‹ La charte-vérité, ou, Le monopole universitaire devant les chambres; resumé de la question de l'enseignement au point de vue constitutionnel, par un français ami de la charteChapitre 30 sur 46 · DESTRUCTEUR DE LA RELIGION ET DES LOIS · texte numérisé non relu

DESTRUCTEUR DE LA RELIGION ET DES LOIS

Les accusations universitaires contre le Monopole destructeur de la Religion et des lois peuvent se réduire à sept : Il est absurde jusqu'au délire. — C’est un pamphlet anonyme signé d’un nom qui est un mensonge. — Il calomnie l’Université en confondant ses professeurs avec ceux du collège de France et quelques autres encore. — 11 n’attaque l’enseignement de l’Université qu’avec des citations empruntées aux cours des facultés , dont la dignité et X indépendance sont garanties. — Ses citations sont presque toujours altérées ou falsifiées. — 11 insulte avec rage tout le monde , et jetant la boue à pleines mains sur tous les hommes dont la France apprécie le talent , il les accuse de tous les crimes et de toutes les bassesses. — Enfin MM. Michelet et Quinet l’ont de plus, dans leurs cours, sapé par sa base : Des Jésuites.

Ainsi on nous conteste 1° le sens commun ; 2° notre nom d’éditeur; 3° le savoir nécessaire pour discerner entre les professeurs qui appartiennent ou n’appartiennent pas à l’Université; 4° la bonne foi qui devait distinguer entre l’enseignement des facultés et celui des collèges ; 5° la probité ; 6° la politesse et le bon goût , cette fleur d’urbanité française dont Pascal dans ses Provinciales , et Voltaire dans la plupart de ses œuvres, nous ont donné de si parfaits modèles , et que l’Université , qui a choisi ces deux grands hommes pour ses premiers maîtres, s’efforce avec un si heureux succès dans ses journaux et dans ses livres d’inculquer à tous ses élèves ; 7° la raison dernière , ou le but de tous nos raisonnements.

Telles sont les accusations formulées contre nous par les professeurs et les journaux du monopole. La plupart sont également portées,

comme on le verra, contre les Evêques qui ont signalé aux fidèles, selon les prescriptions de leur conscience et des souverains Pontifes, les pâturages empoisonnés de l’enseignement universitaire , et aussi contre les journaux qui ont réclamé avec énergie la liberté de l’enseignement promise par la charte. Si ces accusations sont fondées , comme ils l’affirment, nous avouons que nous ne comprenons pas, et beaucoup d’autres avec nous, que l’Université se soit mise en si grand émoi contre de si faibles et de si maladroites attaques, qu’elle ait cru nécessaire de pousser au combat tous les gens de sa livrée pour se défendre contre un si misérable ennemi , et que M. le grandmaître , après avoir fait battre en retraite son projet de loi , fruit de si laborieuses et de si longues études , en soit venu à déployer contre nous , avec tout le calme du plus rare sang-froid , le grand étendard de la circulaire, et toutes les secrètes combinaisons, toutes les ressources de la savante stratégie de son royal et tout-puissant conseil. Corps aussi illustre, institution aussi incomparable, comment a-t-elle pu méconnaître à ce point les conditions du courage, et s’oublier jusqu’à descendre à un tel adversaire? Comment a-t-elle pu commettre dans un duel avec lui sa sagesse , sa dignité , la sublime hauteur de son administration, sa science , ses grâces, son orthodoxie et sa légalité? C’est un mystère, qui aux yeux de bien des gens pourrait à toute force former envers nous un préjugé favorable.

Nous ne comprenons pas non plus , comment de tout le monde insulté par nous avec rage, de tous les hommes dont la France apprécie le talent et que nous avons calomnieusement accusés de tous les crimes et de toutes les bassesses, il ne s’en soit pas trouvé un seul , ayant assez à cœur la gloire d’un bon renom, pour nous traduire en police correctionnelle comme calomniateur, ou diffamateur tout au moins. Nous nous étonnons même que sur près de cent professeurs indignement outragés ou calomniés par nous , aucun, pas mêmeM. F. Genin, n’ait entrepris ce que le docte professeur de la faculté des lettres de Nancy , rédacteur du National et résidant à Paris , vient de faire dans l’intérêt d’un opéra comique dont il était l’auteur , et qu’on s’était permis de diffamer. C’est encore un double mystère que plus d’un avocat mal pensant serait

capable de regarder aussi comme un second el troisième préjugé en notre faveur.

Enfin de graves personnages sont à se demander comment M. le garde des sceaux, ayant, sur les instances de son collègue de l’instruction publique, menacé, dit-on, dans une circulaire intime, du conseil d’état el de la police correctionnelle les Evêques de France, s’ils s’avisaient, pour obéir à leur conscience, de se rendre coupables d’un délit semblable à quelqu’un de ceux qu’on nous reproche , l’on nous a épargné à nous-même un si facile moyen de réfutation. Ils vont même jusqu’à faire de cet autre mystère un quatrième préjugé tout à fait concluant pour notre innocence.

Ces préjugés , légitimes ou non , nous aideront du moins à aborder sans trop de crainte et à discuter , l’une après l’autre , les accusations que les défenseurs de l’Université ont daigné porter contre nous.

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