CHAPITRE XII Vocerî
On reproche à la Corse ses bandits, or nul plus que les Corses ne les exècre et si l'on s'attachait à faire l'histoire des chants pour les morts violentes, des voceri, en remontant aux familles qu'ils visent et en les dénombrant, on s'apercevrait avec stupeur que, livrés à eux-mêmes et s'ils voulaient s'en tenir à la lettre de leurs féroces poésies, les Corses s'entre-détruiraient aussitôt !
Comme le lamento^, le vocero — dont l'étymologie vocare, appeler, dit assez l'origine latine — ne fut pas spécial à la Corse. De pareils chants existèrent ailleurs ; en Grèce, ce fut le a miriologuo) qui se disait encore en Morée, au commencement du siècle dernier, sous le nom de moiriologhi^; à Naples, c'était le tribolo, en Sardaigne le tilio, le compito ou le buccrata. Mais alors que l'interdiction en fut prononcée en Grèce par Solon et par la loi des Douze Tables à Rome, il est encore en usage chez quelques bergers sardes et dans la plupart des villages kabyles de l'Algérie 3. En Corse,