CANTIQUES. — LA REFORME ET LES PSAUMES
La religion da Christ eut fort à faire pour détruire ces fêtes païenues des Saturnales, des Lupercales, des Calendes, etc., fêtes des plus populaires à cause de leurs excès mêmes.
Les conciles d'Orléans (533), d'Auxerre (585), de Tolède (633J, de Constantinople (692), etc., furent impuissants pour les anéantir.
Les fêtes des Fous, des Innocents, de l'Ane, de la Mère sotte à Dijon, ont donné signe de vie jusqu'à la fin du seizième siècle et même plus tard, quoiqu'alors en moins grand nombre. Erasme (1521), eu parlant du chant à l'église, relativement à toutes ces sortes de fêtes, dit : « Alors résonnent les trombones, les trompettes, les cornets, les fifres, les orgues, et l'on chante avec. On entend de honteuses chansons d'amour, d'après lesquelles dansent les mauvais garçons et les filles publiques. Ainsi on court en foule aux églises, comme à un lieu de divertissement, pour entendre quelque chose de gai et de réjouissant. »
Pour l'honneur du genre humain, ce que chantaient ces filles et ces mauvais garçons n'a pas été conservé ; par contre la Prose de l'âne se trouve notée dans divers manuscrits, avec de grandes variantes il est vrai. La version attribuée, à tort ou à raison, à Pierre de Corbeil, est celle-ci :