‹ La charte-vérité, ou, Le monopole universitaire devant les chambres; resumé de la question de l'enseignement au point de vue constitutionnel, par un français ami de la charteChapitre 39 sur 46 · I. De la Foi catholique · texte numérisé non relu

I. De la Foi catholique

« Nous croyons fermement et nous confessons avec simplicité « qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu éternel et immense, tout-puis- « sant , immuable , incompréhensible et ineffable , Père et Fils et « Saint-Esprit ; trois personnes , il est vrai , mais une seule essence , « ou nature entièrement simple. Le Père n’est par personne, le « Fils est uniquement par le Père , et le Saint-Esprit par l’un et « par l’autre également , sans aucun commencement , toujours et « sans aucune fin. Le Père engendre, le Fils est engendré, le « Saint-Esprit procède : consubstantielles et coégales , cotoutepuis- « santés et coéternelles , ces trois personnes sont le principe uni- « que de tout. Créateur de toutes les choses visibles et invisibles, « spirituelles et corporelles, c’est lui qui par sa toute-puissante « vertu et dès le commencement des temps a tiré du néant l’une « et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire « l’angélique et la matérielle ou monde ; et enfin l’humaine com- « posée de l’union de l’esprit et du corps (2). »

(t) Citations falsifiées, p. 11.

(3) DECRETA D. GENERAL» CONCILI1 LATEIUNENS» IV. 51B ISNOCENTIO PAPA III.

1° De Fide catholicd.

Firmiter credirnus et simpliciter confitemur , quôil unus soins est verus Deus , seternus et immensus , omnipotens , incommutnbilis , incomprehensibîlis et inet-

Quant aux contradictions formelles et insolubles qge nul être ne présente comme Dieu dans la conception que nous en avons , tout le monde peut lire celte étrange et monstrueuse assertion dans les deux premières lignes de la page LXXV. 11 y ajoute même : «Aussi « pouvons-nous appliquer à la définition de Dieu ce que Leib- « nitz regarde comme constituant V impossibilité elle-même. »

Tout le monde peut lire aussi à la page LXXXI : « Descartes a « raison sans doute de s’appuyer sur la véracité divine, en d’au- « très termes, sur la légitimité de nos facultés intellectuelles ; mais « Kant a bien quelque droit aussi de mettre en doute la fidélité de « nos facultés et la légitimité du passage de l’idée à l’être qu’elle « représente. » Et à la page LXXXIII : « Qu’y a-t-il maintenant à « faire ? Faut-il se demander encore si nous passons avec raison « de l’idée à l’être , et s’épuiser inutilement dans l’examen d’un « problème sans solution? Non sans doute. Que l’esprit passe « légitimement ou non de l’idée à l’être , le genre humain croit à « l’existence d’un être suprême et parfait, le reste. importe peu. « Le but de la philosophie ne consiste pas à examiner si , par « hasard, l’homme ne se trompe pas dans ses croyances fonda- « mentales , ou s’il suit bien exactement les règles de la logique « dans le fait sur lequel elles reposent. » — Or, nous demandons à tous les hommes de bonne foi si la Bibliographie catholique n’a pas été en droit de conclure de ces paroles : « Ainsi il faut admet- « ire l’existence de Dieu , à tout hasard ; il faut le croire avec le

fnbilis , Paler et Filius et Spiritus sanclus : très quidem pcrsonæ , sed una essentia , substanlia , seu îiatura simplex omninù. Pater à nulle, Filius autem à solo Pâtre , ac Spiritus sanctus ab utroque pariter , absque initio semper et fine. Paler generans , Filius nascens , et Spiritus sanctus procédons , consubstantiales et cotequales , coomnipotentes et coæterni , uuum universorum principium, creator omnium invisibilium et visibilium , spiritualium et corporalium , qui suâ omnipotente virtute , siinul ab initio lemporis utramque ns siiiilo condidit creaturam , spiritualem et corporalem , angclicam videlicet et mundanam , ac deinde bumanam quasi communem ex spiriln et corporc conslilutam. (Labbc, tome il , col. 142.)

« genre humain sans savoir s’il a raison ou s’il se trompe et si nous « ne nous trompons pas avec lui. » Ce résumé n’est-il pas le résumé fidèle des doctrines de M. Bouchitté?

Ce qu’ajoute le professeur et d’où il prétend tirer sa justification , est aussi et peut-être plus répréhensible encore : « L’objet , « continue-t-il , que doit se proposer ici le philosophe est double. « 1° 11 faut qu’il examine sous toutes ses faces la notion de l’essence « suprême (c’est-à-dire de l’infini) , qu’il la détermine dans ses moin- « dres conditions (Trinité , éternité, immensité , justice , sainteté, « etc.) pour en faire concevoir une idée qui ne soit pas une insulte « continuelle aux lois de la pensée et à la majesté divine ( et qui « en jugera ? ) Il faut 2° qu’il reconnaisse et parcoure tous les « degrés de la voie mystérieuse par laquelle l’homme s’élève à « cette sublime connaissance. S’il accomplit cette tâche difficile , « peut-être demandera-t-on encore si le passage de l’idée à l’être « est légitime; mais cette chicane de l’idéalisme et du scepticisme « sera vaine ( pourquoi donc ? puisque plus haut vous l’appelez « et un droit et un problème sans solution ) ; et la conscience du « genre humain , éclairée de cette lumière nouvelle , ne s’arrêtera « pas à d’oiseuses recherches. L’existence de Dieu sera démontrée • en ce sens, que V esprit en saisira la notion aussi complètement « et avec la même certitude que l’œil voit les objets de la nature.» En sorte que dans le cas même où le genre humain accomplirait la tâche que vous appelez difficile, et que nous déclarons, nous, impossible , il en résulterait seulement la démonstration , non de l’existence de Dieu , mais de l’existence de sa notion dans la conscience du genre humain. Dans le cas contraire , qui est le seul possible pour les trois quarts et demi des hommes au moins , et pour tous sans exception , s’il s’agit du mystère de la sainte Trinité , Dieu et son existence et les mystères de son être seront pour le genre humain comme n’étant pas; ils n’arriveront pas même jusqu’à lui; ce ne sera pas même par la méfiance ou par le doute qu’il les accueillera ; M. Bouchitté le répète , ils n’arriveront pas jusqu'à lui. Quel scepticisme 1 ou plutôt quel épouvantable athéisme pratique !

Voilà nos comptes en règle avec M. Bouchitté , diacre , profes-

seur d’histoire au collège de Versailles ; les injures lui restent donc comme excédant. Il ne nous les devait pas , et nous ne pouvons les accepter à aucun titre (1).

M. Libri.

TEXTE ET CHAPITRE DU SIÈCLE DE LOUIS XIY PAR VOLTAIRE, SUPPOSÉS ET INV ENTÉS J DEUX OU TROIS AUTRES CITATIONS ALTÉRÉES.

Avant les précédentes attaques contre le Monopole , et la première , pour le bruit au moins qu’elle a fait , est celle de la Revue des deux mondes (1er mai 1843 ). Son étendue, 25 pages grand in-8° , les saints et savants Pontifes auxquels elle nous associe , la cause du clergé tout entier dont elle fait la nôtre , les nombreux détails, les plus minces particularités de critique dans lesquels elle ne craint pas d’entrer , tout tend à en faire pour nous l’attaque importante.

Travaillé en réunion universitaire , nous a-t-on assuré , com- |)osé de tout ce que le digne corps qui exploite le monopole de l’enseignement a trouvé à répondre de plus fort et de plus poli , de plus puissant et de plus modéré tout ensemble , répété dans ses détails par le National de. M. F. G. , par la Revue indépendante du môme , par la plupart des journaux universitaires et irreligieux, cet article est d’autant plus remarquable, que la signature en a été proposée , dit-on , à plus d’un dignitaire , et que M. l’inspecteur italien, dont la Biographie des Hommes vivants a rendu le nom célèbre , a été le seul qui se soit jugé digne d’y ap-

(1) M. Bouchittc a eu tort de prendre pour lui, à la page 380 du Monopole, ce qui est dit au sujet de Strauss : son nom n'est placé là , mêlé , comme il dit , à ceux des savants distingués parmi lesquels il compte plus d’un condisciple et plus d’un ami , les Cousin , les Dubois , les Jouffroy , les Damiron , les Michelet , les Bouiller , que comme ayant attaqué aussi bien qu’eux le Verbe de Dieu ; ce qui suit ne s’adresse qu’à M. Laroquc ; et sans une erreur de copiste on aurait lu : « Et marchant sur les traces de l’impie Strauss , que les pays protestants ont « eux-mêmes repoussé de leurs chaires, il en est qui nient jusqu’à l'existence même « historique de Jésus-Christ , » au lieu de : ils nient.

poser la sienne. Son origine , les éloges donnés par lui à Machiavel et aux vêpres siciliennes , la valeur française , la valeur du inonde chrétien tout entier mise dans ses écrits sous les pieds de l’Arabe et du Musulman (1) , rien n’a pu suspendre l’ardeur de son dévouement , ni étouffer le noble feu qui fait battre son cœur pour la gloire.

Nous n’avons à considérer en ce moment le fameux article que sous le rapport des falsifications qu’il nous reproche. Voici d’abord comment il s’en explique : « Si j’avais l’honneur d’être grand- « maître de l’Université , je ferais réimprimer à dix mille exem- « plaires et distribuer dans toute la France le Monopole universi- « taire (il est rusé et facétieux le maître italien) (2). Ce serait « là, à mon avis, la meilleure réponse qu’on pût donner aux gens « qui , dans l’intérêt du clergé , demandent la liberté illimitée « de l’enseignement. » ( Non , Monsieur , mais la liberté de l’enseignement telle que la charte l’a promise , telle qu’elle a été entendue en 1830 par les corps de l’état et par la presse , telle que la constitution et les . lois françaises depuis 1789 l’avaient établie et réglée , avec la triple , mais la seule surveillance de l’autorité religieuse pour les établissements catholiques surtout et des magistrats judiciaires et civils pour tous; car c’est ainsi que le Monopole la demande.) «Toutefois on pourrait déclarer dans un avertis- « sement que , malgré les guillemets et l'italique employés à pro- « fusion dans ce livre, les citations sont presque toujours altérées « ou falsifiées. Au reste , un tel avertissement ne serait nécessaire « que pour un très-petit nombre de personnes ; car , en lisant « ce français qu’on nous donne pour du Voltaire ou du Rousseau, « il est impossible de ne pas s’apercevoir de la falsification. »

Vous êtes Italien , Monsieur , et c’est ce qui explique votre méprise, et vous fait prendre votre style et celui de MM. Cousin ,

(1) Voy. ilonop. universil. , pag. 53 , 187 , elc.

(2) Et voilà pourquoi des menaces ont été faites, assure-t-on, à plusieurs libraires de la part de l’Université , s’ils se chargeaient seulement du dépôt du Monopole.

Genin , Monin , Burette , Ferari , Mattel- , etc. , etc. , pour le style de Voltaire et de Rousseau. Modeste et plaisant personnage l Parce que nous avons montré que lui et une foule d’autres dans l’Université ont les doctrines sceptiques et impies des deux célèbres philosophes , il conclut , sans plus de façon , que eux et lui en ont les talents.

Mais venons aux preuves de l’altération et de la falsification de presque toutes nos citations. Elles sont , chez M. Libri comme chez tous les autres , prises au hasard. La première est celle-ci : « M. Guizot a écrit , dans son Histoire de la Civilisation en Eu - « rope : « Malheureusement il est aisé de passer du besoin de la « liberté à l’envie de la domination ; c’est ce qui est arrivé dans le « sein de l’Eglise : par le développement naturel de l’ambition , de « T orgueil humain , l’Eglise a tenté d'établir non-seulement l'in- « dépendance , mais la domination du pouvoir spirituel sur le « pouvoir temporel. » Nous lui avons fait dire , pour abréger et pour lier nos citations : « L’Eglise catholique , ou l’indépendance « de la religion , est un développement naturel de l’ambition , de « l’orgueil humain. » C’est bien évidemment la même pensée , ce sont les mêmes expressions ; nous y avons joint plusieurs autres citations textuelles dans le même sens , et plus explicites encore , tirées de la même leçon et des Essais sur Thistoire de France. Donc nous sommes des falsificateurs. Qu’on juge de la délicatesse de M. Libri-Bagnano. Mais en voici bien un autre. — Nous avons forgé entièrement (1 1 7) un paragraphe tout entier ; nous avons même indiqué, comme source, un chapitre qui n’existe pas. Futil jamais falsification plus impudente, et n’est- ce pas, comme le remarque avec finesse M. Libri-Bagnano , un procédé fort commode pour se mettre à l’aise en citant ? — Transcrivons d’abord cet inique passage : « Fénélon n’est qu’un hypocrite , un ambitieux , un in- « crédule, dont l’indépendance d’esprit était sans bornes, un fac- « tieux , tour à tour adversaire du pape et du roi , de l’orthodoxie « et de la puissance absolue , d’un mysticisme raffiné dans l’ima- « gination , d’une tendresse , d’une sensibilité de femme , d’une « ambition sans limites et sans découragement , profond dans ses « ruses , inépuisable en ses détours , faisant de ses vertus l’instru-

« ment d’une grandeur à venir, la proie toujours vive et toujours « saignante d’une ambition persévérante. » — Le livre du Monopole indique en note comme source de ce passage : 1° le Siècle de Louis XIV, chapitre XL11I , et le catalogue des écrivains du même ouvrage , puis M. Lerminier : De l’influence de la philosophie du XVIIIe siècle sur la législation du XIXe , passage cité par les Annales de philosophie chrétienne , tome Vil , page 267. — J’ouvre en effet le volume indiqué des Annales, et j’y trouve textuellement extrait de l’ouvrage indiqué de M. Lerminier : « il importe de surprendre et de relever au milieu même « de l’âge de Louis XIV, les signes d’une révolte naissante contre « l’autorité de l’église et du prince. Et ce sera l’église qui nous « fournira un factieux de génie , tour à tour adversaire du pape « et du roi , de V orthodoxie et de la puissance absolue; précepteur « d’un héritier du trône , l’instruisant à détruire un jour l’œuvre « de son aïeul, d’une indépendance d’esprit sans bornes, d'un « mysticisme raffiné dans T imagination , d’une tendresse et d’une « sensibilité de femme , d'une ambition sans limites et sans dé- « couragement ; profond dans ses ruses , inépuisable en ses dé- « tours , aimable en ses artifices , faisant de ses vertus l’instrua ment d’une grandeur à venir ; assidu auprès du lit du pauvre « avec la pensée et en convoitise du ministère; flatteur de tous « avec dignité pour devenir leur maître avec douceur ; portant sur « sa physionomie et dans ses yeux charmants les reflets séduisants « d’uue âme d’autant plus maîtresse de ses secrets qu’elle semblait « à chaque instant les laisser échapper. Sous l’apparence d’une « majesté tranquille Fénélon était intérieurement agité par les

« pensées les plus discordantes Le même homme était la proie

« toujours vive et toujours saignante d’une ambition persévérante.»

Pour le sens, nous le demandons à tous les hommes de bonne foi, ce passage n’est-il pas identiquement le même que celui cité plus haut, identiquement le même pour l’expression, à part les trois premiers mots qui sont comme l’analyse et l’abrégé de tout le reste et des passages que , par brièveté uniquement , nous avons omis. 11 n’est donc pas conlrouvé, il n’est donc pas de notre in-vention, nous ne sommes donc pas des faussaires , comme le disent ,

en copiant la découverte deM. Libri-Bagnano , et la Revue indépendante, et le National; et si quelqu’un fait ici ce joli petit métier, si quelqu’un ment impudentissimè , comme dit le capucin des/Vovinciales, n’esl-ce pas celui qui, en signalant notre citation, a supprimé et avec délibération les deux tiers de la note qui eu indiquait la source ?

Mais nous avons renvoyé aussi, dans la même note, pour les pensées exprimées par les trois premiers mots au Siècle de Louis XIV , catalogue des écrivains. J’y cherche en effet le nom de Fénélon, et j’y trouve : « Ramsai, élève de ce célèbre archevêque,

« m’a écrit ces mots : S’il était né en Angleterre, il aurait dcve- « loppé son génie et donné l’essor sans crainte à ses principes que « personne n'a connus. » Voltaire ne fait-il pas clairement entendre par ces mots qui ne lui ont jamais été écrits, ou qui ne l’ont été que pour indiquer la manière de voir en politique de l’archevêque de Cambrai , que Fénélon avait su déguiser sous le voile de l’hypocrisie et les apparences de la foi ces vrais principes qui , développés en Angleterre , auraient été , comme l’explique M. Lerminier, une indépendance d’esprit sans bornes , oa l’incrédulité ?

Or, cette indication de la seconde source de notre texte a été supprimée encore par la probité littéraire de M. Libri-Bagnano et de ses copistes.

Enfin , nous avons indiqué encore comme source du jugement contenu dans les premiers mots , le chapitre XXXVIII du Siècle de Louis XIV, dont les paroles de M. Lerminier ne sont évidemment qu’un résumé et un commentaire tout ensemble. Tout le monde peut s’en assurer par une lecture attentive , et il ne faut pas oublier que le Siècle de Louis XIV est prescrit comme livre classique par arrêt du conseil de l’instruction publique , à toutes les classes de 3e du royaume. Fénélon y est en effet représenté comme l'homme de la cour le plus séduisant , avec un cœur tendre , et une imagination douce et brillante , préférant , dans la théologie , tout ce qui a l’air touchant et sublime à ce qu’elle a de sombre et d’épineux , joignant à tout cela je ne sais quoi de romanesque qui lui inspira non pas les rêveries de madame Guyon, mais un goût de spiritualité qui ne s’éloignait pas des idées de cette dame; voyant pourtant un

orage se former et craignant de manquer les grands postes ou il aspirait , il conseilla à son amie de se mettre elle-même entre les mains du célèbre Bossuet. — Plus loin , toujours dans le même chapitre , le Voltaire des collèges , après avoir montré le grand évêque de Meaux jaloux et délateur de Fénélon , ayant plus de bonne foi dans sa haine secrète contre lui que contre la dévotion mystique , se figurant peut-être que des délations qui déshonorent un homme de guerre , honorent un ecclésiastique , et que le zèle de la religion sanctifie les procédés lâches , ajoute : « L’évêque de « Meaux triompha ; mais l’archevêque de Cambrai lira un plus « beau triomphe de sa défaite. 11 se soumit sans restriction et sans « réserve. 11 monta lui-même en chaire à Cambrai , pour condama ner son propre livre. Il empêcha ses amis de le défendre. Cet u exemple unique de la docilité d’un savant qui pouvait se faire a un grand parti par la persécution même , cette candeur ou ce

a grand art lui gagnèrent tous les cœurs

a Après avoir été vaincu sur les disputes de l’Ecole , il eût été a peut-être plus convenable qu’il ne se mêlât point des querelles a du jansénisme; cependant il y entra. Le cardinal de Nouilles a avait pris contre lui autrefois le parti du plus fort; l’archevêque a de Cambrai en usa de même. Il espéra quil reviendrait à la a cour et qu’il y serait consulté : tant l’esprit humain a de peine à a se détacher des affaires , quand une fois elles ont servi d’aliment

a à son inquiétude ! Sur la fin de sa vie . il méprisa enfin toutes

a les disputes... Qui le croirait 1 il parodia ainsi,un air de Lulli : »

Jeune , j’étais trop sage ,

Et voulais trop savoir.

Je ne veux en partage Que badinage ,

Et touche au dernier âge sans rien prévoir.

On répète même encore ici les prétendus mots écrits par Rarnsai. C’est ainsi que l’Université par son enseignement classique et secondaire apprend à la jeunesse française à estimer et à respecter les grands écrivains du siècle de Louis XIV, et à partager leurs

senliniens religieux. Certes , s’il ne suit pas de toutes ces citations textuellement tirées du chapitre XXXVIII du Siècle de Louis XIH que Fénelon était un ambitieux , un hypocrite , un incrédule , nous avouons que nous ne comprenons plus ce que les mots veulent dire. — Nous n’avons donc rien inventé, rien fabriqué, rien conlrouvé , tout est de la plus grande exactitude ; nous avons même plutôt adouci en les abrégeant qu’exagéré le sens de nos citations. — Seulement notre imprimeur ayant pris , dans notre manuscrit, le y de XXXVIII pour un X , et ayant corrigé le chiffre qu’il crut alors XXXXIII en XL1II , on a lu ce chiffre à la tôle de la note , et tous les grands hommes de l’Uuiversité, à la suite de MM. Libri- Bagnano et Genin , et en compagnie du National et de la Revue indépendante se sont rués, armés des plus spirituels lazzis et des plus grosses charges sur l'horrible XLIII chapitre que nous avions forgé et qui ne se trouve dans aucune édition. Le National toutefois le transforme en 40 (chiffres) , et la Revue indépendante en quarantième (toutes lettres). Voilà encorecommentel pourquoi nous sommes des falsificateurs. Maudite, cives : Battez des mains, confiants abonnés ! criez hourra ! peureux complaisants , et à la suite des honnêtes personnages que vous avez pris pour guides dans les questions |>olitiques et littéraires , montez au capitole ; le monopole triomphe, et la charte est déchirée avec tous les droits cl toutes les libertés qu’elle garantit !

M. Libri-Bagnano, auteur de celle découverte , en ajoute encore deux autres qui le concernent particulièrement. V oici le 1er passage incriminé : c’est une note du Monopole ainsi conçue : « Parmi les inspecteurs de l’Université, place qui donne autorité sur les aumôniers, les proviseurs et les professeurs, se trouve ce M. Libri, réfugié italien ; il quitta son pays à la suite des dernières insurrections dont il avait dû être un des principaux instigateurs. Arrivé en France, il a été aussitôt recueilli par l’Université, comme tout à fait digne d’entrer dans cet illustre corps. Son litre, le seul que nous lui connaissions, est une compilation en quatre volumes qu’il a intitulés : Histoire des sciences mathématiques en Italie , depuis la renaissance des lettres , jusqu'à la fin du dix-septième siècle. — Chacun de ces volumes est de quatre à cinq cents pages.

Les deux ou trois cents premières se composent par moitié de noms propres et de notes prises de tous les côtés , et les deux ou trois cents autres sont tout simplement des manuscrits pris dans nos bibliothèques et imprimés à son profit. Or , dans le quart qui lui appartient , ce que l’on remarque presqu’à chaque page , c’est une haine profonde contre le christianisme et tout ce qui s’y rapporte , un besoin de l’insulter qui tient de la rage et de la folie. Les rois et empereurs chrétiens, Charlemagne surtout et les Médicis , les prêtres , les moines , les papes, les conciles, l’église , la religion toute entière , reviennent sans cesse sous sa plume et à propos de tout pour recevoir l’honneur de ses insultes». »

« C’est la démocratie qui a tout fait, le despotisme a voulu tout arrêter , les rois ne sont que vies tyrans , et il est bon de le rappeler , dit-il , les tyrans n’ont jamais fait la gloire d’une nation

Les papes, les évêques, les grands ne sont également que des tyrans , tyrans bourgeois , tyrans secondaires , vendeurs d’indulgences , entourés de bûchers , traîtres , assassins , rôtisseurs d’écri-

vains célèbres , ennemis des progrès de la civilisation , des lumières ; toutes les sciences, toutes les libertés viennent des Juifs, des Arabes , des Goths , des Lombards , des apostats , des hérétiques de tous les pays. »

« Et presque partout dans son Histoire des mathématiques il ressasse les mêmes blasphèmes , les mêmes injures , sans rien ajouter ni pour le fond ni pour la forme. C’est la haine qui verse sa bile , haine menteuse , ignorante , sans vie , pour l’expression comme pour la pensée ; mais qui veut faire quatre volumes pour gagner de l’argent. Les faits historiques les plus avérés , la conser valion des lettres et des sciences par les moines au moyen âge , par l’église depuis , la régénération des moeurs dans le monde par le christianisme , la civilisation des barbares , l’abolition de l’esclavage , il nie tout et affirme non la contradictoire , mais des propositions tout à fait contraires. 11 n’est pas jusqu’à l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie par le fanatisme musulman, qu’il ne

prétende surpassé par le fanatisme chrétien jusqu’à la victoire

de Charles Martel sur les Sarrasins , dont il ne fasse à ce grand homme et aux Français un crime de lèse-civilisation. Eu revanche

trois ou quatre fois il loue et exalte comme héroïque et comme une vengeance vraiment nationale les vêpres siciliennes , et il proclame avec Machiavel que tout est permis pour la délivrance de la pairie, de l’Italie par exemple , dans les temps actuels ; insurrection , vêpres siciliennes , despotisme le plus brutal (1). »

Or , dans cette note , M. Libri l’inspecteur , le professeur , le calalogiste accorde tout ; il serait désireux seulement qu’on voulût bien lui indiquer dans quels endroits de ses écrits se trouvent appliquées aux papes les expressions de vendeurs d’indulgences, entourés de bûchers, traîtres , assassins, rôtisseurs, <T écrivains célèbres. — Nous serions curieux à notre tour de savoir comment M. l’inspecteur prouverait, qu’à part les deux lignes où se trouve le mot, dit-il, et les quatre autres mots en italique, tyrans bourgeois, tyrans secondaires , ce sont les expressions et non pas seulement l’esprit de son Histoire des mathématiques, que le Monopole universitaire a voulu dans cette note faire connaître à ses lecteurs. Y a-t-il bonne foi , bon sens même à prétendre le contraire, lorsque nous avons dit expressément : « Or , dans le quart (des « quatre volumes) qui lui appartient , ce que l’on remarque pres- « qu’à chaque page , c’est une haine profonde contre le christia- « nisme , etc. » Quoi donc , Monsieur , supposeriez-vous à vos lecteurs assez de sagacité pour espérer leur faire croire que nous avons voulu , en deux pages, renfermer textuellement et mot à mot quatre cents des vôtres ?

Evidemment donc, la note du Monopole où se trouvent les expressions contre lesquelles réclame M. l’inspecteur, n’a voulu, n’a pu vouloir qu’apprécier l’esprit de son Histoire des mathi'matiques , et nous n’avions pas besoin d’autre chose. C’est tout ce que demandait le but que nous nous étions proposé , c’est tout ce que nous avons promis dans notre avis de l’éditeur : la fidélité de nos citations quant au sens , et l’indication exacte des lieux d’où elles sont tirées ; quoique presque toujours et surtout dans les passages

(I) Vujez ilonvpole universitaire , pog. 19 el suiv.

importants, nons ayons cité les expressions même avec la plus scrupuleuse exactitude. Or, quiconque voudra parcourir V Histoire des Mathématiques , sera à l’instant même convaincu de la vérité de notre appréciation , et quoique nous n’ayons plus entre nos mains que quelques notes sur cet ouvrage , nous en aurons assez pour faire rougir de ses attaques , s’il en est capable , le professeur italien. « Il ne faut pas oublier, dit-il, tom. 2, p. 279, que dès l’ori- « gine la cour de Rome a profité de celte admirable invention a ( l’imprimerie ) pour activer la vente des indulgences. — Les pon- « tifes , se berçant au sein des plaisirs , étaient forcés de rendre plus « active la vente des indulgences pour subvenir à ces dépenses exa traordinaires ( tom. 3, p.,4). Appuyés sur l’évangile , les papes a et les conciles s’arrogèrent le droit de proscrire certains livres « et d’en poursuivre les auteurs ou les lecteurs (tom. 2, p. 103 « et 104). Cest à cette époque de protection (l’invention del’im- « primerie) que Paul II excommuniait les académiciens et faisait « torturer les savants , et que le duc de Milan laissant Léonard « sans pain et sans vêtement en hiver, lui suggérait la pensée « d’abandonner les arts (tome 2, p. 282). » A la page 150 et suivantes du 4e vol. on insinue que Campanello qu’on loue, et dont on cherche à faire un protestant , parce qu’on suppose qu’il a voulu insurger l’Italie et appeler les Turcs à son aide , n’a été arraché aux mains des Espagnols de Naples qui l’avaient mis à la question , et rendu à la liberté par le pape , que pour être livré par lui à Finquisition comme hérétique. « Paul V, pour soutenir « ses violences théologiques , fit périr sur l’échafaud d’illustres « victimes qu’il avait attirées à Rome par trahison ( et en note) : « Enlr’autres les sept théologiens qui s’étaient déclarés pour la « république de Venise. Malgré les plus solennelles promesses , le « père Manfredi monta sur l’échafaud , Marsili et d’autres mouru- « rent empoisonnés (tome 4, p. 240). — Une religion qui, « étant au berceau, avait autorisé un auto-da-fé littéraire (les « livres de magie que les fidèles de leur propre mouvement ap- « portaient aux apôtres pour être brûlés) , et qui admettait le « dogme de la dégénéralion morale de l’homme, ne devait ni « croire aux progrès de l’esprit humain ni les encourager (tome 1 ,

u p. 69 )• Quelques siècles plus tard l’église déclarait hérétiques « ceux qui osaient prononcer le nom d’académie, et lorsque les» « doctrines d’Aristote ne furent plus en progrès , Giordano Bruno « sur un bûcher , Galilée à genoux devant l’inquisition , expiaient à « Rome le crime d’avoir osé les combattre tous ( tome 1 , p. 1 81 ).» — Et plus haut , même page : « La philosophie d’Aristote , qui « alors se propagea rapidement en Europe, fut le signal d’un « grand progrès de l’esprit humain. Etait-ce pour s’opposer à ce « progrès, pour tenir perpétuellement les hommes sous le joug de « la scolastique , que l’église frappait alors le péripatétisme d’ana- « thème, et faisait périr dans les flammes les disciples du grand « Stagyrite? — Lorsque les peuples indignés de tant d’abus de- « mandèrent enfin une réforme , l’église qui , en se mettant à la « tête du progrès , pouvait prévenir une lutte acharnée et maîtriser

« l’avenir, repoussa toute innovation et ralluma ses bûchers

a Lorsqu’on vit les peuples se grouper autour de Luther, lorsqu’on « vit surtout la diminution des olfrandes , on renouvela les supin plices, on rendit à l’inquisition sa première sévérité On

« sévit de nouveau contre les penseurs et les écrivains. Les germes « de protestantisme qui se manifestèrent en Italie , furent rigou- « reusement étouffés , et pendant 'que le pape , forcé d’assembler un « concile, cédait à regret sur quelques points de discipline et « laissait réformer les moeurs du clergé, il retrempait les armes « ecclésiastiques et donnait un pouvoir exorbitant aux inquisi- « teurs. Ce fut surtout depuis le concile de Trente que la censure « prit un si grand développement. C’est à partir de cette époque « que les persécutions contre les écrivains devinrent si fréquentes « et les peines si acerbes , etc., etc. ( tome 3 , p. 4.) » Sortie d’une « écurie de Nazareth, pour aller s’asseoir sur le trône impérial , « cette religion qui devait remuer si fortement le monde , fut dès « l’origine ennemie de la science (tom. 1, p. 66) — et tom. 4, « page 6 et 7. Après l’arrivée des barbares l’église dirigea seule « les intelligences en Europe , elle régna sur les peuples do- « ciles ; et cependant elle fut impuissante à régénérer le monde « intellectuel , tous les efforts échouèrent jusqu’au moment où

« les Arabes purent exercer une action sur l’Europe , etc. (1). . II faut s’arrêter pourtant, quoique nous ne soyons pas au bout de nos notes. Qu’on juge s’il y a eu lalsification , calomnie , exagération même dans les seuls mots dont l’illustre insj>ecteur ait demandé des explications , tant sa conscience était d’accord avec nous pour tout le reste. Qu’on prononce si attaquer la Religion , l’Eglise et son sacerdoce , si souvent et avec tant d’acrimonie et de mauvaise foi , à propos de mathématiques, n’est pas de la haine, de la haine menteuse, ignorante, sans vie pour l'expression comme pour la pensée , et si l’Université défendue ainsi et par de tels hommes n’est pas jugée par elle-même.

Mais M. Libri nous demande encore que nous lui indiquions , dans ses écrits, l’endroit où il a pu dire de Pascal ce que nous lui en faisons dire, p. 1 1 8 : « Pascal est d’une dégoûtante malpropreté , « emporté jusqu’à la plus fougueuse colère. Il croit aux miracles, « il porte sur lui des espèces d’amulettes , à faire douter qu’il est « fou. Son âme est dévorée par le doute; la géométrie seule la « relient toujours captive , elle n’échappe au scepticisme que par « la superstition. »

L’écrit où le professeur italien traite ainsi Pascal , nous l’avons indiqué en note, là comme partout. C’est la Revue des deux mondes, août 1842. Et quoique nous ayons abrégé, pour ne pas être trop long, ce qu’il a dit; le public va juger encore si la pensée du savant Universitaire y a été le moins du monde altérée. Après avoir exalté le talent de conversion des Jansénistes , il ajoute : « Avant sa conversion , Pascal faisait une dépense excessive : il « était, suivant l’expression de la mère Angélique Arnaud , dans a la vanité et les amusements, et menaçait de faire un procès, parce « que sa sœur lui demandait sa dot pour entrer à Port-Royal.

(t) Voyez de plus le Monopole universitaire , pag. 34 , 51 , 52 , 53 , 73 , 89, 94, 107, 109, 124, 187, 2t6 , 246, 291 , 306 , 331 , 345 , 363, 366, 368 , 40 1 , tous passages plus insuliauts encore pour la Religion , pour la France et pour la vertu , cl contre lesquels M. le professeur n’a pas non plus réclamé.

« Lorsque M. Singlin l’eut réconcilié avec Dieu, il se jeta dans « l’excès opposé. 11 ne voulut plus se servir que d’une cuiller de « bois, et l’on voit par une lettre de sa sœur qu’il se négligeait « si fort, qu’il mettait les balais au nombre des meubles superflus. « 11 s’opposa au mariage de sa nièce ; car c’était là un énorme « péché à ses yeux , et dénonça un pauvre religieux de Rouen « qui parlait philosophie. Sa fureur de prosélytisme alla si loin , « qu'elle faillit le conduire au martyre et qu’elle inspira à un do- « mestique du duc de Roannès le dessein de le tuer. Il ne se « guérit jamais de ses emportements, que dans sa famille on « tâcha de pallier sous les prétextes les plus singuliers. (Note de « M. Libri.) On disait que M. Pascal se livrait en public à ces « accès de colère et de mauvaise humeur, pour qu’on ne le crût « pas trop un grand saint. Les Jésuites si relâchés n’avaient « pas connu cette spirituelle alliance de l’humilité et de la colère. « Voilà pour sa fougue. Si l’on veut actuellement expliquer la « superstition qu’il montra plus tard , sa crédulité au sujet du « miracle de la sainte Epine, l’espèce d’amulette qu’il porta si « longtemps cousue dans sa veste , et qui a pu faire douter de sa « raison , comment s’arrêter aux exemples qu’il reçut dans sa « famille et qui durent faire une vive impression sur son esprit 1 » El plus loin : « Son âme était dévorée par le doute ; la géométrie « seule la retint toujours captive , elle n’échappa au scepticistne « que par la superstition. » Nous le demandons encore ici , ce passage tout entier n’est-il pas plus précieux pour nous , ne vat-il pas sous plus de rapports à notre but que l’abrégé qu’en a donné le Monopole; ne l’a-t-il pas encore, en l’abrégeant, adouci plutôt qu’exagéré? n’aurait-il pas dû joindre l’avarice, le fanatisme et tant d’autres choses à la colère et à la malpropreté?

« Mais ce n’est pas assez de falsifier les textes de leurs adver- « saires , dit enfin de nous , à son tour , la Revue indépendante « (livraison déjà indiquée, page 272) , ils citent des autorités et « des témoignages imaginaires , fabriqués exprès pour le besoin « de leur cause. A les en croire , le National du mois de septem- « bre 1842 s’exprime ainsi (convient aussi selon l 'Union catho- « lique des premiers jours d’octobre que) ; L’éducation que donne

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« l’Université est impie , immorale , incohérente. Prenez l’article « auquel il est fait allusion , vous n’y trouverez pas un mot de cette « phrase ! » Cet article, ni la Revue , ni le National ne le citent; la bonne foi pourtant semblait le demander. Suppléons donc à leur omission, et voyons si l 'Union catholique en a tellement fabriqué et le sens et les pensées, s’il est tellement imaginaire, que nous n’ayons pu le citer comme une autorité et un témoignage contre {'Université. En voici un extrait textuel :

« Quant à la morale, l’exemple et les paroles des hauts digni- « taires ne tendent qu’à inculquer une seule maxime : chacun chez « soi, chacun pour soi. On continue bien, quoique avec réserve , à « donner pour sujetde lecture oud’ampfification les traits dedévoue- « ment et de patriotisme qu’offre l’histoire de nos pères; mais ce n’est « pas l a faute des maîtres, si quelques jeunes têtes prennent ces belles « leçons au sérieux et songent à tes appliquer. On leur inculque la « pensée qu’il faut , avant tout , faire de bonnes affaires et le plus « promptement possible. Les enfants de nos campagnes apprennent « à mépriser le travail lent et honorable de leurs pères , pour se « jeter tous dans les grands centres de population , où , pourvu « qu’ils aient quelque facilité d’élocution et peu de conscience , ils « sont à peu près sûrs de faire fortune. Nous renonçons à tracer « ici le sombre tableau qui est malheureusement sous nos yeux. « Mais que nos lecteurs songent un instant à ce que le régime où « nous vivons a fait d’une grande partie de la jeunesse française, « et ils pourront trop aisément suppléer à ce que nous taisons. Ils « comprendront que si, dans l’armée, dans l'administration , « dans le barreau , dans les professions appelées libérales , datis « l’industrie , on voit tant d’hommes n’avoir souci que de leur « intérêt personnel , et fouler aux pieds tout ce qui fait obstacle à « leurs passions , c’est que l’éducation première dont l’université

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