‹ La charte-vérité, ou, Le monopole universitaire devant les chambres; resumé de la question de l'enseignement au point de vue constitutionnel, par un français ami de la charteChapitre 32 sur 46 · DEUXIÈME ACCUSATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ACCUSATION

Notre livre est un pamphlet anonyme , signé d’un nom qui est un

mensonge.

Cette accusation est de la Gazette spéciale de l’instruction publique , de la Revue indépendante, de la Revue Hachette, du Correspondant , du Rhône, etc. Le National de M. le musicienprofesseur Genin ajoute que notre libelle est notoirement Tœuvre collective du parti , et la Revue des deux mondes de l’Italien M. Libri-Bagnano, qu’il est V œuvre collective de la congrégation.

Nous n’avons ici que quelques mots à répondre : pamphlet signifie une brochure de quelques feuilles ; libelle , un livre de peu d’étendue : le nôtre a 700 pages. Ces mots pris en mauvaise part

veulent dire : tissu d’injures et de calomnies : or, toutee qu’ensemble , et dans les transports de leur zèle pour la vérité et la politesse , l’Université et les défenseurs de ses sinécures nous reprochent en ce genre , en le supposant vrai , ce que nous sommes loin d’accorder, ne forme pas, réuni, deux pages de l’énorme et terrible volume, comme nous le verrons bientôt.

Quant à notre demi-anonyme , qui ne l’était pour personne , il a été levé par nous-môme au grand jour de la publicité , et nous répétons ce que nous avons déjà dit, qu’en éditant le Monopole universitaire , en vertu des droits que la charte confère à tous les citoyens français , nous n’avons obéi ni à la congrégation , ni à un parti quelconque , ni au clergé , tous également et tout à fait étrangers à notre livre , mais à notre conscience , et à la conviction de toute notre vie. Nous ajoutons que notre nom est une vérité plus vraie que ne l’est la charte et aussi la liberté aux mains de l’Université et de ses défenseurs, et que tout ce que nous avons écrit dans notre avis de l’éditeur est exact.

Du reste, qu’importent les noms d’auteur ou d’éditeur du Monopole , fussent-ils des noms de jésuites? Si l’on est de bonne foi , qu’on examine leurs raisons ; les noms n’y ajoutent ni n’en retranchent rien ; et qu’on réponde autrement que par des déclamations et des menaces. Proscrire un livre qui ne s’appuie que sur la charte et les lois , dont 600 pages se composent de citations cl de faits notoires , liés par des raisonnements clairs , suivis , incontestables , sur une des questions les plus importantes des temps modernes , que l’Amérique , la Suisse , la Belgique , l’Angleterre, récemment encore, ont résolu dans le sens du livre, qui est celui de la liberté des cultes, de la liberté de conscience, sous les rapports constitutionnels et civils ; le proscrire en donnant à son éditeur sans preuve , sans motif, contre la notoriété publique, des qualifications qu’on regarde soi-même comme injurieuses, quoiqu’elles ne signifient et ne puissent signifier aujourd’hui qu’un mode d’être de la conscience avec et devantDieu, auquel personne n’a rien à voir et que la liberté approuve et autorise; ameuter à l’entour et à l’aide de ces qualifications calomnieusement présentées toutes les passions les plus basses , toutes les

haines les plus sauvages, est un anachronisme indigne d’une époque de civilisation et d’une ère de liberté. C’est nous faire rétrograder à 93 , à la carmagnole , à une nouvelle loi des suspects ; c’est crier el faire entendre aux plus sourds qu’on n’a rien de raisonnable , rien de légal à opposer à ce livre ; c’est se condamner soimême et le recommander de la manière la plus énergique et la plus favorable à tous les hommes de foi , de sens et de cœur.

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