‹ La chanson populaireChapitre 20 sur 50 · CHANSON DE L'HOMME ARMÉ · texte numérisé non relu

CHANSON DE L'HOMME ARMÉ

CANON. (Et sic de singuHs.')

Par JOSQUIN DES PRES.

iipeiius. a.Wi MI

L'hom - me,

l'homme ar

XE

mé: Eh! Ro-bi

L'hom - - me,

L'hom me, l'hom me,

(1) D'après rC(///ef«?6îî de Petrucci: lettre B, p. 2. Et sic de singulis, canon ouvert

Lhom

l'homme ar

Eh!

zaï

jS

-nf>t. Eh! Ro -bi

ne!,

tu

m'as la mort don

'hom

omme ar

Eh!

l'homr

ar mé: Eh! Bo Bi net,Ëh!Ro bi

^^qF

0 bi net ,

Ro -

net ,

iS

zsL

né, Eh! Ro bi

net, Eh! Ro bi

net, tu m'as la

Ro

net,

Eh!

WX

net, Eh! Ro hi . net, Eh! Ro . bi

net,

Tu

iz.

mort, la mort don 33:

lort don né,

ne,

Ro .bj

m'as la jnort don

net,

Ro bi net,

net,

bi

né quand tu t'en

Eh!

Ro

Ro - bi - net ,

net, -4ûU

Ro - bi - net

dit

tu

ian lai .re,

vns,.

luand

fe±=^T^

. ne^. Tu m'as bi mort don

né, tu mas la

mort don-né

Quand . tu t'en

vas quand tu t'(>n

vas .

re,

Quand tu t'en

vas, quand tu t'en

vas,

t'en

Cp

f.^ o fJ

mort

don né Quand tu t'en vas, quand tu t'en vas

A l'époque où l'on publiait les premières éditions de chansons à plusieurs voix, c'est-à-dire an commencement du seizième siècle, la science instrumentale étant peu avancée, ces sortes de publications servaient aussi bien aux voix qu'aux instruments : Ckançons à 4 pa?^tieSj auxquelles sont contemies 31 nouvelles ckançons, convenables tant à la voix comme aux instrumentz, Anvers 1543. — Livres de chansons à quatre 'parties, nouvellement composez et mises en musique, convenables tant aux instrumentz comme à la voix; Louvain 1554. Les Italiens mettaient ^(?r cantar e sonar ; on trouve également : tuni omnis generis instrumentorum, tum ad vocis mod alationem , ou bien :

per vociim et instiiimentorum vielodiam, tam conjuncte quam dicisim. Chez les Allemands : Auf allerley Instrumente zubrauchen, à servir pour toutes sortes d'instruments. Parfois les instruments jouaient en même temps que les voix, mais ils n'avaient pas une partie concertante, et ne faisaient que doubler ces dernières.

Prœtorius nous donne quelques renseignements là-dessus à la page 156 Syntugma musicum; ainsi on choisissait les instruments selon les clés des parties vocales : en présence de la clé du violon {sol) pour la partie haute et de la clé d^ut seconde pour la partie grave, on employait les cornets à bouquin {Zincken) ou les petits violons. Pour les chœurs à quatre voix on se servait des flûtes traversières ; pour des parties graves les instruments ordinaires étaient les trombones {sacquehoutes) et les bassons. Comme on avait alors la famille entière de chacun des instruments à vent, on employait pour doubler les quatre parties vocales, soit un chœur de flûtes, soit un chœur de violes ou de cornets, etc., selon le goût des chanteurs, et plus probablement encore selon les musiciens qu'on avait sous la main.

Ces exécutions étaient si peu artistiques, que lorsqu'il manquait, par exemple, un contralto dans un quatuor de voix, on le remplaçait par une viole ou par un cornet.

Au seizième siècle la musique instrumentale était plus pratiquée en Allemagne qu'en France. Sébastien Virdung (1511) parle d'environ cinquante instruments ; Prastorius (1618) eu décrit une centaine, qui tous, paraît-il, étaient un usage.

Les recueils de madrigaux ou chansons à plusieurs voix, si recherchés aujourd'hui, sont presque tous très rares : leur disparition n'a rien qui étonne, parce que ces collections étaient non seulement entre les mains de l'aristocratie, mais aussi entre celles de la bourgeoisie et des corporations. On ne publiait pas en partition les chansons à plusieurs voix, du moins c'était

l'exception, mais eu parties séparées. Or, une de ces parties égarée ou perdue, dépareillait les autres ; en ce cas, an lien de voir à se compléter, on cherchait de préférence du nouveau. Les rares collections complètes qu'on rencontre proviennent généralement d'anciens couvents, où l'on avait des bibliothèques. Il faut ajouter encore que les musiciens de ces temps-là étaient aussi négligents que la plupart de ceux d'aujourd'hui, et pas collectionneurs du tout.

Les guerres de religion du seizième siècle, et plus tard tous les mouvements populaires n'ont pas peu contribué à disj^erser ces recueils précieux. Beaucoup d'entre eux n'ont d'ailleurs jamais été complets comme paroles : on n'imprimait généralement que le premier couplet avec la musique, le reste se disait par cœur, les chanteurs ayant les paroles présentes à leur mémoire. Cela est si vrai que dans V Odlœcaton de Petrucci on ne trouve que les premières paroles de la chanson, même pas toujours le premier vers en entier, et c'était pourtant une édition pratique, devant servir à l'exécution (1).

Il ressort de là qu'on ne devait être que médiocrement difficile au point de vue du rythme exact des paroles ou de la prosodie, et que les clianteurs intelligents (l'exception) devaient être les seuls qui, en chantant, plaçaient les paroles d'une façon à peu près convenable. Il est à peine nécessaire d'observer que les nuances étaient inconnues, ces anciens recueils n'en portent pas de traces, et les exécutants n'étaient pas de force à les improviser.

Après Clément Jaunequiu, ce fut Orlando de Lassus qui remplit une grande partie du seizième siècle de son talent et de sa célébrité. Dans ses chansons à plusieurs voix, à l'instar de son devancier, il a secoué cet éternel style de contrepoint, en le remplaçant par la fantaisie et l'inspiration , en un mot par sa

(1) Les quatre parties sont imprimées séparément en regard.

personnalité, par son talent. Tout en conservant les entrées en imitation, le contour mélodique est plus franc, plus alerte que ce qui avait précédé. Lassus ayant été en Italie, a dû connaître les œuvres de son contemporain Carissimi, mais le style d'Orlando de Lassus est bien plus français qu'italien (1), et son grand succès résida en effet dans ses chansons françaises, puis dans ses messes et autres compositions religieuses. La chanson suivante, de ce compositeur, est tirée des collections de la Bibliothèque Sainte- Geneviève.

Sopi-anc

Gontraltus.

Ténors.

Basses.

VIGNE VIGNOLET

CHANSON a'ORLANDO de LASSUS (1576) Allegretto.

IV I ^-— ^ \ a a » ^

Wai-.got,

Mar goi,

Mar.got, , f

hi-bou.rez les

ia.bûu.rez les

!a-bou rez les

w . gnes,

VI gnes ,

vi.gnes,

f-f-fy

vi-gne,vi.gne,

-jP @ g — £>-

vi.giie, vi-gne,

vi-gno, vi gne,

Mar.got, la.bou.rez les vi.gnes, vLgiîe,\'i.gne,

(1) Oiiando de Lassus ou Roland Delâtre a composé un assez grand nombre de madrigaux italiens, même quelques-uns en allemand.

La plupart des madrigaux imprimés au seizième siècle le sont sur du bon gros papier, format petit in-4° oblong, chaque voix dans un caliier séparé, rarement en partition. Les caractères sont bien plus beaux qu'au dix-septième siècle où, surtout en Italie, le pays où Petrucci avait produit ses superbes caractères, l'on trouve d'horribles impressions sur du mauvais papier gris, qu'on appelle vulgairement du papier à fromage.

Il 1 VI

tF^

vi-cno.lot,

Mar . gof

la.bou.rez les

vi .gnes bien

~ \i.gno!et,

Mar . got P

la bou,rez les

vi-gnes bien .

vi-gno-let,

Mar P

got

la-bou rez les

vi.gnes bien ,

vi-gno-iet, Mar. got la,bou rez les vi.gnes bien

mf-

»" -tût.

En

(2^ Str.) Ils .

.tôt""

'Jg.~fi.

^ ,tôl. En

(2" Str.) Ils

. re.ve.nant .m'ont ap.pe.

de Lor.rai lé vi . lai

ne, ne,

Mar

Mar

xx:

-tôt. En re . vejiant de Lor. raine, Mar .

(S'' Sti.) Ils m'ont ap.pe.Ié vi . laijie,Mar

LA CHAXSON POPULAIRE.

re ve.nanl m'ont ap pe .

de Lorrai lé vi I:ii

ne, ne,

Mar Mar

En

Ils

re .

m'ont

venant do Lor ap.pe.lé vi .

rai .ne, Mar lai ne, Mar

-got,.

.got,.

XE

-got,- .got,-

Ren Or,

con mon

.got, Ren -got. Je

con.trai trois m'ap.pel .le

ca.pi.tai Ma.de. lai

nés, Vi.gne, ne, Vi.gne,

Vi.gne, VI gno, vi gne,vi gno.

ta.

.got, Ren .got, Je

-Con -trai trois m'ap.pel le

ca.pi.tai Ma-de.lai

nés, Vi.gne, ne, Vi.gne,

vi.gne, VI gno. n.gne,\i-gno-.

w—ff

Ren.con .

Je m'ap .

trai trois pel - le

ca.pi -tai Ma-de.lei

3ac

nés, Vi.gne, ne, Vi.gne,

vi.gne, VI. gno.

vi.gne, vi.gno.

-trai , nom

trois est

ca.pi.tai Ma.de .lei

nés, Vi.gne, ne, Vi -gne.

vi.gne,vi gno.

vi.gne,vi-gno.

LA CHANSON POrULAIRE.

lf=^.Iet,

-let,

Jet, Mar.

Jet, Mar-

ar

Mar . got^

got,

la bourez les la.Ijourez les

la-bourez les la.bourez les

te

vi gnes bien vi.gnes bien

\-i gnes bien \i.gnes bien

tôt tôt

tôt Ils m'ont tôt Mon père

::Qz

Jet, Mar Jet, Mar

got, la.bourez les vi-gnes bien -tôt., got, la-bourez les vi.gnes bien -tôt..

Ils m'ont Mon père

sa lu

é - tait

e Yi

ca pi

lai ne

tai - ne.

Ils m'ont Mon père

sa - lu é . tait

é vi-lai ca-pi -tai

- lu iait

ca pi

lai - ne

tai ne,

Mar ,-, Mar

?ot, ïot.

Ils m'ont sa . lu - é vi-lai ne Mar. got, Mon père é . tait ca.pi^tai » ne, Mar. got.

LA CHANSON TOPULAIRE.

is^L

IM np Ma

i>Inr

go»;

got,

Je

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