‹ La chanson populaireChapitre 15 sur 50 · IZ · texte numérisé non relu

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cons

Conune les au . très, com-me les au - très,

Et craignez les gar. cons Comme les pru . des font.

Vous êtes vieille et je suis jeune, Répondit LuUy, Votre avis est joly :

Allez, il m'importune.

Dites vos oraisons Comme les prudes (hh), Dites vos oraisons Comme les prudes font.

Les braillards du Pont-Xeuf chantent ainsi la mort du maréchal de Turenne, en 1675 :

Pleurons, fidèles François, Pleurons le gi'and Tureune, Pleurons tous à cette fois.

Pleurons ce grand capitaine, etc.

La fin c'est

Prions Jésus tout -puissant.

Le maître de la victoire.

Qu'il place au firmament Turenne dedans la gloire.

On dirait un noël !

Il est une série de chansons que nous ne pouvons passer sous silence, quoique leur intérêt musical soit médiocre, ce sont les chansons et les chanteurs du Pont-Neuf.

L'un des premiers de cette race fut Mailliet, dans son jeune temps attaché à la maison de la reine Margueï-ite, et dans sa vieillesse et sa misère poète improvisé au Pont-Neuf.

Maître Guillaume, pensionné par Henry IV et par Louis XIII, déguisait au Pont-Neuf les bouffonneries imprimées sous son nom (1). C'est là également, au pied de la Samaritaine et de son carillon, que les libelles de la Fronde, et plus tard ceux contre Mazariu prenaient leur vol.

Le Sacoyard, dont on a un Recueil de chansons, 1665, débitait sa marchandise aux pieds du cheval de bronze, et la colportait ensuite en province. Le cocher de Verthamont soupirait, ou plutôt hurlait ses complaintes sur le Pont-Neuf. C'est encore là que se fit connaître Tabarin au commencement du dix-septième siècle. On a publié ses œuvres à plusieurs reprises : Tabarin (2), le farceur du beau Mondor, le charlatan célèbre!

Cette pléiade , dont nous ne nommons que quelques étoiles, se termine par Ladre, qui chante la Carmagnole, et Ange Pitou, qui a encore le courage de dire la jolie romance de Pauvre Jacques, faite sous Louis XVI.

Ce que chantaient ces orphées du Pont-Neuf n'était certes pas très poétique, leurs airs étaient des timbres qui couraient alors, et qu'on estropiait même un peu.

Lors du mariage de Louis XV, en 1725, on entendit sur Tair Rossignolet des bois :

(1) Edouard Fournier, Histoire du F ont- Neuf , vol. I, p. 149.

(2) Tabarin a-t-il pris son nom du taharro à l'italienne, dont il se drapait? D'après Littré, le taharca tabard, dans l'ancienne langue, était une espèce de manteau en serge verte. Selon les curieuses recherches de M. Jal, le Tabarin français, le célèbre, s'appelait Jean Salomou ; Tabarin était le nom du caractère introduit en France par un Tabarini sous Charles IX.

Préparons-nous, François, A recevoir la reine, Les échos dans la plaine Vantent son cligne choix :

Crions vive la reine, Crions vive le roy !

Ou bien, sur l'air : Ah! PJ<iUs,je vous vois, je vous aime :

Venez, princesse Stanislas,

Pleine d'esprit, pleine d'appas, Le grand Bourbon vous tend les bras, Il vous veut, il vous aime, il vous chérira; Stanislas, il vous veut, il vous aime,

Stanislas, il vous chérira.

Dans le nombre de ces chansons du Pont-Neuf on trouve la suivante sur le rétablissement de la santé du roi, 1726; une partie est intitulée Contre la fièvre, et une autre Pour la reine.

Bannissez le chagrin, tin tin tin, Belle et charmante reine, Divine Leszezezinsky (sic) ti ti ti, Dieu finit votre peine.

On rencontre quatre ou cinq pièces sur la mort de Madame la duchesse d'Orléans, puis une chanson nouvelle au sujet de la grossesse de la reine, sur l'air : Prends, ma Philis, prends ton verre, suivie d'une autre sur le même sujet :

Amis, la reine est grosse.

Ah ! quel contentement !

Fut-il jamais chose Qui nous réjouit tant ?

Piéjouissons-nous, frères, Car voici le bon tems.

C'est cette belle littérature qu'on servait au peuple, qu'on imprimait... même qu'on achetait.

Parmi le grand nombre de chansons satiriques sur les maîtresses de Louis XV, dont quelques-unes fort ordurières , nous rappellerons la Belle Bourbonnaise, qui n'était d'ailleurs qu'une

résurrection d'un ancien patron qui s'aj^pelait également kc Bourbonnaise, et qu'on appliqua à M""^ Du Barry. Cet air, dont on ignore l'auteur, a trop de vivacité pour être né avant 1750. Auber s'est servi de Pair de la Belle Boiirhonnahe dans son opéra-comique de Manon Lescaut.

Dans Pa.ris la grand' vil. le, Gar. çons el jeu-nes

fil - les, gar . çons et jeu - nés ^ fil . les Ont

ff ff fc

tous le cœur de - bi . le, Et poussent des hé -

^^ I ff ff ff ff I ff ff^

las! Ah! ah! ah! ah! la! la la la la la 1

la,

La bel - le Bour.bon - nai . se, L

k\^> ^> P. Tf '[; - i' I r T'^P

ë-ce de Thé . rè - se Est bien mal à son

la T:^; — —

Est

bien mal à son ai - se, Elle est sur le gra .bat

L'air de la Belle Bourbonnaise est décidément trop musical pour une création populaire, il est surtout trop développé et trop complet pour sortir de cette officine; selon toute probabilité c'est une ancienne contredanse.

Tous ces recueils de cliansons des rues, imprimés sur du papier à fromage, renferment quelques Bergeries, genre spécial, dont la grande vogue se dessina surtout à partir de Louis XV, et que Boucher illustra de son pinceau. Les Bergeries du peuple se chantaient sur des airs vulgaires, à la hauteur des paroles, tandis que l'aristocratie avait des Bergeries édites par des poètes et par des musiciens, comme la jolie chanson :

Aime - moi ber gè re. Et je t'ai . me rai, Ne sois

y-rri r p rmggr f M h^'J^

point !é gè re,Je ne le

se - rai: Ahlque l'a

.mour est gai Le jo . li mois de Mai:

Ah! que l'a .

>J' J' i' J' iXJ

mour est gai, Ah'.qifil est gai Le jo.limois de Mai.

Vers la fin du règne de Louis XV, la famille royale adopta, comme chant favori, ce chœur, plein de tendresse, que Grétry avait mis dans son opéra-comique de Lucile (1769), et qui, jusqu'à nos jours, caractérisa les Bourbons.

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Oîi peut - on è - (re mieux, Où peut - on

ê - tre mieux Qu'au sein de sa fa - mil - le? Tout

es,t con. tent, tout est con.tent. Le cœur, les yeux, le

?jH ^j j r N ^ J r I ^ ^ J^'

cœur, les yeux, Vj - vons, ai-mons,vi . vons, ai.mons Comme nos

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bons al . eux: Vi . von'^, ai.mons vi . vons ai- mons Comme nos

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bons aV. eux, comme nos bons aï - eux.

Les chansons de la Révolution font partie d'un chapitre à part : les Chants patriotiques.

Napoléon I" n'avait pas de chant particulier, mais on dit qu'il aimait Ut Monaco , et qu'il a fredonné bien souvent la chanson de Malbrough au moment de mettre le pied dans l'étrier (1).

Sous Louis-Philippe on chanta beaucoup la Parisienne. L'air sur lequel Casimir Delavigne ajusta ses paroles, vient de la Westphalie, où il est encore populaire.

Le poète devait donc être bien pressé, puisqu'il n'a pu trouver un compositeur français pour lui musiquer sa Parisienne. Voici, au reste, la chanson avec les paroles originales :

(1) Nous projetons un travail spécial, concernant les chansons sur Napoléon P'', travail qui renfermera, outre les chansons françaises, un certain nombre d'autres en allemand, en alsacien, en italien etc., sur le même sujet.

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Ein Schiff'.lein sah ich fah . ren.Kapi . tain und Leu .te

nant.

De

rin.nen wa . ren ge . la . don Droi

If — m

bra . vp Kom . pa . ni

Sol

ten:

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.tain, Leul . nant, Rihn-dp . rich, Ser - eeanl, Nimm das

p fi p ^P-M^ r I p p f -^

Ma.del,

nimmdasMa.del, nimm das Ma.del bel der Hand, Sol

J J J iJ'i'

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- d.'i - ten, Kame . ra .don, Sol da-teii,Kame- ra . don.

Je vis flotter un bateau, Capitaine et lieutenant, Là dedans étaient chargées Trois braves compagnies de soldats :

Capitaine, lieutenant.

Porte-drapeau, sergent, Prends la fillette par la main, Soldats, camarades (bis).

En 1852 il faut meutionner la remise au jour de Partant pour la Syrie, le jeune et beau Danois, romance de la reine Hortense. On n'a jamais su bien an juste si Napoléon III était très flatté de cette démonstration soi-disant patriotique.

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