‹ La charte-vérité, ou, Le monopole universitaire devant les chambres; resumé de la question de l'enseignement au point de vue constitutionnel, par un français ami de la charteChapitre 37 sur 46 · CS TEXTE FALSIFIÉ · texte numérisé non relu

CS TEXTE FALSIFIÉ

Après la réclamation de M. le grand-maître en activité de service , en vient une autre d’un de ses plus célèbres prédécesseurs , de l’ex-grand-maître , directeur maintenant de toutes les chaires de philosophie de France. — Nous avons cité, dans le Monopole universitaire , et nous aurions pu en multiplier le nombre indéfiniment , plus de cinquante passages de M. Cousin , et même des leçons entières , contre le Dieu du christianisme et du monde que le docte professeur abjurait, contre Jésus-Christ et sa divinité, contre la création et la rédemption de l’homme, contre toute foi et contre tout culte positifs , contre la liberté même et des peuples et des individus, et contre la moralité de leurs œuvres, etc., etc. , enGn contre l’existence même d’un Dieu distinct de l’univers. Nous avons démontré jusqu’à la dernière évidence, et en fortifiant même notre démonstration de celles de professeurs de l’Université sur le même sujet, le panthéisme de la philosophie de M. Cousin, de la

philosophie de ses principaux disciples professeurs, de la philosophie imposée pendant de longues années et sans doute encore à l’école normale et aux collèges de la France entière par les professeurs sortis de cette célèbre école , et par le Manuel de philosophie approuvé , pour tous les collèges royaux et communaux , par le conseil de l’instruction publique.

Or, de toutes ces citations , une seule a été contestée et avec un retentissement et un luxe d’épithètes ou de substantifs de choix (jue nous regardons comme fort honorables. Cette citation est pourtant une des plus courtes , des moins saillantes comme blasphème , et nous ne l’avons répétée dans le Monopole que parce qu’elle l’avait été ailleurs et dans les articles du Réparateur, sans réclamation de personne.

« J’ouvre, nous dit avec une adresse infinie la Revue Hachette ( Revue de l’instruction publique, 15 mai 1843, p. 214, 2e colonne) « j’ouvre au hasard votre livre : voici le premier pas- « sage qui s’offre à mes regards p. 229, c’est une citation de « M. Cousin : Peut-être la philosophie que j’enseigne ébranle-l-

« elle la foi chrétienne C’est moins criminel , car n’est pas tou-

« jours orthodoxe qui veut. »

D’abord la Revue Hachette a eu soin de dire en commençant son article contre nous , qu’elle a lu avec beaucoup d’intérêt , et non en l’ouvrant par hasard, notre gros volume, et le passage qu’elle dit s’être offert à ses regards , à une fortuite ouverture , se trouve précisément , moitié à la dernière ligne de la page citée , à la suite d’un long passage de M. Cousin contre la foi, commençant, au milieu même de la page , un article intitulé en gros caractères : Enseignement universitaire , moitié à la tête de la page suivante ; en sorte qu’il est physiquement impossible que le passage soit tombé et le premier et tout entier sous les yeux à l’ouverture du livre ; la Revue, par mégarde ou à dessein, en a omis le dernier mot : qui veut l 'être.

« Ces paroles m’étonnent, continue la Revue, et m’inquiètent ; « quoi ! ébranler la foi chrétienne, serait aux yeux de M. Cousin , « pour un enseignement philosophique, moins criminel qu’une « chose quelconque ? Ebranler la foi chrétienne serait aux yeux de

« M. Cousin une chose presque innocente!... Je ne veux point « douter de l’exactitude de la citation. Vérifions cependant, ne « condamnons pas un homme sans l’entendre. Je cherche donc , « et voici ce que je trouve à la page que vous indiquez :

« J’ai fait bien des cours, et beaucoup trop de livres; peut-on « y trouver un seul mot qui s’écarte du respect dû aux cho- « ses sacrées? Qu’on me cite une seule parole douteuse ou légère,

« et je la retire , je la désavoue (La Revue retranche encore

« là : comme indigne d'un philosophe) ; mais peut-être, sans le « vouloir et à mon insu , la philosophie que j’enseigne ébranle- « t-elle la foi chrétienne : ceci serait plus dangereux et en même « temps moins criminel. »

« L’indignation fait tomber la plume de mes mains (c’est tou- « jours la Revue Hachette) : c’est ainsi que vous citez ! par la « suppression de ce qui précède, mais surtout de ces mots : in- « volontairement et à mon itisu , que vous ne remplacez pas même « par des points ; vous dénaturez entièrement le sens ! à une dé- « duration morale et pieuse vous substituez volontairement et « sciemment une impiété, et vous faites un crime au philosophe « calomnié par vous des indignités que vous mettez vous-même « dans sa bouche !

...« Allez, cela est indigne; je ne me donnerai pas la peine de « vérifier une seule de vos citations. » (J’en ai trouvé une , et après avoir bien choisi, une dont le sens est altéré, à mon avis; donc il l’est réellement , et il en est ainsi des mille autres ! homme à logique splendide , que vous êtes honnête ! ) « Votre rôle est fini , « cessez de prendre part à un débat dans lequel personne ne « daignera plus vous répondre. » (Il s’attend à une réponse, le lx>n sens le lui dit , et comme il prévoit qu’il n’aura rien à répliquer, il prend ses précautions.) « Avocat, vous avez falsifié les « pièces du procès ; prêtre , vous avez blasphémé ! soldat , vous « avez menti ! H. » (C’est toute la signature , et on se plaint de ce qu’on appelle notre anonyme! )

La Revue indépendante ( 25 mai 1 843 , p. 271) dans des pages plus anonymes encore, s’empare du même article, transcrit notre citation avec la même soustraction du mot être , répète comme la

Revue Hachette, que nous faisons dire à M. Cousin : «Si j’ai atta- « qué la religion chrétienne, le crime n’est pas grand; » et, après avoir parlé de notre effronterie, elle s’écrie : « Quels traducteurs « que les Jésuites ! c’est ici ou jamais le cas du proverbe italien : « Eh bien , à la bonne heure I parlez-moi de ce procédé-là , il est « net et cavalier. 11 y a quelques mois on croyait avoir fait beau- « coup en ce genre quand on avait substitué un mot à un autre , « par exemple : prudence à inexpérience , c’était l’enfance de l’art. « En peu de temps cet art a fait bien des progrès ; mais aussi « c’est un Jésuite , c’est l’abbé Desgarets ! etc., etc. »

Telle est l’urbanité de la polémique universitaire. Voyez si, après cela, ils ne sont pas bien autorisés à se plaindre que nous n’en ayons pas étudié les règles à leur école. Mais rien n’est plaisant à notre avis , pour qui sait , comme les invectives et les colères à froid de ces professeurs du monopole qui battus de toutes parts par la logique et pur les lois, se ruent pour dire des injures, autour d’un petit texte qu’ils n’ont pas môme compris , dans une question dont ils n’ont pas étudié le premier mot, et déblatèrent , à en perdre haleine , contre un sens dont nous n’avons pas même eu la pensée , et qu’ils veulent absolument que nous ayons voulu persuader à nos lecteurs à l’aide de suppressions et de falsifications préméditées qui n’existent que dans leur tête.

De quoi s’agit-il donc? C’est là en effet la première question qu’auraient dû se faire les polis et doctes professeurs. La réponse , ils l’auraient trouvée sous le litre d 'Enseignement catholique , dans le paragraphe qui précède immédiatement celui d’où est tirée la citation. Transcrivons-en quelque chose pour l’intelligence de notre défense.

« A la tête du symbole catholique , dit le livre contre le mono- « pôle , se trouve un mot , une parole sublime , que tout chrétien , « que le pauvre paysan , l’artisan ignoré , la femme faible et le « petit enfant répètent tous les jours , et qu’il n’a pas été donné « aux philosophes païens , aux plus vastes génies éclairés des seu- « les lumières de la raison de pouvoir prononcer. Cette parole est : « je crois. Ce qu’elle représente est une conviction calme , intime , « profonde, d’une suavité inénarrable , c’est la foi

« Dieu a manifesté , il a fait connaître et révélé lui-même aux « hommes les vérités religieuses, ou la religion. Cette révélation « a été faite d’abord aux premiers hommes et aux patriarches ; « elle a été ensuite confirmée à Moïse et par lui au pouple juif, « conservée et sans cesse rappelée à ce même peuple par des hom- « mes inspirés , ou prophètes , enfin complétée et pleinement « achevée par Notre-Seigneur Jésus-Christ , en qui se sont accom- « plis toutes les promesses, tous les événements annoncés par « les premières révélations. Ce sont là tout autant de faits histo- « riques qui se prouvent, comme tous les autres faits de ce genre , « par d'autres faits, par des témoignages, par des traditions, « par des monuments , par des effets qui les supposent et qui les « demandent impérieusement comme causes, par les nécessités « individuelles et sociales. »

« Le Monopole , etc. , le montre avec quelques détails , comme on peut le voir ; puis il ajoute : « Le fait de la révélation une fois « admis , et il est impossible à la raison sincère et réfléchie de le « rejeter, tant les preuves en sont nombreuses, variées, incon- « testables , à la portée de tous , tant son évidence est frappante , « le fait de la révélation une fois admis, la raison voit clairement « encore qu’étant finie , bornée , il est une infinité de choses , dans « l’ordre divin surtout, qu’elle ne peut ni comprendre ni dis- « cuter ; elle voit avec évidence que Dieu parlant , révélant , elle « ne peut , aidée de la grâce , que s’incliner, se soumettre et « croire ; que vouloir saisir, renfermer, comprendre , mettre au- « dessous de soi et à la portée de sa vue les vérités révélées « elles-mêmes , c’est non-seulement un blasphème , une préten- « tion d’égalité et de supériorité à l’égard de Dieu , une insur- « rection de l’orgueil contre l’infini, mais une absurdité, une « folie conduisant à une autre absurdité , à une autre folie , à « toutes les absurdités, à toutes les folies réunies , au panthéisme. « La raison le voit, encore une fois, avec tant d’évidence que « vous la briseriez plus facilement que de l’en faire douter.

« L’acte de foi que saint Thomas définit : un acte par lequel l’in- « lelligence, sur l’ordre de la volonté mue elle-même par la grâce, « acquiesce aux vérités révélées de Dieu , sans les comprendre et

« sans les voir et pourtant sans crainte d’errer , est donc un acte « que de tout point la raison ne peut qu’approuver. L’intelligence « elle-même ne peut autrement adorer Dieu; car adorer Dieu « c’est reconnaître son souverain domaine sur toute créature, « âme et corps , intelligence et volonté , c’est s’incliner devant « lui , se soumettre , croire en un mot. Aussi Rousseau , priant « de Dieu , a-t-il été obligé de dire : Plus je m'efforce de contem- « plcr son essence infinie , moins je la conçois ; mais moins je la « conçois , plus je l’adore

« La foi est donc en elle-même un acquiescement de l’intelli- « gence qui exclut tout doute ; elle a pour objet des vérités révé- « lées de Dieu que nous ne pouvons ni comprendre ni voir, mais « dont la révélation nous est attestée par des faits historiques « mieux prouvés que la plupart des faits du même genre dont « personne ne doute. Le motif, la raison de la foi est la raison , « l’autorité infaillible de Dieu même qui a révélé et démontré sa « révélation par des œuvres que lui seul peut faire. Le moyen est o la grâce de Dieu poussant la volonté à agir sur l’intelligence, « pour lui faire produire les actes de la foi , ce qui les rend libres, « surnaturels et méritoires ; liberté et mérite qui ne pourraient « exister s’il y avait évidence. Telle est la foi chrétienne , la foi « catholique. Or , c’est contre elle que , depuis dix-huit siècles, « l’orgueil et les passions se ruent avec fureur ; contre elle, pierre « immuable , qu’ils viennent se briser. C’est là aussi que l’Uni- « versité , après avoir loué et exalté toutes ces attaques impies, « et s’armant des mêmes armes, porte tout l’elfort de ses combats « sacrilèges; c’est là qu’après avoir précipité les âmes et les « sociétés dans des abîmes sans fond, elle viendra sans aucun b doute se briser à son tour. Ecoutons d’abord les formules géné- « raies d’apostasie enseignées de toutes parts par les professeurs.» (Monopole universitaire , etc., p. 225 et suivante.)

Ainsi, bien évidemment, il ne s’agit dans cet endroit du livre contre le monopole , ni de la religion chrétienne en général , ni de quelqu’un de ses dogmes en particulier, mais uniquement de l’enseignement chrétien sur la foi , sur sa nature , sur sa matière , saison motif, sur son siège, sur son mobile, sur ses agents; et les

passages de l’enseignement universitaire, que nous mettons en opposition immédiate avec cet enseignement chrétien , ne doivent et ne peuvent avoir également pour objet que des attaques contre la foi elle-même , que ce qui tend à en changer la nature , à la faire regarder comme absurde , déraisonnable , impossible , comme un effet de l’imagination , de l’enthousiasme ou du fanatisme. Toute citation dans un autre sens serait hors du sujet , et personne ne nous a reproché d’avoir commis une seule fois cette faute dans le cours de nos sept cents pages.

Nous avons dftnc en conséquence cité d’abord un premier passage de M. Cousin qui , en proclamant la philosophie ou la raison qui se rend compte , l'autorité des autorités , l’unique autorité , renverse par le fondement même la foi toute entière , comme absurde et déraisonnable.

Nous avons cité ensuite le passage incriminé , et nous ne l’avons cité que comme enseignant que la foi est impossible à la bonne volonté; et par conséquent uniquement à cause de la dernière ligne qui seule offre, et par elle-même, un sens direct dans la question , un sens tout à fait complet, que les mots qui précèdent, quels qu’ils soient , ne peuvent changer , auquel ils ne peuvent ni ajouter ni retrancher. Si nous en avons pourtant rapporté quelques-uns , c’est seulement pour indiquer le tour de phrase. Cette dernière ligne est : car ih’est pas toujours orthodoxe qui veut l’ètre. Nous l’avions même soulignée deux fois comme maintenant , comme elle l’est dans le n° 854 de YL’nivers d’où nous l’avions tirée , et où on lui donne le même sens que nous ; mais notre imprimeur, par une inadvertance facile à comprendre , a mis partout la simple italique. Or, il est évident qu’enseigner dans un sens quelconque qu’au sein du christianisme l’orthodoxie de la foi ne dépend pas de la volonté , que n’est pas orthodoxe qui veut l’étre , c’est enseigner que la foi est impossible ; impossible ou parce que la grâce manque à la volonté pour y pousser l’intelligence ; ou parce que la foi elle-même , l’orthodoxie ne peut pas se concilier avec la raison , répugne invinciblement à l’intelligence qui ne peut admettre comme vrai , comme certain que ce qu’elle comprend , que ce qu’elle voit , que ce dont elle se rend

compte. Dans l’un et l’autre sens il y a blasphème , impiété directement contraire à la foi et aux attributs de Dieu ; et dans le second cas , formule d’apostasie peu différente de celle que nous avons d’abord citée et qu’on retrouve souvent dans les écrits de M. Cousin ; elle fait même, comme il l’affirme un peu plus bas dans le même passage, le fond de sa philosophie : « On ne m’accuse « ni de mal parler ni de mal penser du christianisme. ( Ici le philo- « sophe est dans l’illusion.) Ce n’est pas par tel ou tel endroit que « ma philosophie est impie; son impiété est bien autrement pro- « fonde, car elle est dans son existence même* Tout son crime

« est d’être une philosophie Parlons clairement : Y Ecole

« théohgiquc , pour mieux défendre la religion , entreprend de « détruire la. philosophie , toute la philosophie , la bonne comme « la mauvaise ; et peut-être la bonne plus encore que la mau-

« vaise Le grand argument de l’école théologique est Yimpuis

« sance de la raison humaine (1). »

La chose est-elle claire? est-il possible de donner un autre sens au passage cité, au morceau même tout entier, que celui que nous lui avons donné? Ce sens peut-il être orthodoxe? N’est-il pas, comme on l’avoue soi-même , d’une profonde impiété ? Ne renverse-t-il pas la foi toute entière? En faisant la raison infaillible, toute-puissante, ne la fait-il pas même Dieu ici comme ailleurs ? Qu’y font les mots qui précèdent, et que vous prétendez avoir été retranchés à dessein par nous? A quoi aboutissent vos commentaires sur un sens que repoussent et notre silence absolu sous ce rapport et le but de nos citations en cet endroit , sur un sens qui n’appartient qu’à vous et qui est tout entier votre ouvrage ? Prétendriez-vous que M. Cousin a voulu dire que c’était sans le vouloir et à son insu qu’il voulait être orthodoxe, et ne le pouvait pas; ou que c’était sans le vouloir et à son insu, qu’il affirmait que n'était pas orthodoxe qui voulait l'être; que c'était sans le vouloir et à son insu qu’il était philosophe; que sa phi—

(1) Fragm. philosoph. , préface de la 2' édit. , p. 3-2 cl 33.

losophic n’était ni un acte humain ni un acte inoral, mais une inscience où la volonté elle-même n’avait aucune part, tranchons

le mot , une manie Allons donc , courage ! expliquez-vous ;

noyez-vous dans l’absurde ; et pour faire de nous des menteurs et des faussaires et justifier votre maître , prèlez-lui des raisonnements capables de le faire interdire !

Mais ces paroles mêmes prises dans votre sens , s’il y avait eu lieu à les citer, si nous n’avions voulu nous renfermer rigoureusement dans notre objet, croyez-vous que nous aurions été assez maladroit pour les omettre? N’étrient-elles pas un des plus riches thèmes offerts à la plaisanterie, le pendant, en d’autres termes , du fameux Quant à moi je crois que h catholicisme en a encore pour trois cents ans dans le ventre; en conséquence je lui tire humblement mon chapeau, et je continue la philosophie , dont vous garantissez vous-même l’expression textuelle ; une de ces formules vaines que , selon vous encore, il répète souvent , et que vous-même avez si rudement traitées de stratégie , de tactique, de diplomatie , de machiavélisme et d'hypocrisie (I) et que ceux à la suite desquels vous vous rangez maintenant , décorent du beau nom de déclaration morale et pieuse P Croyez-vous que nous aurions été fort embarrassé de ces paroles et que nous n’aurions osé alors comme maintenant dire à M. Cousin lui-même s Eh quoi 1 créateur de la philosophie, savant professeur qui ’vou: rendez compte de tout, c’est sans le vouloir et à votre insu que vous enseignez que « l’enthousiasme , après avoir entrevu Dieu dans # le monde , créait le culte , et que la foi s’attachait au symbole cl « y contemplait ce qui n’y était pas ; » c’est sans le vouloir et à votre insu que vous avez répété : « Qu’il n’y avait rien de réel que les idées , et que les idées elles-mêmes ne représentaient rien , rien qu’elles- mêmes ; » c’est sans le vouloir et à votre insu que vous vez appris au monde que la raison est le médiateur entre Dieu et

(t) ne la Mutilation d’un écrit posthume de Théod. Jouffroy , par P. Leroux , principal rédacteur de la K ente Indépendante , pag. 55 et 56.

l'homme , le verbe fait chair qui sert d’interprète à Dieu et de précepteur à l’homme , homme à la fois et Dieu tout ensemble ; c’est sans le vouloir et à votre insu que dans ce catéchisme élaboré par vous pour les écoles catholiques primaires , vous avez retranché le péché originel , l’enfer, X Ave Maria , etc. , et relégué à la partie du culte et de l’arbitraire et la prière et les sacrements et toutes les pratiques religieuses ; c’est sans le savoir et sans vous en douter , que dans l’abrégé de la Bible qui précède ce catéchisme , vous avez tronqué et défiguré les textes saints , et donné pour vôtres et pour catholiques des chapitres entiers pris, sans y changer un mot , dans des ouvrages faits par des ministres protestants ? — C’est sans le vouloir et à votre insu que vous avez attaqué comme extravagante et absurde la définition vulgaire , c’est-à-dire chrétienne et tenant à la foi , de la création ; — c’est sans le vouloir et à votre insu que vous avez déclaré que votre Dieu n’était pas celui de la scolastique , que le vôtre était à la fois Dieu , nature et humanité ; c’est sans le vouloir et à votre insu que vous avez justifié et encouragé tous les forfaits par une fatalité qui domine tout , excusé expressément le suicide de crime et d’injustice , et par conséquent tous les attentats contre la vie de l’homme , les mœurs et la propriété ; puisque la raison que vous donnez en faveur du suicide, savoir que le corps n’étant que physique, l’action qui le détruit ou le mutile n’est qu’une atteinte à la nature et non à un être moral , milite également pour l’homicide , le vol et toutes les impudicités les plus monstrueuses , etc. ?

C’est sans le vouloir et à votre insu mais quel rôle vos dé-

fenseurs vous font-ils donc jouer là? ou plutôt quel rôle vous êtesvous donc imposé vous-même? — Encore ici, l’Université n’estelle pas jugée par elle-même et par ses défenseurs? La Revue Hachette et la Revue Leroux-Genin en sont donc pour leurs grossières injures et pour une preuve de plus de leur mauvaise foi et de leur haine contre la Religion catholique et son sacerdoce.

M. Bouchitté.

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