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ADMINISTRATION ROYALE

Rien de confus comme la division territoriale établie pour la levée des impositions. La province d'Angoumois^ quant à la régie des finances du roi, était partagée en trois élections^ — Cognac, Angoulème^ Confolens, — distribuées sous trois généralités.

Ces villes avaient été longtemps subordonnées ensemble à rintendance de Limoges.

En 1694^ Cognac eu fut détaché, avec Jarnac, Cliâteauneuf, Bouteville, et tout ce qu on appelait le Bas Angoumois, pour compléter la généralité de La Rochelle qu'on venait de ibrmer de plusieurs élections distraites des généralités de Poitiers et de Bordeaux. Confuieus devint, en 1714, le siège d'une élection dépendante de la généralité de Poitiers. La ville ne cessa pas, pour cela, d'appartenir en grande partie à Limoges.

Angouiême resta lié au Limousin. Quelles considérations politiques ou admuiistiatives exigèrent, contre

tout droite l'union continue des deux provinces? Il n'existait entre elles ni conformité de langage et de coutume^ ni communauté d'intérêts. Industrie^ commerce^ culture^ à peu de chose près^ tout était différent. Et en fait d'administration^ l'habitant de TAngoumois^ le paysan^ souvent oublié dans la distribution du moins imposé, diminution annuelle accordée par le roi sur les tailles, et surchargé d'impôts au profit d'un pays dont il suppliait vainement qu'on le séparât dési^ l aut être réuni à la Saintonge, avait à souiïrir plus d'une vexation^ plus d'une criante injustice. L'intendant habitait Limoges^ il pouvait répartir à son gré les impôts, les secours; et ses faveurs s'écai'taient rarement d'un certain rayon.

11 rie faut pas croire que Pétendue des élections fut parfaitement déterminée et que chacune d'elles composât un arrondissement régulier homogène, ayant ses limites propres. Non. Quautité de paroisses de l'élection d'Angoulême, par exemple, étaient dispersées, perdues au milieu de la Saintonge et du Périgord, témoin les enclaves de Montausier et de la Tour-Blanche, et de même mainte et mainte paroisse des districts de Sauntes ou de Saint-Jean-d' Angély se trouvaient enclavées parmi celles de notre élection, à dix, quinze et vingt lieues de leur chef-lieu. Autre singularité. Il y avait des villes, des paroisses dont la moitié appartenait à une généralité, et l'autre à une autre. C'est ainsi que le territoire de Larochebeaucourt coupé^ divisé, partagé en deux par la rivière la Lysoane dépendait du Périgord et de l'Angoumois ; et qu'Aubeterre, également divisé par la

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Drène^ était pour une partie de Télectioii d'AngouIéme

et pour l'autre de i eiectiou de Périgueux.

On comprend combien un tel mode de division terlitui'iale devait apporter de diilicultcs a la juste répariion des impôts^ et causer d'eaauis ^ de dépenses et de perte de temps aux contribuables et aux collecteurs.

Lors de l'établ issement de la généralité de La Rochelle qui enlevait à T Angoumois un grand nombre de paroisses^ on oublia de reviser la matrice des rôles des tailles et de dimiuuer proportionnellement Timpôl. Comme chaque élection était imposée en bloc et devait payer tant, le i'ardeau retomba sur rélectioii d' Angouleme. Le nombre des contribuables avait diminué^ la taxe était demeurée la même, la province fut grevée d^un cinquième en sus de ce qu elle aurait du payer. Il y eut même des paroisses qui se trouvèrent portées à la fois sur les rôles de deux généralités;, elles payèrent double. Un tel vice originel dans la répartition des impôts causait des disproportions quiy d^année en année, s'aggravaientencore, tellement que lorsque Turgot fut nommé à Tintendance de Limoges^ les charges de la taille^ en Angoumois, excédaient de plus d'un tiers celles que la Saintonge avait à acquitter. Cela résuite de ses calculs officiels et du mémoire qu'il adressa au roi en 1766 pour obtenir un dégrèvement en faveur de notre province.

La taille était un impôt sur le sol. On distinguait les pays de taille réelle et les pays de taille personnelle. Dans les pays qu'on appeilait de taille réelle, l'exemption de rimpôt n'était pas attachée à la qualité de la personne^ les fonds étaient naturellement imposés d^a-

près leur Valeur et leur tevenu. Que le propiiétairè fdt noblè oti roturier^ ses fer^s n'en supportaient pas faibins

la taxe qui les devait frapper légitimement.

Âu contraîré^ dans les pays où la tatUe pérsoiîneliè existait^ et notre province était de ce nombre, Timpôt était dû à raison de la condition de la personne^ il ne frappait que sur le roturier. Les nobles^ les dcclésias* tiques^ les privilégiés, les nouveaux anoblis ne le payaient pas. C'était un principe, qu'ils ne devaient paà être imposés à raison de leurs personnës, parce qu'elles étaient immunes» Ils ne pouvaient 1 être non plus à raison de leurs biens, parce que ces biens nobles ne devaient supporter la taille dans les mains d'aucun propriétaire. C'était donc dans les pays de taille personnelle^ que les avantages attachés à la noblesse, aux emplois du clergé, aux offices anoblissants pesaient de tout leu^ poids sur le roturier qui payait seul par cela qu'il était roturier. Aussi, dès qu'on avait amassé un peu de fortune, s empressait-on de déserter la campagne, d'adquérir des privilèges et comme il fiedlait cliaque année que l impôt rentrât intégralement dans les éoilres du trésorier général^ la quote-part du nouveau privilégié l'éfltiait injustement kxtr les habitaints de la paroisse où ses biens étaient situés.

h la taille s'ajoutaient, au iviif* siècle, différentes impositions connues sous le nom d'accessoires de la taille: la capitation, les dixièmes, les vingtièmes, etc., legs des rirgnes de Louis XIY et de Louis XV. Etablis comme toujours, à titre provisoire, pour le défrai de la fgtlétiee, ces impôts s'étaient accrus d'ahnéè en année et

LA. GHAJaSNTB JUÎYOLIJIIOZINAI&E 9S

les besoins continuels de TÉtat en éternisaient le maintien. Les gentilshommes et les privilégiés avaient du pourtant se soumettre à la capitation et aux Yingtièmes, mais en obtenir la décharge n'étaiL pas pour eux chose bien difficile. D'ailleurs, la distinction qu'on faisait entre la capitation roturière et la capitation des nobles et des privilégiés créait une nouvelle injustice. Le roturier était imposable au marc la livre de la taille à raison de ses biens et de ses revenus, toujours appréciables, tandis que les bases de la capitation étaient pour les privilégiés le quarantième, et pour les nobles le quatre-vingtième et le centième de leur fortune présumée.

Un instant^ sous la régence^ il avait été question de rendre la taille proportionnelle dans les généralités où la taille arbitraire avait lieu. Gervais, lieutenant criminel du présidial d'An^oulême, cliai gé de faire un rapport sur les moyens d'opérer une réforme en ce sens, déclara très franchement dans son mémoire 7 1 6) « que s'attacher à établir une règle d'égalité entre les particuliers, serait une idée chimérique. Les pays qui sont assujettis à la taille n'ont pas été jugés susceptibles d'un autre arrangement. Il faut respecter les coutumes. » Mais ce respect de la routine ne Tempèche pas de signaler dans un élan généreux d'indignation tout] ce qu'il y a d inique dans la répartition des impôts et de vexa* toire dans la manière de les lever. Il est urgent, selon lui, de mettre fin aux taxes d'ollice^ à l'autorité monstrueuse des receveurs, enfin à ces mille abus qui provoquent le découragement des gens de campagne , Taban-

lîNTMODUCTION 99

don de la culture^ la désertion des marchés publics et

les exactions des usuriers.

Ces projets de réforme^ nés d un caprice^ furent bientôt abandonnés. On arriva^ épuisé, à Tannée 1741. Un système de taille tarifée fut alors introduit par H. de Toumy dans la généralité de Limoges. L^avantage de ce système fut que le chiffre de la taille ne changeait que tous les dix ans, à 1 époque du renouvellement du cadastre. Cela excitait le paysan à donner plus de soins à la culture de son domaine. Chaque habitant dut £sûre la déclaration de sa propriété et il fut ensuite procédé^ par arpentages, à Tévaluation des biens fonds des contribuables. Cette évaluation s'appela un abonnement ; les rôles faits sur les déclarations prirent le nom de rôles faits par tarif. La taille tarifée n'eut qu'un défaut^ celui d^avoir été établie sur une sorte de cadastre qui occasionna une pauvreté effrayante. On avait arpenté les deux tiers de la province^ mais on n avait point établi de cartes de ces travaux. Sur les simples brouillons des arpenteurs^ il avait été dressé des procèsverbaux généx*aux des paroisses et des feuilles de relevé contenant les articles qui devaient servir à former la cote de chaque pro|)i'iétaire. Il se trouvait^ par des erreurs de copistes^;^que les feuilles de relevé n'étaient point d^accord avec les procès-verbaux , et il devenait impossible^ !»ans cartes^ sans les brouillons originaux qui avaient été détruits^ de savoir lequel du procèsverbal ou de la feuille de relevé méritait confiance. De plus^ les estimations furent faites à la hâte^ sur des bases incertaines^ par des gens étrangers au pays sans

4dO Là CRAllStaïB IlitOLimONNAnB

le concours des propriétaires, jDaiis certaines localités, les arpenteurs firent rabonnement, au plein cœur de Thiver, alors que les terres étaient couvertes de neige. Ici les landes, les bruyères, les terrains secs et rocailleux ftirent évalués sur le même pied que les fbtids lés plus fertiles. Ailleurs^ on se servit pour Tarpentage de mesures autres que celles de la province. Partout les terres furent tarifées beaucoup au dessus de leur valeur^ Un abcmnement fautif, exagéré dès son origine, entraîna pouir toutes les communes l'augmentation excessive de leurs contributions. Vigier de la Pile, <jui vivait en ce temps là, n'a pu s^empècher de consigner celte remarque dans son Histoire d^Angoumoit : « Lés impôts de toute espèce produisent au roi et aux gens d'afiaires pluià d'un million et demi, cbose surprenante pour un si petit pa^s qui fait des efforts au dessus de touté imagination pour acquitter de si grosses charges! n Qu'on retiré du département de là Charente les villes et les bourgades qui ont aidé à le compléter et qui appartenaient, àvant la Révolution, aux provinces voisines de la nôtre, et l'on se rendra compte de la petitesse de notre territoire et du faix qui accablait ses habitants.

A lion arrivée dans la généralité de Limoges^ Turgot, fut li appé de ce qu'il y avait de défectueux dans le système de sés prédécesseurs, MM. de Toumy et Pajot de Marcheval, îl s'appliqua soii> neuseinent à le corriger. Il nomma des commissaires pour répartir llmpôt régu- ' lièrement j erétt des collecteurs fixes qui reçurent des appointements^ et à qui il fut enjoint de donner des quittances aux contribuables, ce qui n 'avait jamais eu

iimoiiDCTioii

lifit^. On sait les admirables résultats de son adminisr tratioB. M. Gustave d'Hugues, dans une brochure

publiée en tS^dy les ^ mis eu lumière avec un x'àXQ bouhaur.

En 1763, deux édits, donnés pour le dénombrement des biens fonds et la guniection d'un cadastre général du royaume^ annoncèreo^t de la part de Louis. XV le projet d'asseoir la taille sur les biens, à raison de leur valeur;, de rendre par ce moyea réelle et territo- ' riale une imposition auparavant personnelle par sa nature, et d'écarter ainsi tout arbitraire dans la répar* tition. L^année suivante, une déclaration royale Umita les privilèges en fait de taille, et introduisit une distinction tout à fait nouvelle entre la Uille d'exploitationj à laquelle on soumit certains privilégiés, et la taille personnelle, dont ils furent exemptés. En conformité de 1 editde 1766, la taille, prenant un caractère mis^te, suivit les biens et devint un impôt réel. Les titulaires d^oflices et les habitants des villes franches, qui étaieu^t exempts autrefois de la taille personnelle, ne le furent plus de la taille d'exploitation, l^n 17r)0, déjà^ il avait été ordonné que les fermiers de§ biens epciésiastiques supporteraient à Tavenir un prélèvement du dixième sur leurs profits ; Fescarcelle des pauvres gens était vide : il Êdlait bien que ceux qui possédaieat la majeure et la meilleure partie du territoire, les revenus, les plus clairs du royaume, vinssent en aide, bon gré;, mal gré, au gouvemement. On leur dérobait des secours par des voies détournées, peu à peu^ avec toutes sortes de ménagement. Les évéqiies, les bénéûc^cj;^.

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86 plaignirent. Pourquoi une pareille atteinte à leurs immunités? Leur zèle pour le bien publie n^était-il pas

assez connu? C'était par des dons librement offerts que le clergé était venu dans tous les temps au secours de l État? Devait-il encore espérer que le gouvernement, touché de ses sacriûces^ le maintiendrait fidèlement dans la jouissance de ses exemptions? Â ces doléances, on répondait toujours que les nouvelles luis faisaient réserve de leurs privilèges. Mais cette vague réponse laissait subsister les taxes mises sur les biens ecclésiastiques. En échani^^e, on renouvelait quelques décrets contre la religion P. R.

Eli 1771 et 1772, de nouvelles instructions furent répandues dans plusieurs généralités pour la.cont'ection , des rôles des tailles. Les officiers des élections recurent du contrôleur général un tableau qu'ils devaient remplir de leurs observations. Ce tableau était divisé en dîÉférents articles qui contenaient le nombre des habitants de chaque paroisse^ leur àge^ leur sexe, leur qualité, leurs biens réels, leurs fermes, et autres moyens. A l'égard des biens du clergé, on devait s'attacher particulièrement à indiquer en quoi ils consistaient, avec les revenus qu41s produisaient^ soit qu'ils fussent affermés, soit qu'ils fussent perçus par les titulaires. Grande rumeur parmi les dignitaires de l'Église et parmi les magistrats qu'exemptaient les privilèges attachés à leurs otHces.

Nous ne savons de meilleur moyen pour donner une idée du désappointement et de 1 irritation que ces règlements leur causèrent, que d'insérer ici la lettre adres-

INTBODUCnON -403

sée à ce sujet au contrôleur général par le procureur du roi en l'élection de Saint-Jean-d'Angély :

« Monseigneur,

« Personne n a eu plua à cœur que moi de connaître son état. Le tableau que Votre Grandeur m'a envoyé est semblable à celui que j entrepris lorsque j'entrai en charge. Je n'ai pu le continuer pour des raisons bien sensibles^ nos ennemis étaient trop puissants. Je rends cependant justice à MM. de Boiseniont et l.e Pelletier. Us étaient instruits de leur état et cherchaient à étendre leurs connaissances. Le riche et le pauvre étaient écoutés y ils voulaient voir et entendre , jamais les impositions n*ont été mieux réparties. Nous les avons perdus, nous les regrettons. Depuis ce temps. Monseigneur, nous avons eu toutes sortes de désagréments dans nos charges. On a supprimé nos privilèges, on nous a imposés à la taille, on nous a été toute connaissance dans la distribution des deniers, on nous adonné toutes sortes d^humiliations, il n'y a aucune partie de notre corps qui n'ait été martyrisée, à peine nous a-t-on permis de respirer; tout cela était bien capable de nous rebuter. Pour moi, Monseigneur, j'ai jeté tous mes ouvrages au feu dans la crainte de contrevenir à un arrêt du conseil qui nous faisait défense de donner la moindi^e connaissance des impositions aux cours supérieures, avec des peines. Cette défense était trop sévère poui' n'y pas faire attention. Je ne sais si mes confrè-

CHAB^N^ ll^iya^nplomrÀIBB

Y<^ pjurleroj^t a^ssi sincèrieni^nt, tout ce que jç puis vous assurer, Mcrnspigiieuf , c est mpmi tions n'ont, jamais été si mal réparties. On u oLserve aucune loi, aucune règle, tout est fait avec passioB^ c'est un vrai brigandage.

« Nous ne connaissons point ici de juridiction de gifenier s^l; noi,i9 avons' ^ssez dioipo^itians dai^ c^tte province^ sans que celle-ci yie|ine augmenter u.<^ peines. Dieu uous préserve à jamais d^ ce fléau.

« LatatUedan^ cette éleçtioii ^t persoonelle et mixte^ elle s'impose capitalement sur les personnes. Celui qui a une industrie honnête et ^ans fonds, est souvent pl,i^s imposé que celui qui a du bien, car il est de notre cpn-: i^aissai^ce, et la chose se vérifie tous les jours, (jue celui quladix^iile livres de fpi)(| a dp pisine à vivre piq^ qu'il lui faut des avances pour le faire valoir, et s'il lui survient une année s(^ile ^vçç le peu d'argent qu'il peut ayoir économisé, il est pe^du, sans ressource, i). ne se relève jamais. La richesse de ce pays ne consiste pas dans les grandS; fonds, à moins qu^oi^^ y réiu^sj^ une industrie; de façon qu'il est impossible de parvenir à vérifier combijBn la taille et la capitatioii pi*euAent de, ^oh pour Uvr^ sur les revenus, parce que d'w côté ou ne peut connaître les revenus de chaque particulier, et que de 1 autre ces revenus dépei^dent 4m pltis ou moins dUndustrie que chacun emploie pqui? donner de. la^ bonté aux domaines, qui somt dans tout Le pays ici secs et arides, et qui ne produisent qu'à proportipu engrais qu'on y peut mettre; et ces engrais dépendent de la (jnaAjité de J)étaiUii'oij pfï#de. Çe,^ui,n;estp^^

IIfT|t9»19C7l9ill 49$

comniun parcequ'en général les pàLuragds y sont rares et migres.

« La mèm^ difficulté se prés^ntQ pour Is^ déeouvepto des rev^i^u^ ecclésiastiques qui sont ppss^dj^ 64 régie* Il n^y a qn^ la Feçhepche des hm)(, qui p^ispç ips? truire de ceux qui sont en ferme, raais les uns et les autres sont dépendants^ comme ceux des laïques^ de rindustrie qu'on peut employer pour &ire fructifier les fonds, il ne dépendra pas de moi. Monseigneur, de YOU8 donner satisfaction sur tout ce que yous demandez. Mon zèle pour le bien public et Thonneur de votre bienveillanQe me ie^'pnt fuire les recherches les plus exactes.

« J'ai riionneur d'être, avec respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. Desno- BLES, procureur du roi en rélectton. — Saint-Jeand'Angély, le 31 déceuiiiie 1771. »

Pour calmer le mécontentement qui s^était manifesté parmi les évêques et bénéficiers (pièces justificatives^ 4* partie)^ on annonça que les instructions données aux otTiciers des élections pour le relevé exact des biens ecclésiastiques n étaient que des essais, des procédés provisoires dont ils n^avaîent pas à s'inquiéter. Malgré cette promesse, une ordonnance de 1775 confirma pour six ans^ dans la généralité de Paris, la continuation de ces essais. De là, peu à peu, on les étendit dans d'autres provinces et les administrateurs se concertèrent en secret pour circonsoriredeplus enpluslesexemptions de la taille et de ses accessoires.

406 LÀ CHAARNTB BEYOLUTIOlflfAIBB

Après le départ de Turgot de la généralité de Limoges, les choses allèrent se gâtant de jour en jour. £n 1 7 78> on afficha dans nos paroisses une déclaration du roi portant que les impôts resteraient pendant vingt ans sans augmentation d*après le tarif qui serait fixé en 1780. La lui du 13 février 1780 proscrivit en effet les accroissements arbitraires de la taille et déclara qu'à Pavenir la fixation de cette imposition ne pourrait être modifiée que par des arrêts enregistrés dans les cours. Mais cette loi resta tout à Ssài lettre morte.

En 1789, ce petit pays d*Angoumois, que de son temps Vigier de La Pile s étonnait de voir payer un million et demi d'impôts contribuait pour plus de cinq miiliunb aux charges publiques.

INTlODUCnON

CHAPITBE XU

taille^ la capitation, les vingtièmes, impôts si

lourds par l'inégalité de leurs répartition^ devenaient encore moins supportables par la dureté oppressive avec laquelle les receveurs avaient accoutumé d^en user contre le contribuable.

Chaque année^ on marquait à 1 intendant le chifEre auquel sa généralité était taxée, et ce chiffre^ il pouvait l'augmenLer, sans avoir jamais le droit de le diminuer. La répartition faite selon son bon plaisir, il choisissait parmi les habitants de chaque paroisse ceux qui devaient être collecteurs, c'est à dire qui devaient couvrir l'impôt. Cet emploi de collecteurs de paroisse, qui jadis était un lionneur, s'était à la longue changé en une lourde charge, car tous étaient solidairement responsables ; ils devaient dans un temps voulu verser au receveur la cotisation entière de la paroisse. Or, tous les ans, par suite de la misère publique, il arrivait que, le terme expiré, ils n'avaient pu recueillir qu'une faible partie des subsides royaux, et qu'ils étaient hors d^étatde parfaire le surplus. Ils réclamaient un sursis, c'était en vain. Le receveur, escorté d'huissiers et de

LA CHABS!«ZS fiSY91.|^I0IfNAIES

ftntasstns^ envahissait leur domtcite et ïes sommait de

fournir l'impôt dans le plus Lief délai; sinon^ c était la contrainte, la saisie des meubles^ des récoltes, des bœufs et la prison. Alors on taxait d^office les petits propriétaires ou ceux des cultivateurs dont laisance était notoire. De là, il résultait que ces paysans ou bourgeois s'ingéniaient à dissimuler leurs maigres épargnes, leur fortune^ et qu^au lieu de rendre à la culture l'argent qu'ils en avaient retiré^ ils le convertissaient en papiers, eu valeurs, — » quand ils ne l'eufouis^saient pas. C'était jutant de sommes perduea pour Tagricultm^^ déjà épuisée par renlèvement des espèces monétaires quQ le$ coAtnbutious pi:cnaient à la province pour les \oiturerà Paris.

Et remaii|uez de quel puids la presque totalité de bit t^Ue retomba sur le travailleur^ sur ie laboureur mi3^aI4e^ celui-là même qu'un bout de champ, un lopin de terre, sa propriété, altaciiait Iprcément au pays mM. La déclaration du 7 février ]7(>8 avait permis i\u\ propriétaires taillahles de faire rapporter le tiers d^ l^i^rs impoâitions au lieu de leur don^iciie ; les ri-!ob^a eurent donc la facilité d*éluder une partie des contributions en se réfugiant dans les villes franches, ou eft se créant un domicile fictif dans des paroisses où la taille personnelle n'avait pas lieu. C'est une de ces aj^nrdxtéi^ administi^atives contre laquelle nos paysans protestent violemment dai3^ leurs cahiers de doléances: « Que d abus, crient-ils, sont résultés de ce que la facuJtlé personneilie n'a pas lieu en Poitou et qu'elle a lîdU im Al^goumoi^. L^s gro^ propriétaire^, so difept

habitants du Poitou^ des élections voisines qui ne sont pas 81 chargées^ ou de yilles franiihes^ et cela aggn&ve rimposition des communes où leurs biens sont situés. » Ce n'est pas tout. Après les collecteurs et le tecereur des tailles se présentait le contrôleur chargé de ramasser les dixièmes et les vingtièmes^ dont le gouvernement fit iSatire toujours le recouvrement pat des préposés de son choix. Le contrôleur des dixièmes, homme de peu de fortune, ordinairement étranger à la contrée, tenait à se Ikire bien venir des seigneurs et deë persounes riches. 11 allait de paroisse en paroisse, se choisissant un asile en chacune pour travailler à sesopél^ations et c'était toujours chez 1 lialjitant le plus riclie. On le fêtait. £t, dès ce moment, « la maison et tout ce qui tenait à la maison éprouvaient des adoucissements^ et comme il fallait que le but du contrôleur fut l'empli, les pauvres étaient surchargés. •

On comprend ce désespoir du cultivateur. Là constitution de la propriété féodale le condamnait à l'indigence, au labeur ingrat. Le droit de franc-fief lui enlevait tout espoir de s'enrichir, de se procurer un avenir meilleur. Les biens nobles ne pouvaient passer entre ses mains (}u'à la condition de pa^^r au domaine un droit exorbitant, une année de revenu de sa propriété, dix sols pour livre eti supplément, sans compter le qiiint et les lods et ventes, le cens et les fentes pour les profits féodaux dus au seigneur dominant. C'étaitdeuxannées de revenus à débourser, deu x années de travÂil à perdre. Comment eût-il pu le faire, lui qui, indépendamment des tailles, et des droits joints au dmnaine, eontrôlé.

440 LA CHABIOfTB RÉyOI.IITIOIfNAIRB

insinuation^ centième denier^ fardeau il énormes^ livrait à la dime le douzième^ le treizième et jusqu^au quart de ses fruits ; qui voyait appauvrir sa récolte par les redevances seigneuriales^ droit de champarts^ agriers et terrages; pauvre hère qui avait contre lui la taxe militaire> la taxe des chemins^ tandis que les droits de mouture^ de fournage^ de banvin^ lui disputaient sa subsistance quotidienne, et que les octrois, les péages, les marcbés, les placages, les traites, la maltôte, le frappaient dans son industrie et dans son commerce.

11 payait seul, il payait tout, car le nombre des privilégiés était grand, on en comptait plus de six cents dans la seule élection d An^oulême qui eussent dû être imposés légalement et dont la quote part retombait sur lui.

Le sol quHl labourait et dont il convoitait la possession lui échappait fatalement. Alors que la noblesse endettée, à bout de ressources, morcelait et vendait un à un ses domaines, il ne pouvait espérer d'en acquérir la moindre parcelle, impuissant qu*il était de lutter avec le bourgeois enrichi que sa fortune mettait à même, en achetant une terre, de payer un privilège qui le dispensât de la taille ou d^acquérir une charge anoblibsriule qui raiïranchît du droit de franc-fief. Devant cette masse effrayante d'impôts les efforts du petit cultivateur demeuraient stériles. Des années de disette qui se succédèrent ûrent monter à l excès le prix des denrées; cette hausse ne put l'alléger en rien, le peu qu il récoltait de grains pouvant à peine suffire à ses dépenses et couvrir les impositions. Aussitôt la ré-

umumucnom 4U

coite &ite^ il se trouvait forcé de vendre au bourgeois^ ail spéculateur, qui^ par des approyisionnements considérables, réalisaient seuls de larges bénéâces^ et qui, seuls, dirigeaient à leur guise le cours des marchés ; bientôt il n'y eut aucune proportion entre la valeur numéraire et celle des denrées et de la main d'œuvre. Le laboureur se vit réduit à vendre le peu de terre qu'il possédait. Les baux tombèrent. Les colons ne voulurent les renouveler à quelque prix que ce fut. Nombre de métairies furent abandonnées. La ronce mangea le sol et le paysan^ « fuyant un tel pays de proscription^ » émigra par bandes y ■ dans la Guyenne et dans le Périgord, où il avait moins de charges et plus de liberté. »

LA cnARKMK R i: VOUTTlOPfîf AIRE

CHAPITBE XIII

Nos provinces ^épuisées étaient aux abois. Batailleuses de race, elles fournissaient largement leur contingent Aût goen^s continuelles qui décimaient leur popuialion. L'agriculture négligée ne pouvait suffire à la consommation locale. Les bestiaux makic{uaient^ led marchés étaient déserts^ Tusure seule vivait tandis que le ciel, sans relâche, déchaînait ses fléaux sur la terre. D'année en année les sinistres se succédaient,

frappant les récoltes de notre pays, celles du Poitou, de la Saintonge, du Périgord, du Limousin, provinces ayec lesquelles TAngoumois ayait des rapports directs de commerce et d'échange. En 1763, la sécheresse tuait le maïs, seule nourriture du paysan de TAngoumois, tandis que s*abattait sur la Saintonge une épizootie cruelle» sans égale, — elle ne devait pas durer moins de neuf ans, — qui enlevait subitement les bestiaux, espérance et richesse du fermier. En 17G.j, il n'y eut ni fruits, ni vin, une gelée d'avril avait tout emporté, par contre le lin et le chanvre, qui, d'ordinaire, produisaient tant, desséchèrent sur pied, brûlés du soleil, la récolte en fut nulle. Cette même année, au

INTRODUGTIOrf 443

mois de juin un orage épouvantable dévasta complètement plus de cinquante paroisses de Télection d*Angoulème : les épis^ les vignes^ les arbres furent coupés, hachés, déracinés. El devant un tel désastre, Turgot^ craignant que cette terre ne restât inculte par la ruine des propriétaires et la désertion des cultivateurs, implora du roi, pour cet» provinces, l'exemption complète de Timpât. L'hiver suivant la terre fîit gelée à deux pi(Mls (le profondeur, tous les germes furent détruits, les arbres de toute espèce et de toute grosseur se fendirent et éclatèrent. Ce jour compromit et perdit à jamais in culture du safran, une richesse du pays. Faute d'œufs, de beurre, de lait, de poisson, les grains et les légumes secs atlei^nirent un (>rix excessif; la laniine fut grande, au point que, sur les instances des magistrats de la généralité, les évéques accordèrent la permission de faire gras les dimanches, lundis, aiui dis et jeudis des quatre premières semaines du carême. Le peuple manquait de pain. On envoya des exprès à Bordeaux pour acheter du blé. Les journaliers étaient réduits, en partie, à se nourrir de son et d'herbages bouillis (ensemble. IVaidanl quelques années l'espoir sembla renaître; grâce à la paix, les armateui-s de La Rochelle s*efforcèrent d'établir des relations commerciales avec les îles de 1 lunce et de Bourbon et d ouvrir un nouveau débouché aux eaux-de-vie de nos provinces ; la mauvaise récolte de 1769 renversa les espérances : les eaux-de-vie, rares, chères, ne se vendii*ent pas ; les désastres recommencèrent ; quantité de navires suiiiijrerent sur la côte, les pluies inondèrent les

444 LA CHABINTE BBTOLDTIONNAIBB

salines; le conseil d'État (23 septembre 1770) dut défendre la sortie hors du royaume des sels du Poitou> de TAunis, de la Saintonge et de la Bretagne, attendu qu'il ne restait plus de sel vieux sur aucun marais, et que la récolte ayant presque entièrement manqué en 1768 et 1769, et la saulnaison de 1770 se trouvant encore plus stérile^ à cause des orages qui lavaient continuellement contrariée pendant Tété, il paraissait à craindre que Tadjudicataire des fermes ne pût faire le fournissement de 1771. Dans certaines localités, les terres étaient si détrempées qu'on ne pouvait les labourer, les bœufs y entraient jusqu'au ventre. Les fourrages, les froments pourrissaient sur pied ou en meules. Le Poitou, qui depuis longtemps approvisionnait l'Angoumois, manqua de blé; la lièvre putride dépeu[)la des contrées entières, pendant que l'épizootie qui avait à la longue abandonné l'Angoumois et TAuniSj s abattait sur le Poitou. Le commerce du bétail, quelque temps anéanti, ne se releva que difficilement. L'intendant de Poitiers avait été conlramt dans rintérèt général de défendre que Ton conduisît dans le Périgord et dans les généralités de Limoges et de La Rochelle, les bœufs^ vaches, veaux et brebis des paroisses situées dans le ressort des subdélégations de Rocliechouart, Saint-Laurent de Céris, Confolens, rîle Jourdain, Givrai, Chef-Boutonne, Melle, Aunay et Niort. Une seconde ordonnance étendit ces dispositions aux subdélégatious de Montmorillon, Fontenay-le- Gomte et Lui^n.

La gelée du 29 mai 1776 meurtrit si violemment les

iutboduction 4 45

Tignes que deux années durant eiles ne produisirent

rien. Puis vint Télé, le ciel sans nuages ne versa pas une goutte d'eau à la terre desséchée ; pas de blé^ pas d'herbe^ un raisin de mauvaise qualité. En 1777, la récolte, belle et aboiulante, paraissait assurée quand le 3 juillet^ vers les six heures du soir, après une journée d*une chaleur étouffante^ de sombres nuées 8*élevèrent à Thorizon et s'amoncelèrent; les vents du sud-ouest et du nord-ouest soui&èrent avec fureur et 8*entreclioquèrent ; le tonnerre gronda sans relâche ; la pluie, la grêle tombèrent par torrents^ les maisons s*ébranlèrent ; le tourbillon balaya la campagne ; trente à quaraule paroisses furent entièrement saccagées. A Ci vray^ les maisons ressemblaient à des amas de ruines . Les noyers, les cliahii^niers, tous les arbres étaient déracinés^ hors de terre ; les foins^ sur le point d'être serrés^ avaient été emportés par le vent; IWge, les seigles, les maïs, les chanvres étaient couchés dans la vase; nulle récolte n'avait résisté, il ne restait plus rieti. Devant tant de misère, il semble que la nature eût du se lasser, et cependant les mauvaises années se succédèrent. 1780 ne donna pas un fruit: à peine y eut-il du vin. Les orages se déchaînèrent de non\eau en 1781. La grêle hacha les récoltes de l'élection de Barbezieux : « Le 3t juillet, dit un procès-verbal de M. de la Maurine, procureur du roi, il tomba sur quatorze paroisses des grêlons du poids d*une livre, et au-delà, et cela pendant si longtemps que trois ou quatre jours après on en trouvait, dans les valions, des tas de cinq à six: pieds. Les ceps de vigne paraissaient aussi

416 LA GH4RBNTB BiVOLVTIONNÀlBB

DUS qu'en hiver ; quelques personnes perdirent la vie ; le bétail, le <;ibier, les oiseaux périrent en grande partie. « Ce fut la ruiiie pour ce pays, il ne resta au paysan pas même de quoi subvenir à sa propre subsistance^ il

fallut faire des quêtes, implorer le seeours du gouververnement^ diminuer le prix, des baux pour retenir les fermiers qui menaçaient déjà les propriétaires d*aban* donner leurs domaines el de se retirer dans des cantons moins malheureux.

Ce furent les rivières qui, en 1783, amenèrent à leur tour la désolation : après quatre mois de neige et de pluie, la Vienne, la Dordogne, la Charente, la Tardouère, et tous les ruisseaux sortirent de leur lit, emportant les moulins, rompant les ponts, culbutant les digues, les écluses, interceptant les communications. A La Rochefoucauld, trente maisons lurent renversées, grand nombre endommagées ; une quantité considérable de denrées disparut dans le désastre. Dans les campagnes voisines, des villages entiers étaient détruits, les terres ensablées, les récoltes enlevées, les bestiaux noyés. Longtemps encore après, à Mansle, le pont ayant été emporté par les eaux, on fut obligé de se servir de barques pour passer les chevaux et les voitures qui suivaient la route de Paris à Bordeaux par Angoulême. Ce transport était long et pénible. La fréquence des accidents effraya les vo}aij,eurs qui préférèrent suivre la route de Saintes; il en résulta le plus grand préjudice pour nos faubourgs et pour les villages circonvoisins.

Four surcroit de misère, à ces maux imprévus,

mTBODVCTIOR 447

s'ajoutait depuis vingt années un mal plus grand, irrémédiable. La disette des grains était constante, les blés du pays étaient sans cesse dévorés par un insecte qui reçut même le nom de chenille ou papillon d'Angoumois. Le grain n'était pas porté de l'aire au grenier qu'il était ron^é. Les expériences faites en 1761 et 1763, par MM. Duhamel et Du Tillet, semblèrent donner aux cultivateurs les moyens de détruire ce terrible insecte. 11 il en fui rien. En 1775 et 1776, illit d horribles dégâts dans l'Angoumois^ dans presque toute la Saintonge et dans le Poitou. G est à peine si les plus rudes hivers dérangèrent sa ponte. Il désola annuellement nos provinces. Qu'arrivait-il? Tout le monde se dépêchait de vendre aussitôt après la moisson, et Ton sait si les gros inai'chauds et les accapareurs tiraient prolit de cette précipitation dans les ventes. Quant aux vendanges, les années d'abondance servaient encore à ruiner le vigneron. Ses vios^ ses eaux-de-vie ne pouvaient être vendus par lui directement au consommateur; il était forcé d'avoir recours à des commissionnaires; ces commissionnaires ne se trouvaient qu'à Orléans, Nantes, Angoulenie, Cliateauneul , Jai nac, Cognac, Charente et Bordeaux, ce qui iormait un bien petit nombre de personnes sur chaque rivière par les mains de qui les denrées devaient passer. Point de concurrence. Il leur ' était facile de se rendre maîtres des prix, et de se créer un monopole. L*abbé Rozier, dans son Diction' mire d'Agriculture (au mot : Abondance) et le major Montalembert de Gers, dans ses lettres à la Gazette du Cammercej ont signalé et détaillé les manœuvres ordi-

448 hà. CHARANZB a£VOtUIIOIfIffAinB

nairement employées pour abuser le cultivateur et lui enlever ses eaux-de-vie à vil prix. La misère de» contrées vinicoles était extrême.

A bout de forces, découragé, las de lutter contre Tinclémence des saisons, eontre Findifférence ou i'égoïsme de ses maîtres, le paysan méprisé, isolé, abandonnait la bêche et Tarau, et dévorant sa peine en luimême, restait dans une sorte d'inertie &rouche. La défiance, la haine s'amoncelaient dans son cœur. Les loups, au retour de I hiver^ descendaient des montagnes du Périgord, du Limousin, des coteaux abruptes du Poitou, il les laissait passer, sans mot dire, préférant livrer son bétail que d'appeler à son secours le hobereau oisif, querelleur, fourbe, intempérant, qui lui faisait peur. Les troupes passaient, il enlevait le joug à ses bceufs, leur donnait la liberté, au risque de les perdre, plutôt que de les voir inuurir sous Taiguillon des brigadiers brutaux qui le mettaient en réquisition pour la conduite des bagages. Pauvre, il en était venu à regarder la steniile comme un vrai bien; à son tour, il s'opposait aux défrichements. Les terrains vagues, les bruyères, les chaumes formaient sa seule ressource ; il y tiouvait quelques fagots pour son foyer, quelque maigre pitance pour ses moutons et ses vaches. Aussi quand les arpenteurs se présentaient et s'apprêtaient à trancher, à 4i viser ces landes pour les mettre en culture, le tocsin sonnait; de toutes parts, armés de fourches, de bâtons, de piques et de fusils, les paysans surgissaient et se ruaient sur les pionniers. Puis, mêlés de tempb a au ire aux ouvriers des villes, ils arrêtaient,

nmoDucnoH 449

pour les détruire ou se les partager les convois de grains qui traversaient la pfoyinee. Les attroupements^ les émeutes, les attentats se multipliaient; le gouvernement;, dont les dettes s accumulaient de jour en jour, alarmé de ces révoltes^ fatigué de Topposition des parlements qui refusaient d'enregistrer les édits bursaux et ne cessaient de renouveler leurs remontrances sous le prétexte de sauvegarder les intérêts du peuple, le gouvernement brisa les parlements et fit désaruierles campagnes. L'ordonnance du 5 août 1774 interdit le port des armes, épées, couteaux de chasse, fusils, pistolets même en voyage, dans les provinces d'Aunis, Saintonge, Angoumois et Poitou^ à moins qu^on en eût le droit par naissance, office ou permission du commandant. Au mois d'avril 1 7 7^ on avait enlevé les fusils dans la plupart des communes rurales* Le braconnage, le feux-saunage étaient le motif spécieux de ces désarmements. Les voyageurs, les négociants réclamèrent. On les dépouil* lait de la liberté de porter des armes pour défendre leur vie, leurs effets^ leurs marchandises? Quelles ocitraYes ne créait-on pas au commerce? 11 allait ae briser contre une barrière invisible. Où et a qui les commerçants devraient-ils^ sauraient-ils s'^adreâser pour obtenir, en passant d*un territoire à l'autre, une sauvegarde nécessaire pour leurs personnes et pour leurs biens ? Ceux mêmes qui avaient le droit de port d'armes protestèrent. Seraient-ils obligés de voyager toujours munis de leurs titres de noblesse ou d oûiee et de les foire vérifier? Ces plaintes firent saus doute quelque impression sur 1 esprit des intendants, car

120 LA CHABBNTB BBVOI.UTIONNAia£

la défense concernant les voyageurs et les marchands tut assez mal exécutée. Des voix s élevèrent aussi pour qu'on rendît leurs fusils aux paysans : « |)romière sauvegarde du citoyen, de la famille, publiait-on^ c'est sa propre tbrce; quy avait-il à craindre des fusils de ces hommes paisibles? Des violences, des atleuLats? Dans leurs querelles, ils n*ont jamais recours aux armes à feu, ils n*en auraient pas besoin pour commettre un crime. Ne serait-ce pas qu on a voulu prévenir les chasses furtives ? les gardes veillent; qulls poursuivent les braconniers, s'il y en a; parce qu'il y en aura quelques-uns faudra-t-il laisser tout un peuple sans défense contre des ennemis de tout genre? Si Ton désarme, que ne rembourse-t-on alors le prix des armes et des accesboues, car ces fusils sont des propriétés acquises à prix d^argent? Ët quand, faute de fusils pour la défendre, une ferme sera pillée ; quand, par la même raison, un troupeau sera déchiré dans le pâturage ; quand des hommes seront dévorés à cause qu'on n'aura pu tirer de loin une bête fauve et quUl aura fallu l'attaquer corps à corps, ne seront-ce point là autant de maux dont on se sera rendu respon* sable ? » *

Dans les villages, aux marchés publics, à Feutrée

des octrois, les désordres ne contimièrent pas moins. Une instruction au sujet des émeutes, envoyée par le roi, fut lue dans les diocèses de La Rochelle, de Poitiers, d'Angouleme et fut accompagnée d'exhortations pathétiques de la part des curés. Les émeutiers, les miliciens déserteurs furent amnistiés; mais si profonde

hMBODUCTIOlf 424

était la défiance, que les intendants, ayant reçu

Tordre de parcourir les campagnes et de dresser la liste des habitants indigents aûn qu il leur fût distribué des secours, il s*éleva dans l'esprit du plus grand nombre des pauvres une terreur saïis égale. Ils aimaient mieux mourir de iaim que de faire inscrire leur nom sur ces listes, convaincus qu'ils étaient qu'en recevant des aumônes, ils perdraient leur liberté et qu*on les enverrait dans les îles. Promesses, remontrances, rien ne put les dissuader et ébranler leur entêtement aveugle contre lequel se brisaient les inten tions bienveillantes de Tiirgot.

L'intendance de Turgot n'est, en effet, qu un long et magnifique effort pour ranimer le courage des habitants de notre province, vivifier le travail et inspirer r espérance, sinon la confiance, à tous ces malheureux. Pendant les disettes consécutives de 1765 à 1774, la généralité de Limoges lui dut son salut. Sans sa prévoyance, sans son zèle infatigable, la famine y eût fait les plus cruels ravages. Par lui, la liberté du commerce, la libre circulation des grains fut assurée. 11 frappa de réprimande et châtia les officiers municipaux d'AngouK' me dont l imprudence, les préjugés ou la Mblesse avaient encouragé le peuple affamé à intercepter les convois de farines dont il approvisionnait les villes. Il parvint, à force de peines et de démarches, à organiser des ateliers de charité, de manière que les hommes, les femmes, les enfants pussent y trouver de Toccupation et leur subsistance, à la portée des lieux où on les employait. Il multiplia les salaires, allégea les

422 LA CHARENTE AË VQLUTIONNAIfiË

charges de Tagricultura, abolit la corvée, combattit

partout la maladie, les épizootics en envovant sur les lieux des médecin» et de» vétérinaire» éclairés ; il &t nos grande» routes, ouvrit, répara nos chemins vicinaux^ aiiiciiora la navigation de la Charente, raviva les foires et les marchés, établit de» moulins économiques et des ioim modèles où devaient être passés les grains atteints par les charançons et la cheuUie d^Angoumois ; il ne discmitinua, en un mot, de mettre en pratique ces belles paroles par lesquelles commence son instruction sur les dépôtâ de mendicité : « Le soulagemaat de» hommes qui souffrent est le devoir de tous et l'affaire de tous. »

ï!n cela il eut de courageux imitateurs^ des auxiliaires nombreux. Cette époque est marquée par les plus grands désintéressements, par les piu^ grands dévouements. L'initiative privée éclate de toutes parts. La haute noblesse, hurnus quelques seigneurs, grands propriétaires, dont le système était de laisser leurs terres en friche, se met résolûment à la tète de ragricnlture, s'associe au tiers-état pour étendre les désséchenients, réformer les vicieuses méthodes de culture, multiplier les essais^ populaiiser les machines d'utilité et les instrument» aratoire» de nouvelle invention. Ce fut comme nn élan général^ primesautier, si vigoureux, qu^en dix ans seulement, de 1760 à 1770, les défrichements de la Bretagne et de nos provinces de l'ouest donnèrent à la culture plus de cent cinquante mille arpents de terre. Le marquis René de Montalembert, maréchal des camps et armées du roi, lieutenant géné-

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ral des provinces de Saintonge et Angoumois^ membre de Tacadémie des sciences et de la société d'agriculture de Paris, ftitur anii de Carnot^ se mettait en province à la tète d^un mouvement que suivaient les gens intelligents et dévoués au peuple. Eu 1770 et 1775 M. Angier^ fils ainé^ négociant à Charente, qui fut député aux états généraux, avec M. Etienne Augier^ de Cognac^ fait venir plus de trois mille tonneaux de froment qu'il verse à Rochefori, à Angoulème, à Limoges, et donne à quarante et cinquante sous par poche au-dessous du prix courant. Son zèle le pousse même à faire des crédits considérables aux meuniers afin qu'ils soient en état de fournir pins promptement les boulangers. Le comte de Montauzier £ût construire à sa terre de Salles, près de Saint^Maixent, un moulin économique qui lui permet de livrer les larmes à bon compte, en épargnant les frais de main d'œuvre. 11 suivait l'exemple de M. de Broglie qui en avait eréé un de cette espèce sur la Charente^ auprès de Ruifec. En Poitou, le baron de Lézardière refuse de recevoir une somme de trente mille livres, qui avait été imposée sur les possesseurs des fonds sujets au droit de boisselage, afin de Tindemniser des avances qu'il avait faites pour obtenir le rapport des lettres-patentes du mois de juillet 1769, portant établissement du droit de dîme au lieu de celui de bojàseiage dans le diocèse de Luçon. 11 écrit à T intendant d avoir à rendre aux colons du pays les cotisations quils ont déjà versées, ce qui est exécuté. Et les journaux de raconter avec enthousiasme : « Trente mille livres rendues aux

424 LA CHABBNTE RÉVOLUTIONNAIRE

avances de la culture, qu^on calcule le prix de ce bienfait! Trente mille livres libéralement employées à procurer une réforme très avantageuse aux campagnes^ qu'on apprécie le mérite de ce sacrifice, si Ton peut appeler sacrifice un acte qui ne coûte rien au grand cœur qui l'a fait 1 » Pendant les débordements de 1768, déjà M. de Lézardière avait payé de sa personne^ avec un courage aduiirubie^ pour répai*er le pont de Riés, fortifier la chaussée de Soulans, aux Sables-d donne, et boucher les ruptures qu avaient faites les rivières d^un côté^ et d'un autre côté la mer qui était précisément à son plein. Il était lié d^amitié avec Muleslitn bes et il achevait sa Tliéorie des Lois politiques de la Monarchie, lorsqu'il fut nommé procureur syndic du clergé et de la noblesse à rassemblée provinciale tenue à Poitiers, en 1787.

C'est enfin le marquis d'Ârgence qui érige un hôpital dans une de ses maisons et se met en mesure de guérir trois cents malades parannée. C'est le chevalier d'Âssîer, M. Sarcey de Sutières , le marquis du Peyroux , M. Turpin, ie vicomte de La Châtre, seigneur de Mons, près Coubé, agronomes opiniâtres, qui détruisent les bruyères, les luiices et les épines sous lesquelles le sol est étouffé, épierrent le terrain, le préparent, y font passer la charrue et prennent eux-mêmes le soin de diriger et d'instruire leurs ouvriers dont il font par leur patience, leur douceur, leur générosité des cultivateurs habiles, des serviteurs zélés.

De ce groupe d'esprits éclairés et bienfaisants se détache dans le demi-jour qui lui fait un cadre, la

INTBODUGTlOlf 425

ligure noble et compatissante de la duchesse d'Anville^ nom cher au pays. Née au commencement du xtiii* siècle, mariée en 1716, veuve en 1746, elle était arlière-petite-fiUe de Tauteur des Maximes, et fut la mère du duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld et de La Bocheguyoii^ qui mourut massacré sous ses yeux par les septembriseurs, douleur suprême réservée à ses 93 ans. Sans fausses grâces, sans précieux, vraie, naturelle et lacile à s'émouvoir devant toute infortune, devant toute injustice, la duchesse, par l'ascendant de son nom et de son intelligence, exerçait à Paris une influence légitime sur la société au milieu de laquelle son rang rappelait à vivre. Le sens de la révolution qui s^accomplissait dans les idées ne lui échappait pas; il y avait en elle un instinct libéral; elle le communiqua à son fils. Son hôtel était le rendez-vous des philosophes et des économistes. Elle fut la fidèle amie deTurgot; elle accueillit Âdam Smith et Arthur Young. Coadorcet l'a dessinée d'un trait rapide : « Supérieure à la superstition par son caractère comme par ses lumières, sachant faire bien avec activité comme avec courage, embeilissaut par une modestie sans iaste l'énergie de ses vertus, sa haine pour le fanatisme et l'oppression assurait aux malheureux une protectrice dont les obstacles et les lenteurs ne ralentissaient pas le zèle. » Elle le prouva dans Taffaire des Calas. Voltaire, écrivant à un de ses amis pour le prier d'intéresser madame d*Anville au procès de cette famille si atrocemeul cproiivée, a dit d'elle « Flattez sa grande passion, qui est celle de faire du bien. ,j»

^26 - LA CHAaJiKIfi ilh,VOLljIiOi\i\AlBE

En provinee, soit dans ses domaines de La Rœhe^

giiyon, soit à La llocliefoiicaald, à Verteuil, à Aigre, à Marsiliac^ elle aiaie vivre parmi les pauvres dont elle est la consolatrice et le soutien. Elle apparaît comitie un rayon qui jette de la clarté sur ces temps sombres et calamiteux; elle en adoucit râpreté. Son regard réfléchi, vigilant et profond s'arrête avec une pensée de sollicitude et d'obligation sur les misères infinies qui Tentourent. Â son passage, les pleurs sont séchés, le désespoir est calmé, la misère disparaît. Elle excite partout un sentiment de respect et de vénération. Les baux^ devenus trop lourds pour ses tenanciers, elle les déchire ; ses droits de miuage, elle en fait l abandon; elle habille ceux qui sont nus; elle donne du pain à ceux qui n en ont point, elle envoie des médecins aux malades^ elle occupe les gens valides; elle répand des charités immenses. Elle n'oublie rien, non plus, dç ce qui peut encourager l'agriculture, donner de l'occupation aux habitants et les faire subsister par le travail. Elle ouvre, à ses frais, de grands chemins qui relient La Rocheioucauld au Périgord^ à la route d'Espagne, à la Saintonge.

Elle adopte les nouvelles découvertes ; elle fait rédiger et distribue à ses fermiers des manuels où Ion expliquait en peu de mots les propnétés de. la pomme de terre, son usage et la façon de la cultiver. 4 Verteuil comme à La Rochefoucauld^ elle continue PoBuvre de son père. Elle essaie d'introduire Téducation des vers à soie. Ellecou vre ses parcs deplantations de mûriers, elle accorde par pied d'arbres une récompense fixe

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à tous ceux qui en planteront^ elle fait Tenir du Languedoc les ouvriers instruits qu'elle paie pour enseigner la façon d'élever les vers à soie ; elle accorde en outre une somme de douze lÎTres à quiconque lui présentera la plus grande quantité de soie dévidée et la plus belle^ et, de plus^ elle paie la soie à part^ délicatesse ingénieuse qu'elle emploie pour voiler ses aumônes. Ainsi^ quand elle donue^ quand sa main généreuse s'ouvre à Tindigence^ elle semble récompenser^ acquitter toujours un service rendu.

Lé duc de La Aochefoucauld^ son fils^ a sa place marquée dans le glorieux mouTemetit de 89. Député de la noblesse de Paris aux états généraux, il embrassa de bonne beure la cause populaire^ se réunit au tiersétat, parla eu laveur de la liberté indéfinie de la presse, du veto suspensif, de l égalité du partage dans les successions, de la vente des biens du clergé, et devenu^ sous la Législative, membre et président du département de Paris, il fit preuve d'une résistance non moins courageuse contre ceux même de son parti, et donna sa démission après avoir fait suspendre de leurs fonctions Pethion et Manuel, maire et procureur de la commune, pour leur conduite au 20 juin. Il avait été, en 1787, membre de l'assemblée des notables, et oboisi par le roi pour présider l'assemblée provinciale qui devait se réunir à Saintes, mais qui avorta par les rivalités des deux provinces de Saintonge et d'Âunis, réclamant Tune et l'autre une assemblée séparée. C'était l'heure où l'assemblée provinciale, instituée par Louis XYI à Limoges, venait d'être frappée d'illégalité par le parie-

428 LA CHABBNTB BSVOLUTIOlfNAIBE

ment de Bordeaux et suspendue d'après l'ordre de M. Meulan d*Âbloîs, Tintendant de la généralité

qui insinuait au ministre « que la pauvreté et les habitudes laborieuses des Limousins leur permettaient diiïicilement de quitter leurs travaux pour s'occuper d intérêts publics. » Cela n'empêcha pas l'assemblée de se réunir et^ après une session qui neduraque trois jours^ de s'ajourner au 25 novembre. Cette seconde session n'eut pas lieu ; elle échoua devant le mauvais vouloir et la résistance de l'intendant. L*éIection d*Angouléme^ dépeuplée^ plus que nulle autre atTaissée sous les taxes, n*ayant qu'une part minime dans les secours^ dans les diminutions de tailles que le roi accordait annuellement à la généralité^ ne sachant quel emploi on faisait de l'argent qu^elle donnait pour l'entretien de ses routes, de ses liopitauX;, cie ses édifices, demandait à s'appartenir, à être distraite du Limousin pour former un état provincial qui comprendrait, dans la même alliance, Co«^nac, Coui'olens, une partie de T élection de Saint-Jean d^Ângély, en un mot toutes les paroisses qui dépendaient de la sénéchaussée d'Angoumois et qui, depuis un siècle, avaient été éparpillées, dispersées sous les intendances des provinces limitrophes. On aurait adopté la l'orme des états du Dauphiné, reposant sur des assemblées à trois degrés : V assemblées de paroisse, 2" assemblées de district, 3" assemblées de la Province, — composées de représentants de tous les ordres, librement élus, et dans une propoi1;ion telle que le tiers-élat eût fait la moitié de l ensemble. Ces représentants auraient procédé à l'assiette, à la répar-

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tition, à la perception de Timpôt. ils auraient eu la pleine disposition des fonds destinés aux travaux

publics^ à l'avancement de l'industrie et de l'agriculture. Plus d'intendants^ plus de fermiers généraux^ plus d'assemblées composées de délégués du gouveriieinent, plus dUmposition uniquement répartie sur les roturiers, mais des contributions communes à tous les citoyen», égales pour tous, proportion gardée entre le plus et le moins riche. Ces demandes, ce yœu^ Ângouléme les répéta, lors qu'appelée en 1789 à élire des députés aux état-généraux, il lui fut donné de se reconstituer, par l'annexion des communes qui en avaient été détachées autrefois. L'assemblée constituante lui donna l'être^ la yie, en l'érigeant enfin en département. Â cette dernière transformation, nous gagnâmes encore CbalaiS) Barbezieux et bien d'auti*es paroisses.

49Ù Là. GHABBIIIB BÉ^SUmONNAIEB

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