ri .en - tis par - ti bus ad - ven - ta . vil
lo:
nus, piil .cher et for . tis . si .mus.
Sar ci - nis ap - tis . si ^ mus, Hez sire as . ne hez. '
Les épîtresfarcies se chantaient particulièrement pendant les fêtes de Noël ; la plus ancienne et la plus généralement répandue était celle du jour de Saint-Étienne. C'est une complainte sar le martyre de ce saint, dont le savant abbé Lebœuf fait remonter l'origine aux temps de Pépin et de Charlemagne. Avant que ces rois introduisissent en France la liturgie romaine, on avait l'habitude de lire à la messe, l'histoire ou la vie du martyre, du saint honoré ce jour-là. Ces actes étaient d'abord en latin, et on y joignait une explication eu langue vulgaire ; puis on les chanta en couplets, alternativement en latin et en langue vulgaire. Ce mélange de deux langages fit donner à cette épître le nom de farcie ou mélangée, sans qu'on attachât à cette expression, au moins dans les premiers temps, rien qui ressemblât à l'idée que réveille le jnot farce (1).
Les chansons légendaires sur la vie des saints ou des héros chrétiens avaient déjà une grande vogue parmi le peuple français au douzième et au treizième siècle ; il en était de même dans les autres pays de l'Europe. Gauthier de Coinsi, mort en 1236, a écrit plusieurs de ces légendes françaises.
Si nous devions simplement mentionner toutes les fêtes du peuple de France, se rattachant à l'église, rappeler toutes ces intempéries de mœurs, ces excès, ces folies tolérées et appuyées même par des prêtres ignorants, il y aurait de quoi écrire un
(1) Essai sur la oie et les ouvrages du P. Daire, etc. , arec les Epitres farcies, etc., par M. Rigollot, Amiens, 18.38, p. 88.
volume spécial ; ce sujet a d'ailleurs été traité isolément par bien des écrivains. Citons cependant les Jeux de la Fête-Dieu à - iix, sorte de procession théâtrale instituée par le roi René en 1462. On y chantait, et même on y dansait. Les airs qu'on a reproduits, en décrivant ces bizarres et ridicules inventions du bon roi, comte de Provence, ne sont pas du temps, ils datent du dix-huitième siècle (1).
XOELS.
Le noël semble être la forme la plus ancienne sous laquelle la chanson pieuse en langue vulgaire se soit introduite à l'église, non pas comme chant liturgique, mais comme chant toléré.
D'après l'abbé Lebœuf (2), « l'usage des cantiques vulgaires qui se chantent eu bien des provinces la nuit de Noël dans les églises, et qui pour cette raison en ont eu le nom de no'él (3), prit son origine environ dans le temps où le peuple cessa d'entendre le latin (neuvième siècle). Lambert, prieur de Saiut- Wast d'Arras, dont j'ai trouvé les poésies latines écrites l'an 1194, assure que cet usage était particulier aux Français. » Lambert écrit :
Lumine multiplici noctis solatia praestant, Moreque Grallorum carmina nocte tenant ;
c'est-à-dire que les fidèles dans les divertissements de cette nuit triomphaient de l'obscurité en s'éclairant avec beaucoup de lumières et passaient la nuit à chanter des cantiques. »
(1) Explication des cérémonies de la Féte-Dleii d'Aix en Provence , par Grégoire,
(2) L'abbé Lebœuf, Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique, 1741.
(3) A côté de l'origine chrétienne il y l'origine païenne ;là on prétend que Noël ctait le cri de joie poussé par les druides et le peuple, quand le soleil revenait après l'hiver. T)u. temps de Charles VII et probablement avant, Xoël était l'équivalent de rivât.
C'est par suite de cette tolérance dans les églises qu'on vit naître en même temps le cantique î'àTcietVrpH?-e faraej c'està-dire moitié en latin, moitié eu français, pour la compréhension du peuple. On rencontre aussi quelques noëls moitié latins, moitié français, mais leur origine est beaucoup moins ancienne que celle des épîtres farcies. Au quinzième siècle le noël existait de fait, dans les mystères de l'Incarnation et de la Nativité ; il s'est résumé depuis en un cantique descriptif, traitant invariablement le même sujet, la naissance de l'enfant Jésus (1).
Estienne Pasquier, qui écrivait au seizième siècle, dit, dans ses Recherches de la France : a En ma jeunesse c'estoitune coustume que l'on avoit tournée en cérémonie, de chanter presque tous les soirs, presque en chasque famille des nouëls, qui estoient chansons spirituelles, faites en l'honneur de Kotre-Seigneur. Lesquelles on chante encore en plusieurs églises, pendant que l'on célèbre la graud'messe, le jour de Nouël, lorsque le prestre reçoit les offrandes. »
Fétis, dans ses Curiosités de la musique, p. 376, attribue, gratuitement selon nous, la composition des anciens airs de noëls à Pierre Certon , Maillard, Arcadelt, Clément Jannequin, Mornable, les deux Vermout, Féviu, du Buisson, du Caurroy et à quelques autres. C'étaient là des musiciens qui ont écrit des chansons à quatre voix, dans le style contrepointé du temps ; on peut les lire dans le précieux recueil de Pierre Attaignant (1530), à la Bibliothèque nationale, mais rien ne prouve que ces musiciens aient eu à leur disposition deux styles complètement différents, et qu'ils aient fait la musique d'aucun de nos anciens noëls, dont la plupart se sont chanté et se chantent encore sur d'anciens airs de danse, ou bien sur des vaudevilles nés sous la Fronde, et même sur des airs beaucoup moins anciens.
(1) Il est essentiel de ne pas confondre ce mot avec Noi'lde cour; ce dernier signifie une parodie, ou bien une satire fort grivoise, généralement dirigée contre des personnages de la cour.
LA CHAXSOX l'OPULAIRE. 123
Le caractère vif et sémillaut de quelques uns de ces uoëls n'a rien de commun avec la musique en rondes et en blanches des Arcadelt, des du Caurroy, dos Mornable, etc.
Au seizième siècle, ce n'était pas chez les compositeurs que le peuple allait chercher sa musique, il n'y aurait rien compris ; c'est même le contraire qui eut lieu, comme on a pu le voir dans notre chapitre sur la Chanson musicale à plusieurs voix.
Anciennement, jusqu'au commencement de ce siècle, les noëls étaient très aimés et très recherchés par le peuple et par la bourgeoisie. Cette aspiration multiple créa des poètes qui fournissaient chaque année des pièces nouvelles, dont on ne gardait guère plus la mémoire que de la neige d'antan : le nouveau faisait disparaître l'ancien. C'est même pour cela que les recueils de noëls du seizième et du dix-septième siècle sont si rares, les tirages disparaissaient à peu près complètement, chassés par les poètes qui arrivaient avec du nouveau. Il y a toutefois quelques exceptions , où une seconde édition, soit un second tirage, venait renouveler la provision ; mais le vrai succès a toujours été pour la Bible des noëls, composée eu grande partie par des auteurs inconnus, mais parlant le langage du peuple.
Au seizième siècle, on a chanté les uoëls de Lucas Lemoigne (1), Jehan Chapperon (2), Jean Daniel (maître Mitou).
(1) Dans ces derniers temps, M. le baron Pichon a réédité les noëls de Lucas Lemoigne. tirés à 25 ou 30 exemplaires, juste le nombre nécessaire pour qu'on ne puisse ni les voir ni les avoir; au point de vue des études, comme utilité surtout, ces sortes d'éditions nous ont toujours paru d'une très haute portée, personne ne pouvant les atteindre. Les Grans Noëls nouveaux réduits sur le chant de j^htsieurs chansons nouvelles^ in-12 goth. Y 6088, Bibliothèque nationale, ont été édités chez Jean Bonfons, sans date, les noëls de Lemoigne n'en ont pas davantage ; le noël Or nous dites Marie sur l'air: Hélas! je l'aijierdue celle quej'aymois tant, diffère considérablement de la version de M. le baron Pichon, et nous regarderions volontiers comme la meilleure celle de Jean Bonfons ; elle est en tout cas la plus complète : rien ne prouve d'ailleurs que ce noël soit de Lemoigne; dans Bonfons, il y a les trois lettres L. G. N. qui ne s'accordent pas tout à fait avec cette supposition.
(2) Une réédition en a été faite par M. Picot en 1878.
Samson Bedouiu, Crestot, Nicolas Denisot (désigné sous l'anagramme de co))ite d'Alsinois), Jehan de Vilgontier, Nicolas Martin, Jehan Porée, maître Briand (du Mans), Laurent Koux, Michel Tornatoris (1), et d'autres moins connus.
Un noël, dont l'air est empreint d'une grâce charmante entre tous, c'est ce Or, nous dites, Marie,o\x Chantons je mus emprie: la grosse question serait de savoir si l'air que nous connaissons existait au seizième siècle. On a vu dans la note précédente que Chantons Je vous emprie a pour timbre dans Lucas Lemoigne Hellasf je lay perdue celle que fay mois tant : or ces deux airs n'ont pas le moindre rapport entre eux. Hellasf je Va;i perdue se trouve à la Bibliothèque nationale parmi les chansons du manuscrit français 12744 (fin du quinzième siècle), où nous l'avions copié, il y a bien des années ; cette date est justifiée par la tournure de l'air lui-même ; nous ne pouvons donner une origine aussi lointaine à l'air :
^ r ir r^ ^
Chan - tons je vous en prie Par ex uLta.fi .
j ir- Fpp^i^
.on, En l'hon.neurde Ma - ri . e, Plei . ne degrandre.
J^'i' J'I^ ^ T^ Ip- Pf 1^
nom;— Pour tout rhuraainli . gna.ge Je ter hors de pé.
fce
.ril Fût trans misunmes-sa ge A iaVierge de prix
(1) Les Noëls de Michel TorHatoiis, organiste en Avignon à la fin du seizième siècle, n'ont pas encore eu les honneurs de l'impression. Voy. Tétude de M. Gust. Bayle, Avignon, 1884.
Une notation plus ancienne et surtout plus bizarre est la suivante, mais elle ne peut nous mener au quinzième siècle, ni même au seizième.
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A l'époque où parut le premier volume des Échos du temps jxissé (1853) nous avions été séduit surtout par la naïveté et la grâce de ce noël qu'on chantait avec beaucoup de perfection dans les belles séances de musique classique du prince de la Moskowa. Le timbre Or, nous dites , Marie, ou Chantons, je vous enj)rie se trouvant déjà indiqué sur des noëls du commencement du seizième siècle, nous avions quelque raison de reporter l'air à la même époque, mais nous ignorions alors que cet air n'était pas, au seizième siècle, celui qu'on vient de voir.
Lorsque Lucas Lemoigue, ou tout autre poète quel qu'il fût, composa entre 1500 et 1520 les paroles Chantons, je vous en prie sur l'air Hellas! je la;/ 'perdue, ces paroles de noël eurent nn tel succès, qu'il arriva ce qui est arrivé maintes fois : le timbre cliangea de nom et s'appela dès lors Chantons, je vous en prie, ou plus souvent d'après la troisième strophe Or, nous dites, Marie. Quand cet air Hellas! je lay perdue (sous le nom Or, nous dites, Marie) eut la chevelure grise, on aura greffé sur ces paroles qui se maintenaient dans la faveur populaire un nouvel air, celui qu'on chante aujourd'hui. Quel âge lui donner?
C'est sans doute au dix-septième siècle qu'il aura vu le jour, mais nous n'en avons pas vu de notation imprimée avant celle
LA CHANSON POPULAIllE.
(le le Clef des chansonniers, 1717, et si l'on pouvait croire sur parole Jean Christophe Ballard, l'éditeur, cet air aurait eu cent ans et plus eu 1717. On trouvera sur ce même air une notice très substantielle dans les Mélodies de la France, par Anatole Loquin, 1879.
Ce que nous avons dit plus haut, à propos de l'opinion de Fétis sur les musiciens des uoëls, vient se confirmer tout d'ahord par les noëls de Jean Daniel dit Maître MitJioii (1520- 1530). Ce Jean Daniel était organiste à Angers, donc un musicien ; eh bien! ses noëls ne sont pas sur des airs de sa composition, mais bien sur des timbres populaires, sans exception, comme : Maistre Jehan du pont Allais, la Chanson de la yrue, Hau Margot lie ce la cuisse, Une berger otte, Baysez moy tant tant, le Trihory de la Basse-Bretagne (air de danse noté dans V Orchésographic), la Belle tyrelire, Dieu te gard' bergère, D^ où cenez-zous ma dame Lucette, etc. Les noëls de Jehan Chaperon, qui s'intitulait le lassé de repos, ont paru en 1538 ; ils sont tous composés sur des timbres populaires, comme Vous perdez temps. Frère Thibault, les Bourguignons mirentlecamp. Adieu mamye. Adieu ma rose, etc.
Les noëls de Christophle de Bordeaux, PaiHsien, publiés en 1581, par Nicolas Bonfons, débutent par le suivant, sur l'air de La Cassandre :
Doul - ce pu - cel - le, Trop ai.mer ne le puis.
Tu es Idnt bel - K-, Ccfl puurquoy le jjour siiys.
zm
ri - e, Fais - moy donc la fa b,
ier - ge Ma
yi T.
veurQuede bon cueur Je
le sojs scr - vi
leur.
Le timbre -1 la venue de no'cl est déjà indiqué dès la même époque.
Les uoëls nouveaux et cantiques de François CoUetet (1), 1675, ont un avant-propos aux âmes pieuses, dans lequel l'auteur dit : « Je me suis advisé, pour vous faire passer dévotement les Avents qui approchent, de convertir ces chansons de dissolution et de débauche, que l'on oît tous les jours dans la ville de Paris , en cantiques de piété, afin que ceux qui ont offencé Dieu par le chant mélodieux de ces airs, souvent impudiques, se servent des mêmes airs pour le louer, et pour reconnoistre eu mesme temps leur crime. >">
Et maître Colletet tient parole. Ainsi, à la page 50, on trouve im no'él nouveau sur le chant divertissant : Quand la mer Rouge ap2xirut à la troupe noire.
Quand Dieu • na.quit "a No ël De.dans la ,Iu-dc
fe
e, On vit ce jour so.Icn ncl De joye i - non dé
6, Il n'cs- (oit pP-tit nv grand Qui n'np- por.(ast sonpre
sent; Et no no no no. Et ne frit frit frit, et no no et ne
frit, et n offrit sans ces. se Tou-te sa li - clies.se.
(1) Le privilège étant de IGGO, il y eut sans doute uue éditiou antérieure à celle dont nous parlons.
Le refrain du 5^ couplet, qui n'est pas le dernier, devait produire un grand effet... d'hilarité : il s'agit de l'encens des rois mages :
Quoy qu'il n'en eust pas besoin.
Jésus nostre maistre, Il en prit avec que soin, Pour faire connaître Qu'il avoit les qualitez Par ces dons représentez, Dun vray, -sTay, Aray, vra}\ D'un roy, roy, roy, roy, D'un vray vray, d'un roy roy.
D'un vraj' roy de gloire.
En qui l'on doit croire.
Qu'on s'imagine ce refrain clianté par nue personne qui grasseyé !
Ces insanités se chantaient d'ailleurs avec conviction, à la pins grande satisfaction des curés ou des abbés, dont le goût musical n'était pas plus raffiné que celui du gros des fidèles, ce qui se voit parfois encore aujourd'hui. Le livre de Colletet est dédié à Madame la Premure Présidente.
L'abbé Pellegriu, dont les noëls et cantiques parurent vers la fin du dix-septième siècle, mit ses vers (moins ridicules que ceux de Colletet) sur des airs d'opéra de Lully ; tous y ont à peu l^rès passé. On rencontre quelques exceptions en faveur de Campra, Destouches, Lambert, de Bacilly, du Bousset et G illier. Pellegrin paraphrasa aussi quelques anciens noëls, en gardant les timbres populaires ; Colletet ne s'était servi que de ces derniers.
Le succès des noëls de Pellegriu fut très grand : il est constaté par de nombreuses éditions. On adopta ces cantiques et noëls à Saint-Cyr, vn le choix des airs ; cela s'adressait à un public aristocratique et à la bourgeoisie aisée, qui pouvait aller à l'Opéra, et qui s'y croyait encore en chantant les airs de Lully sur des paroles pieuses.
LA CHxVNSON POPULAIRE. 129
Biuard, Parisien, composa des noëls sur les timbres connus du peuple, comme: Une fille du village m a pris en affection; Au jardin de mon père; Si c'est pour mon pucelage; JTai été épouvanté du canon qui a petr ; 0 ma Cldoris^je me meurs; Jeanneton je t'aime mieux qu'une demoiselle ; Magdelon tu n'as pas les appas, et autres timbres saugrenus.
Cette ramification des noëls s'étendit fort loin ; chaque province voulait avoir les siens : Michel Porée et Jean le Houx, à la fin du seizième siècle, en firent pour les Normands ; La Monnoye comjDOsa ses noëls croustillauts de la Bourgogne au commencement du dix-huitième ; Aimé Piron, son contemporain, a écrit ses noëls maçonnais dans un esprit moins goguenard, avec un peu de piété à la clé. Un troisième Bourguignon, Borjon de Scellery, est venu après eux. Il y eut les noëls bisontins, de Christin Prot et ceux de François Gauthier ; les noëls du Velay, par Cordât; les noëls provençaux, par Saboly, Peyrol, Crousillat et d'autres ; les noëls toulousains, par Plomet ; V Élite des bons noëls nouveaux sur les airs les plus connus en Bcarn, comme : Quant à Margot j'offre mon godebec, Joconde, Les sauts basques, Jean de Bigorro moun amie, Toujours maman me gronde, etc. ; les noëls nouveaux en français et en auvergnat; les noëls angevins, et nous n'avons pas nommé Brossard de Montaney, Henry d'Andichon, l'abbé Lhuillier, et quelques autres.
D'après le Manuel Brunet, le titre de Bible de noëls ne commence à paraître que vers 1682. C'est dans ces livrets à bon marché qu'on a condensé les noëls que le peuple affectionnait le plus ; ce ne sont pas toujours des pièces d'un grand lyrisme , non, mais plusieurs d'entre elles, naïves à l'excès, portent bien l'empreinte du langage et de la pensée populaires. Le premier noël de chaque recueil est à peu près invariablement Conditor aime syderum. Les imprimeurs Garnier et Oudot, à Troyes, étaient les grands propagateurs de ces Bibles de noëls, ils ont fourni à la librairie populaire {la Bibliothèque bleue') des
milliers de milliers d'exemplaires pendant une longue suite d'années.
On a relevé plus d'une fois les naïvetés qui se trouvent imjîrimées en toutes lettres dans V Oratorio de JVoël de Lesueur, où les airs populaires du dix-septième et du dix-huitième siècle sont donnés comme des airs de l'église primitive d'Orient ; parmi ces airs soi-disant primitifs il y a entre autres, page 67, une lure populaire qui est de ce siècle, qu'on danse encore en Alsace, où l'on ne danse plus guère î
Beaucoup de recueils de noëls, composés eu province, n'ont jamais été imprimés ; depuis quelque temps on leur fait cet honneur, ce qui u'ajoute pas le moindre rameau de gloire au Parnasse français. Ces élucubrations des curés, des chanoines, des organistes, des maîtres des enfants de chœur, se copiaient par les paroissiens ; leur célébrité n'allait pas plus loin ; nous possédons plusieurs de ces copies. Quant à écrire la bibliographie des noëls, cela exigerait bien du temps et bien des recherches (1); notre bibliothèque personnelle renferme une centaine de ces recueils, et nous ne sommes pas convaincu qu'un travail de ce genre aurait un immense intérêt.
L'un des volumes les plus curieux de cette série spéciale a pour titre : Koëlspoetdevins et ffotiques, Tnunnscvit provenant de M. Viollet Le Duc (2) et ayant appartenu à Charles Gaspard Dodun, contrôleur général des finances, mort en 1734. C'est la collection à peu près complète des airs de la Bible des 7îOcls, dont nous préparons la publication, afin de combler cette division de la chanson populaire appelée ')20clj et représentant la chanson moitié pieuse, moitié goguenarde, dont l'usage a presque complètement disparu de nos jours.
(1) Voir Ribault de Langardiére, La Bible de noi'h, 1857.
(2) Voirie catalogiie de sa Bibliothèque jioétique, supplément, où ce raanuscrit est indiqué au bas de la page 53.