J.J'IJ
y cueil-lir du jonc : Ver . du . rette, oh! ver . du .
J'allois à la fontaine, Pour y cueillir du jonc, Mais j'étois trop jeunette :
Verduron, oh! verdurette! Je suis tombée au fond ; Verdurette, oh ! verduron !
Mais j'étois trop jeunette, Je suis tombée au fond ; Et par icy passèrent :
Verduron, oh! verdurette!
rcn.
Trois beaux jeunes garçons :
Verdurette, oh ! verduron !
Et par icy passèrent Trois beaux jeunes garçons « Que donnerez-vous, belle :
Verduron, oh! verdurette!
Nous vous retirerons :
Verdurette, oh ! verduron !
Que donnerez-vous, belle.
Nous vous retirerons ?
— Quand serai retirée, Verduron, oh! verdurette!
Nous y aviserons :
Verdurette, oh ! verduron !
Quand seray retirée, Nous y aviserons.
Quand je fus retirée :
Verduron, oh ! verdurette !
Leur dis une chanson, Verdurette, oh! verduron!
Quand je fus retirée, Leur dis une chanson, Voilà comme les filles : Verduron, oh ! verdurette !
Attrapent les garçons, Verdurette, oh! verduron! »
Autre chanson à danser
Je me ma . ri . ay lun . d>
m m it
~i - ây lun - dj A un Jf> - K pe - tit
!^^ i'I^ -Il
-xy, A un jo - ly pe-tit ma ry. Qui n'est pas
plus gros qu'un'sou- ris, Et Vlà pourquoy jp l'ay pris, A - fin
JL. f-~0
qu'il m'en cou-tàt moins En ohans.sure et en pourpoint.
Et du dedans d'une noix (bis)
Je l'aj' bien nourri trois mois (bîf)
Mon joli petit mary :
Et v'ià pourquoy je l'ai pris,
Atin, etc.
De la p'iure d'un oignon (bis) Je luy ay fait un cal'çon (bis), Avec un bonnet de nuit :
Et v'ià pourquoy etc.
D'une feuille d'artichaud (bis) Je luy ay fait un manteau (i?.s), Et une culotte aussi :
Et v'ià pourquoy etc.
De la coquille d'un œuf (bis) Je le couvre quand il pleut (bis), Et quand il neige aussi :
Et v'ià pourquoy etc.
D'un' vieille aiguille épointé' (bis) Je luy ay fait une épé' (bis), Et un p'tit poignard aussi :
Et v'ià pourquoy etc (1).
A partir du règne de Louis XIV et surtout sous Louis XV on mettait des paroles sur les airs de danse composés pour les instruments, mais le but de ces parodies était d'en faire des airs de chant et non des chansons à danser; d'ailleurs le peuple de la campagne n'a guère eu connaissance de ces arrangements ou travestissements.
(1) En 1724 il n'est pas question de la mort tragique de ce petit mari, enlevé et dévoré par le chat, qui le prend pour une souris.
Le sujet des chansons à danser était le plus souvent assez, grivois, c'est même dans ces sortes de chansons que la gauloiserie se laissait aller à tous ses excès ; ce sont elles aussi que visent les défenses des conciles, qui ont sévi avec vigueur plus d'une fois contre cet amusement populaire déraillé. L'Allemagne, sons ce rapport, ne pouvait rien nous envier, car au seizième siècle, et sans doute aussi un peu au dix-septième, ce pays avait ses rondes du soir, où le prix était la couronne de fleurs d'une fillette, mais c'était le cas de dire que quand elle avait perdu sa couronne, elle avait tout perdu ; on trouve à ce sujet dans les anciennes polices de quelques villes d'Allemagne des défenses sévères aux jeunes filles de donner leur couronne de fleurs comme enjeu ou comme prix dans une réunion de chant et de danse.
En France, comme ailleurs, les danses aux chansons étaient menées par des chanteurs spéciaux, par des solistes ferrés sur le répertoire, et sachant sans faute les innombrables couplets. Non seulement ces chanteurs (c'étaient quelquefois des chanteuses) entonnaient la chanson, mais la continuaient jusqu'à la fin de la strophe, où généralement toute l'assemblée reprenait le refrain en chœur, car presque toutes les chansons à danser avaient des refrains.
Dans les villes il y a fort longtemps qu'on ne danse plus aux chansons, même à la campagne cela se voit assez rarement, sauf dans quelques provinces qui conservent encore d'anciennes traditions, comme la Bretagne. En Normandie, à Étretat entr'autres , nous avons vu danser aux chansons. De nos jours , il n'y a plus que les enfants qui, dans leurs rondes, continuent cette coutume de nos aïeux.
LA CHAKSON POPULAIRE. 105