‹ La chanson populaire de l'île de CorseChapitre 75 sur 79 · I. \ oir (( BibliofTiapIii · texte numérisé non relu

I. \ oir (( BibliofTiapIii

DE l'Île de corse i63

sNIancu prête eu la slola :

Sulamente avii ligala Di mandile la to gola.

... Irrittu, u nostru Matteju, Dicci almenu lu to maie :

Nun è stata micca frebe, Ne puntura calarrale ; Sonu stati li Nigretti E l'infaniu di Natale.

... Oh l'infamu di Natale!

Più ch'un cane ell' era tristu, Chi tradi lu so dutlore, Cume Juda tradi a Gristu :

Sopra u so sangue, lu latru.

Si cridia di facci acquistu :

... Ma lu sangue di Matteju Inbiudécu un po passa.

L'avete tombu innucentc ; Lu duviate lascià stà.

Se un bidissi la bindetta, Mi burria sbattizzà.

... Or da voi da Sorru in su Un bulemu lu cunfortu ; Noi v'avemu rigalatu ; Boi ci a vête fattu tortu.

Vi l'aviamu datu vivu, E lu ci rendite mortu.

Or magnate u vostru pane, E biite u vostru vinu ; Noi di questu un ne bulemu.

Ma di lu bostru sanguinu In bindetta di lu nostru, Chi l'avemu a lu strascinu...

l64 LA. CHANSON POPULAIRE

Ta famille t'attendait — Toute joyeuse au balcon, — Quand elle vit le cheval — Sans toi sur l'arçon, — Avec la selle ensanglantée — Et la bride traînante.

Puis venant sur le pont — Apparut une buée : — Et devant il n'y avait pas de croix, — Et pas de prêtre avec rétole : — Seulement on avait lié — Ton menton <ivec ton mouchoir.

... Dresse-loi, ô notre Mathieu, — Dis au moins ton malheur : — Ce n'était pas la fièvre — Ni un accès de rhume ; — C'étaient les Nigretti, - Et l'infâme de Natale.

... Oh ! l'infâme de Natale! — Plus qu'un chien il était misérable, — Qui a trahi son docteur, — Comme Judas trahit le Christ : — Sur ton sang, le voleur, — 11 croyait faire profit.

Mais le sang de Mathieu — Sans vengeance ne peut couler. — Vous l'avez abattu innocent ; — Vous deviez le laisser aller. — Si je ne voyais la vendetta, — Je me voudrais débaptiser.

... Maintenant de vous de Soro-in-su — Nous ne voulons accepter le repas (funèbre) ; — Nous vous avions obligés ; — Vous nous avez fait tort, — Nous vous l'avions donné vivant, — Et vous le rendez mort *.

Donc mangez votre pain, — Et buvez votre vin ; — Nous ne voulons rien de cela, — Mais plutôt de votre sang — Pour la vengeance du nôtre — Aujourd'hui à l'abandon.

C'est maintenant, et plus près de nous, une sœur,

î. Ces trois derniers vers rappcllciil exactement la fin du « clianl satirique des Bonifaciens »(p. Oy). Ces réminiscences, nous en avons dit la raison (Le génie poétique, p. 89), sont des plus fréquentes et expliqueraient un peu la facilite d'improvisation des femmes corses, — par le don de la mémoire. Notons enfin que cette slroptîc constitue le fameux rimbecco, l'appel à la vengeance, qui est l'âme mruK* du vocero.

Maria Fclice ^ du village de Galacucia 2, qui se lamente sur le cadavre de son frère que le bandit Lario vient de tuer.

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. cis. si : Cor.ri,u to fra . tel - lu mo .pe

Gorsi in caméra suprana, E spalancaju la porta.

Ho livatu indu lu core, Disse, 6 eju cascaju morta.

S'allora nun morsu anch'eju Una cosa mi cunforla.

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