en plus rares, procédant encore de ceux-là, avec moins de force et d'originalité, nous allons à notre tour, et après nos devanciers, en donner trois exemples, mais avec la mélodie sur laquelle on les chante et avec une traduction scrupuleusement littérale.

Voici d'abord un lamento zicavais. Une jeune fille de Tasso, paroisse de Zicavo, pleure la mort de son frère, un instituteur, décédé dans un village éloigné durant un hiver rigoureux :

Lent et douloureux

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La surella appassiunata Nun puo mori di dulori :

Nun ti ha poduto abbraccià.

E si sente andà lu cori ; Scatinossi ancu stamani Quest' invernu traditori.

Tu l'onore di la pieve, Rispettu di li parenti, Sempre arrubavi lu cori Deir amici e cunnuscenti.

Questa mane, u me' fratcllu.

Ci lasci tutti scuntenti.

Perche stai eu si mu tu Da ricacci dispiaceri ?

Lévati, lu me' fratellu, Adempi a lu to duvcri :

Nun ti mancanu sprissioni, Lu me' degnu cavaglieri.

...Quellu jornu chi spirasti Adunisti i to sculari :

Ancu allora l'ammunisti Gu li to cunsigli rari :

Per la via d'u Paradisu Li sapisti indirizzari.

Quai sarà stata la frebba Ch' ha truncatu la to vita ?

l/iO LA CH\>'SO:!ï POPULAIRE

O caru di la su relia, La me' amandiila fiiirita, Lu me' impastatu di mêle, Fallu eu la calamila.

T'avia fallu la nalura A lu lornu, a lu pinnellu ; E la ladra di la morti Ti pigliô cusi zilellu.

Nun c'era coppia si cara Cum' eju e lu me' fratellu.

Génie di quislu paese Or prigheti qui di cori Pe' lu me' caru fralellu, Perch' a tutli stava a cori, Gh'ellu godiin l'allra vila Gu li Santi e lu Signori.

Quand parvint la nouvelle, — Qui pour notre malheureux sort, — 0 chéri de la sœur, — Te disait frappé de mort, — Déjà la neige sur la montagne — Avait fermé tous les cols.

Ta sœur aimante — Ne peut mourir de douleur : — Elle n'a pu l'embrasser, — Et elle sent son cœur s'en aller ; — 11 s'est déchaîné encore ce malin — Ge traître hiver I

Toi l'honneur du canton, — Orgueil de les parents. Toujours tu gagnais les cœurs — Des amis et connaissances. — Ge matin, ô mon frère, — Tu nous laisses tous aflligcs.

Pourquoi restes-tu ainsi muet — Pour nous adliger ?

— Lève-loi, ô mon frère, — Pour remplir tes devoirs :

— Tu ne manques pas d'expressions ', — 0 mon digne cavalier.

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