‹ La charpenteChapitre 7 sur 34 · I.A CllAIlPENTE · texte numérisé non relu

I.A CllAIlPENTE

t, le sort lui volant l'amour, il semblait qu'il lui ohit aussi la subtile élégance des plantes.

Ijizot demeurait interdit devant cette femme pâle lont les yeux le troublaient. Une sensation bizarre 8 diminuait devant elle jusqu'à n'être plus qu'un >etit garçon résigné à ne pas comprendre ou à com- )rendre plus tard. Il dit son vœu avec une réelle lélicatesse, un méritoire effacement dont Alice fut mue. Elle savait trop Timpossibilité d'être à |)uhamel et la nécessité d'être un jour à quelqu'un. I^ourquoi pas à Bizot. Ame simple et bonne, corps [obuste et sain, elle aurait de lui de beaux et bons nfants, tout ce qu'elle voyait à cette heure dans le iiariage. Mais tout de même elle eut Fhorripilation

ue cause Vétrange7\ celui qu'il faut subir, qu'on n'a •as choisi. Elle recula en pensée.

— Je voudrais, dit-elle, attendre toute une année.

— Avant de prendre une décision ?

— Avant le mariage. Je voudrais que nous nous onnaissions bien d'abord. Que nous ayons eu le .*mps de devenir des amis.

Bizot n'était pas l'homme qui redoute les longs réliminaires.

— Ce que vous exigerez, mademoiselle, je m'y Dumettrai. La seule chose qui me tienne au cœur st la certitude que vous consentirez à devenir ma }mme... Oh ! je vous vois digne de n'importe quelle ipreuve, mais j'ai trente-six ans, je suis pressé

avoir une famille. Si vous jugiez tout à fait imposable notre union, je vous saurais gré de me le dire, •u moment que vous m'offrez une espérance, j'attenrai. Je suis patient. J'ai cette qualité-là. Je ne suis

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pas dur non plus et je vous aimerai, je désirera votre bonheur de toutes mes forces. Pour le reste j( ne demande pas mieux que de me laisser voir te que je suis ; rien d'un aigle, mais bon cœur et de h justice. Voilà.

Alice vit en ces paroles tout ce qu'elle désirait d'abord le temps gagné, puis la douceur de Bizot, le certitude qu'il n'exigerait pas d'elle une passion im possible ni même les apparences de cette passion mais qu'il se contenterait de l'amie dévouée, de h bonne mère. Ils passèrent ensemble leur premièn heure de fiançailles, tandis que le crépuscule tombait doucement sur leurs pensées. Les arbres euren toutes les beautés qu'ils prennent à ce moment di jour, devenus des voiles fins sur l'ardeur du ciel. E Bizot se sentit une âme adorante sous le grand bon heur. Alice n'avait que la stupeur du mauvais rêve Un lilas ouvrait ainsi ses fleurs mauves parmi le: feuilles tendres, tandis qu'un arbre, tout à côté n'avait pas un bourgeon, demeurait sec et hérissa comme en hiver : peut-être môme ne devait-il plui jamais ouvrir ses mains de squelette à la vie tremblante des feuillages.

Quand Duhamel apprit l'événement, il s'efl'orça d» l'accepter. 11 laissa passer le lundi suivant sans re voir les Delafon. 11 lutta. 11 parvint à empêche, toute velléité hypocrite de courir sous mille pré textes près d'Alice. La passion sommeilla dans S! poitrine, anéantie parles sentiments de justice. Seu persistait encore invinciblement, comme la voi: d'une servante de Molière ayant des droits, le rêve le désir d'avoir des enfants d'Alice. Ce désir était l

Icrnière porte que la passion se réserve toujours, [)(U'te clouée, condamnée mais qui existe. On renonce avec moins d'amertume aux choses demeurées acces- -;ibles. Duhamel pour permettre que les fiançailles l Alice avec Bizot ne fussent point troublées, se préparait à un long voyage, quand un incident ! "arrêta.

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