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LA VERTU SE CONFOND AVEC L ARGENT

Quand il rentra pour dîner, Duhamel trouva sa femme seule à la maison. Elle fut extrêmement tendre, et, à la tenir contre lui, avec son corps élégant, ses jolis gestes, ses cheveux blonds, ses yeux clairs, il sentait sa peine s'évaporer. Pàen ne demeurait du triste mirage. Il pousserait lui-même à l'union de Bizot et d'Alice. Il oublierait. Mais pourquoi songer en ces bras d'amoureuse, ces lèvres aux caresses longues, ces yeux qui à la fois osent regarder et se ferment à demi dans une pudeur ravie. N'est-ce pas tout l'amour et toutes les délices.

Duhamel, comme presque tous les hommes, avait ce que l'on a très justement nommé la « grâce d'état », un grand aveuglement pour ce qui regardait sa femme. Cette grâce est au fond la même que celle du ministre pour son administration ou du chef de bureau pour son commis principal. On lui doit le mot de Lebœuf sur « les boutons de guêtre », et le « cœur léger » d'Ollivier.EUe sort d'une paresse et de l'idée de protection et de responsabilité qui se re-

îourne contre le protecteur et le responsable. Il est [)lus facile en effet d'adopter les actes du subordonné (pic de les diriger. D'ailleurs, dans un ménage, la ioinme se trouve en rapport avec des besoins très variés, très soumis à l'aléa, aux fluctuations de la mode ou à la diversité des êtres. Qu'il s'agisse d'acheter un beefsteak ou un chapeau, aucun principe -fable ne peut vous conduire, et le maniement des domestiques présente des difficultés que le monde tnitier a reconnues. Un mari se heurtera toujours à cette espèce de désordre qui n'est en somme que la nature des choses. Il aime l'abstraction, le gouvernement, des règles sereines. La femme lui donne tout cela en échange de la confiance. Elle lui laisse ignorer la petite bataille des intérêts vulgaires, la icvolte des domestiques, l'attitude du monsieur insolent. Lui s'habitue à croire par mollesse et finalement croit par esclavage. La plus sotte à la longue, hii paraît avoir des qualités que le reste du monde iunore. Si quelque défaut éclate souverainement, il l'admet et l'excuse.

Duhamel avaittrente ans quand il épousa M"'Hude. Une liaison avec une femme mariée qui ne voulait pas du divorce expliquait ce retard. Deux enfants nés de cette liaison étaient morts en venant au monde et la femme, malade à la suite de ses deuxièmes couches, avait langui plusieurs années avant de s'éteindre. Duhamel lui demeura dévoué jusqu'à la fin. L'amour, d'ailleurs, tenait moins sa vie à cette époque que le travail qui devait le conduire à la fortune, ses éditions d'Atlas géographiques dont le succès allait croissant.

Sa maîtresse morte, après deux années de deuil, il s'était retrouvé, tout jeune de cœur, en possession de la richesse et ambitieux d'une gloire nouvelle, la gloire d'une vie consacrée au bien général. Il avait alors rencontré M^''' Hude, pauvre fille d'un fonctionnaire, mais d'une beauté et d'une élégance affolantes.

Les Hude représentaient très exactement la demibourgeoisie élevée par la petite bourgeoisie marchande jusqu'au fonctionnarisme ; la mère luttant avec une ardeur jamais défaite pour paraître au-dessus de sa fortune, et, délirante de joie à la beauté de sa fille, se mettant à ce rôle terrible que notre société a porté au premier plan et qui tient de l'entremetteuse et de la Cornélie des Gracques. Car il y faut au suprême degré ce que les Romains ont appelé la vertu, l'ambition. M"' Hude se plia avec le génie de sa caste à tout ce que voulut sa mère. Elle s'arma de quelques arts d'agrément, obtint son brevet supérieur avec cette facilité des âmes esclaves qui subissent l'instruction sans en être pénétrées; mais surtout elle s'entoura des armes terribles de la femme, de toilettes exquises, de mouvements gracieux, de chic, de tout ce que la mode prête de force symbolique à la beauté féminine.

Le courant qui porte les éléments sociaux de la périphérie vers le centre, qui mène, de génération en génération, les couches populaires^vers l'aristocratie, ce courant servait de guide moral à M""" Hude et à sa fille. Il sert de guide moral à l'immense majorité des hommes et tient le monde debout. Tant qu'on n'aura pas établi de nouvelles hiérarchies, la

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vortu se confondra socialement avec l'argent. S'enl'ichir est la forme pratique de cette espèce de bien (jue toute société enseigne et exige. Et voici bien ! aspect sous lequel la nature, l'impulsion générale (lo Tunivers, s'oppose à l'être comme aux civilisalions. L'argent ne représente que l'état des choses^ l;i tendance à persister dans une structure acquise; la force universelle détruit la stucture acquise pour une structure plus élevée. La pensée combat l'aruont ; l'argent résiste à la pensée. Ce que nous nommons un être apparaît le résultat de ce conflit. Un rhinocéros, un hippopotame, un éléphant sont d'admirables types de bêtes d'argent. Ils se sont enfoncés dans le cul-de-sac de la défense, immobilisés dans leur grande taille, leur peau armure, leurs défenses ut'antes. Le monde ne leur a pas appartenu; il appartient à une bête petite, nue, délicate et facile à tuer, une bête pauvre en tant que bête. C'est ainsi que tout l'avenir bouillonne au sein du peuple.

Pour M"" Hude et sa fille, créatures encadrées, •ans liaison avec le futur des penseurs, la marche \('rs la richesse devient donc une simple fatalité et lient lieu de conscience. Cependant, leur lutte pour arriver, cet efTort de la petite bourgeoise qui doit représenter l'idéal de l'homme d'argent afin d'être choisie par lui, les élégances, les séductions, les illusions encore abondantes et qui entrent dans la toih'tte comme dans la vie, qui se manifestent autant par quelques curiosités dans l'intelligence que par I le petit excès de luxe à quoi l'aristocratie purement I conservatrice ne songe plus, tout cela crée une sorte d'iih'^alisme assez émouvant. M"' Hude n'est qu'une

prêtresse du Veau d'Or, mais le Veau d'Or a des rites^i exquis, de pompeuses cérémonies parmi l'étroitesse j de la foi.

Duhamel subit le charme. Il avait lui aussi marché vers l'argent. Par tous ses instincts de petit bourgeois enrichi, il fut capté. La jeune fille n'apparaissait point sotte, instruite, teintée de littérature et d'art, belle de la beauté la plus moderne. Il n'était alors qu'au début de sa nouvelle existence ; tout en rêves, très loin de cette pratique des choses de la vie morale qui devait le porter dans la suite au delà de tout simulacre. Le désir égoïste défaire le bonheur d'une pauvre fille le tenta.

Elle eut toutes les habiletés qui sont une intelligence dans sa caste ou qui suppléent à l'intelligence. Même, elle s'oublia: elle se crut une minute l'admirable compagne d'un homme de pensée. Grisé de sa chair, du parfum de sa chevelure, de ses robes mystérieuses, il la posséda avant le mariage sans savoir^ qu'il devait cette aventure à M™' Hude. Pareil abandon qui dégoûte un véritable bourgeois sembla à Duhamel une forme noble de confiance et d'oubli de soi. Non seulement il épousa cette maîtresse, effrayée délicieusement de son joli crime, mais il garda la gratitude qu'elle eût couru pour lui de si grands périls.

Longtemps après le mariage, la jeune femme en faisait encore un argument irrésistible. D'ailleurs,! ils eurent des débuts heureux. Le triomphe versa ses fleurs impalpables sur M""'' Duhamel. Elle se plongea toute entière dans le luxe du cabinet de toilette modem style^ de la salle de bain avec douche, de deux

lions et d'une vaste salle à manger dont elle put ( lioisir rameublement, du splendide service de table, (les deux femmes de chambre et de la cuisinière, des -ix mille francs par an destinés à ses robes. Duhamel put la posséder ravie, légère, spirituelle, avec la passion que donnent à l'homme les transformations rapides de la femme, les caprices satisfaits, les pâmoisons de l'orgueil féminin qui ressemblent tellement à des pâmoisons d'amour.

Il ne savait pas alors, il ne sut que plus tard, l'ombien sa volupté était la joie sauvage du soldat .jui viole une patricienne vaincue, et que sa femme ('tait le symbole des dominations sociales dont il «'tait, lui, l'esclave.

D'ailleurs, le bonheur de M"'*' Duhamel n'eut point de durée. Elle se lassa avec une surprenante rapidité dans sa fortune nouvelle, et ambitionna d'atteindre les couches de la haute bourgeoisie qui confinent à la noblesse. Ce ne fut pas conscient en elle. Elle obéissait toujours à la force irrésistible de centralisation. Le blasement en est le mécanisme simple et sûr. Il suffit à la tâche d'abêtir la petite bourgeoise intelligente à la mesure de la haute bourgeoisie. L'effort ne porte plus que sur les objets hors d'atteinte, et ces objets sont de moins en moins naturels, de plus en plus sociaux. Le jour vient oii la jouissance est de vanité pure. ^1°"° Duhamel, dans la pratique du confort, cessa d'y trouver aucun plaisir. Elle ne rêva point de nouveautés en ce genre, car la nouveauté appartient aux créateurs et exige qu'on tâche et qu'on souffre. Elément tout passif, la jeune femme suivit la pente de la facilité. Elle aspira à la

sécurité de plus en plus grande, l'isolement, la solide carapace de mépris oii l'on se réfugie contre la menace du populaire inquiet et belliqueux. Toutes les belles choses qu'elle possédait ne lui donnaient pas cette superbe tranquillité qui vient du respect pour la richissime femme de banquier ou mieux encore pour la marquise millionnaire.

Ainsi ce qu'on appelle la montée vers les hautes classes n'est qu'une paresse à vivre, une marche à l'anéantissement, un mode de suicide.

Il y parut. M""" Duhamel cessa de s'intéresser aux choses de l'esprit qu'elle avait cultivées en vue du fiancé, elle cessa d'avoir cette adresse qui supplée à l'intelligence et qui nait de la lutte contre des obstacles, de l'inquiétude du lendemain ; elle cessa d'avoir cette sympathie pour les travailleurs qui vient d'une assimilation égoïste mais féconde. Ses auteurs favoris, jadis abrupts et géniaux, devinrent de doux sceptiques, spirituels et pleins de goût. Elle pencha vers Fart exquis, vers la perversité élégante, les petites roueries et les petites rosseries gentiment abominables.

Duhamel s'apercevait à peine de cette lente transformation. A part quelques essais encore timides de M'"" Duhamel pour obtenir une voiture, quelques critiques contre son système financier, et une tendance à la dévotion, il la voyait telle qu'aux premières heures et s'épouvantait à l'idée de la trahir, même en esprit pour Alice.

Lui aussi avait subi les effets terribles de la richesse, mais atténués par ses préoccupations civiques et morales. D'ailleurs, il avait, avant son ma-

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I iagc, organisé fermement sa vie, afin de se prémunir contre toute faiblesse. Des quatre-vingt mille lianes par an qui constituaient son revenu, il en nllribuait environ cinquante mille à des œuvres div(Tses. Ses ateliers de reliure et de brochage, son i iuprimerie,sa maison d'édition étaient montés sur un pied unique. Ses commis et ses ouvriers, en nombre assez restreint, touchaient un salaire quintuple de ce ([u'ils auraient touché ailleurs. Malgré ces précautions prises contre les reproches de sa conscience, Duhamel n'était pas tranquillle et, s'efforçant de \ ivre avec simplicité, il multipliait ses efforts en conférences, articles de revue, subventions aux journaux pour aider aux progrès de l'humanité et (M)ur grandir son âme.

Après sa brusque déroute, cette passion pour Alice, décelée en foudre et qui l'épouvantait, il se sentait amolli devant sa femme, heureux de penser qu'elle serait assez puissante en charmes pour l'aider à vaincre la mauvaise tentation.

Justement, toute cette soirée, elle garda son sourire et sa bonne grâce. Elle prêta au baiser ses élégances, chuchota des naïvetés d'enfant qu'on réveille. Il en eut de la gratitude. Elle le vit, elle en profita. Mot sur mot, la question du coupé fut mise en avant. Elle prétendait se fatiguer beaucoup et surtout souffrir affreusement de la vulgarité des fiacres, des omnibus:

— Tu sais quelle sensitive je suis. Un rien me bouleverse. Et c'est affreux, vois-tu, ces fiacres, ces omnibus sentant mauvais, ces cochers, ces conducteurs mal élevés, et les butors de voyageurs qui vous

marchent sur les pieds... Ma journée est perdue, je me sens petite, écrasée, humiliée... Pour une nature sensible, et, enfin, pour ta petite chérie, ces frôlements sont insupportables. Gomme je serais bien, au contraire, dans mon coupé, mon petit boudoir roulant, séparée du monde brutal et détestable.

— Mais enfin, pourquoi y es-tu toujours dans le monde ?

— Je m'ennuie sans cela... Quand j'étais petite... Hein tu aurais bien voulu me connaître... Une jolie petite gamine, et déjà une silencieuse, une souffrante. Eh ! bien, mon chéri, quand j'étais petite, j'aimais être parmi beaucoup de monde que j'écoutais, sans causer moi-même, rencoignée dans un fauteuil, présente à la fois et absente et c'est la même chose aujourd'hui. Même sans aimer le contact de la foule, je ne déteste pas son agitation autour de moi.

— Prends donc ce plaisir. Quant au coupé, c'est impossible, il faut te résigner... Ta toilette, tes petits caprices, tes dépenses, c'est dix mille francs

Je ne puis faire plus. Sois raisonnable, sors moins, prends plus de joies intimes... Ou bien, économise sur ta toilette les cinq mille francs qu'il faudrait au minimum.

— Mon petit ami, chacun ses péchés. Je sais que je te fais de la peine ; mais, vois-tu, la toilette me rend folle. Il me la faut, et toujours et encore. Je t'assure que je suis raisonnable ; si je m'écoutais, ça n'en finirait plus... Ne nous disputons pas là-dessus. Tu es un amour, mais tu ne comprends rien à ces passions de femme... Non, tais-toi, tu n'y comprends

rien. Je t'aime mieux comme cela d'ailleurs, tu es mon beau sauvage. Je suis fière de toi et ne voudrais pas te changer. Seulement, tu sais que je te trouve héljôte pour certaines choses... Admirable aussi... Oh ! oui, tu es le meilleur des hommes.

Elle pleura. Duhamel la caressa doucement, ne \ oyant plus en elle qu'un enfant. Elle continua :

— Naturellement, c'est toi qui as raison... tu dois avoir raison... Moi je suis une avare. Tout pour nous <leux... Ah ! si je devais régler tes comptes à l'ate- VwT, je ne serais pas généreuse. Tu me pardonnes rola ? Une femme n'a que son amour ; elle veut lout pour les siens, rien que pour les siens.

Une ombre parut sur le visage de Duhamel, cette contrariété rapide à naître qu'on trouve dans les ménages où de certaines questions sont vétilleuses.

— Ca vient de belle-maman, chérie. Tu ferais mieux...

— De me taire. Je sais que je ne suis rien. Je n'ai pas d'enfant, je suis méprisée, humiliée. Jamais I'' n'ai vu de comptes. On me refuse une satisfaction 1 moi, et les ouvriers, les commis s'en vont avec vingt mille francs de plus qu'ils ne toucheraient aill<'urs. Vingt mille francs au moins !

— Ne parlons plus de cela. Cependant, je ne crains 'as de l'avouer, mes ouvriers touchent à peu près inq fois le salaire qu'ils auraient ailleurs, et de ouvoir leur payer cela, vois-tu, c'est un de mes »lus grands bonheurs en ce monde. Je n'en démor- Irai jamais. Toute lutte est inutile.

— Eh bien, je suis heureuse de n'avoir pas d'en- 'ut. Pour les voir frustrés !

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Duhamel pâlit.

— Ne dis pas cela. Dis-moi au contraire que tu serais heureuse de me donner un enfant. Dis-le moi, je t'en prie. N'est-ce pas la grande preuve d'amour, Henriette ?

11 y mettait plus de chaleur que d'habitude. Elle le regarda, inquiète :

— Tu sais bien que le médecin...

— Oui, chérie, et j'en suis navré.

Il la saisit dans ses bras.

— Oh ! le bonheur que ce serait, ma chérie, d'avoir un petit... Mais rien n'est désespéré. Ne te désole pas.

Elle ne se désolait pas, elle s'étonnait seulement, et même elle s'apitoyait quelque peu. Encore sa^ pitié ne dura guère :

— Je ne suis pas forte, et à m»on âge, le danger... Voyons, est-ce que nous ne sommes pas bien ainsi. Tu veux donc m'enlaidir !...

Agacé, il répliqua :

— Ne me dis pas ça. J'aimerais avoir des enfants, tu le sais. Rien ne me ferait plus de plaisir. Je n'admets pas que cela enlaidisse d'ailleurs. La stérilité enlaidit aussi ; elle provoque des tas d'infirmités. Tu ne serais pas plus misérable d'avoir un enfant ou deux que tu ne l'es de tes vapeurs, de tes affreuses congestions...

— Joli tableau ! .

— Naturellement, il n'entré pas en moi l'idée d'ur reproche. Je t'aime comme tu es, très belle, trè^ jeune, très charmante... Seulement, je crois qu'ui enfant te ferait plus de bien que de mal.

LA CHARPENTE ot

Elle le regarda, effarée, troublée, dans cette faiblesse instinctive oii la femme hésite entre la forte inpulsion de la maternité et la crainte ; puis elle îaissa les yeux, elle fut toute rose, murmurante, -aniirlotante :

— Oui, oui, je le voudrais.

Leurs lèvres se prirent. Elle se pâma doucement (»us le baiser, et tandis qu'il sentait cette chair iède sous sa main, il s'attendrissait, il aurait voulu ui donner une voiture afin qu'elle ne meurtrit point e corps délicat où toute sa joie, tout son orgueil

homme s'apaisait royalement.

Mais, là comme toujours, comme partout, le prolôme moral tenait closes les portes de l'attermoielent. Le monde devait être bon et beau ou ne pas ti'e. IMutôt la robe du moine que les voluptés lâches

s monarques soumis à leurs maîtresses.

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