LES IDÉES DIRECTRICES DE LA CHARTE DU TRAVAIL
Le « document mussolinien » publié il y a un an à Rome, et dont tous les organes du fascisme ont célébré l'importance, se propose de résoudre la question sociale par des méthodes toutes nouvelles.
Rejetant à la fois les solutions purement individualistes de l’école libérale et les « promesses dorées » de l’école socialiste, prenant hardiment en mains la question des rapports entre le capital et la main-d’œuvre, le fascisme prétend concilier les divers facteurs de la prospérité nationale.
En effet l'Etat libéral, persuadé que les phénomènes économiques sont régis par des lois naturelles auxquelles il est inutile de s'attaquer et que l’on doit subir parce qu’elles sont inéluctables, se désintéresse en principe des faits sociaux. Les individus agissent à leur guise et selon leur propre intérêt.
Le socialisme, au contraire, proclame la nécessité de l'intervention de l'Etat dans toutes les manifestations de l’activité économique. Au lieu de placer au
premier plan les intérêts individuels, il assure que
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seuls les intérêts de la collectivité sont respectables. Visant à l'égalité des individus, il exige la suppression de la propriété privée.
L'exposé qui va suivre montrera combien le fascisme est éloigné à la fois de l’un et de l’autre systèmes.
Deux principes fondamentaux résument tout le document:
1° La subordination du droit et de l'intérêt individuel au droit et à l’intérét général. La nation italienne passe avant tout. Nulle activité ne doit s'exercer dans l'Etat qui ne tende au développement de sa puissance, encore moins ne peut-on tolérer les agissements qui seraient de nature à porter atteinte à la prospérité du pays: « Tout est dans l'Etat, rien n’est en dehors de l'Etat et surtout rien n’est contre l'Etat » (1) ;
2° La solidarité et l'égalité juridique des employeurs et des ouvriers représentés par leurs organisations syndicales vis-à-vis de l'Etat. Les facteurs de la production ne doivent plus continuer leur lutte incessante et le plus souvent stérile. Leurs intérêts respectifs en souffrent aussi bien que l'intérêt national. La Charte du Travail institue les organismes qui assureront pratiquement la garantie de leurs droits.
(4) Mussolini à la tribune du Sénat; Carlo Colombo, op. cit., p. 203 et suiv.