‹ La Charite Privee a ParisChapitre 33 sur 39 · Fondée en 1S68 par le comte de Jay de Beaufort · texte numérisé non relu

Fondée en 1S68 par le comte de Jay de Beaufort

LE DORTOIR DES HOMMES

cette hospitalité? Comment pourvoit-elle aux nécessités qui l’assaillent et qui en 1883 ont exigé une dépense de plus de 132,000 francs? Comme tant d’œuvres dont j’ai déjà parlé, par la charité. Il faut lire la liste des donateurs, elle est instructive : toutes les classes du monde parisien y sont représentées, tous les chiffres s’y côtoient; ici 2,500 francs; là, 1 franc, « par un expensionnaire; )) plus loin, 50 centimes, « en souvenir d’un ancien bienfaiteur. » Paris donne et Paris continuera à donner, car l’œuvre est à la fois de secours pour les malheureux et de préservation sociale.

Quelquefois les dons révélent un caractère de munificence qui rappelle les largesses royales. Le 22 février 1884, M. Charles Garnier reçut le billet que voici : « Mon vieil ami, peux-tu venir aujourd’hui? Je voudrais causer un peu de l’Hospitalité de nuit, ayant l’intention de lui être agréable. — Meisso.nier. » Pour célébrer son jubilé, c’est-à-dire sa cinquantième année de peinture et de gloire, M. Meissonier va exposer tous ceux de ses tableaux qu’il aura pu réunir. Ce sera une fête pour l’intelligence, pour l’art, pour le goût. La foule se portera à cette exhibition des chefs-d’œuvre d’un maître qui se verra entrer vivant dans la postérité. M. Meissonier réserve pour les pauvres de la commune de Poissy, où il a sa maison de campagne, le cinquième du produit des entrées; il abandonne le reste à l’Hospitalité de nuit. Si, grâce à cette libéralité , que l’empressement du public rendra considérable, une quatrième maison est ouverte dans Paris, je sais bien quel nom je lui donnerais. L’art et la charité vont bien ensemble et grandissent singulièrement celui qui, en les pratiquant, fait servir l’un à l’expansion de l'autre 1.

1. M. Meissonier a remis à l'Hospitalité de nuit la somme de 34,267 fr.

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