ET DE CORRUPTION PRÉMATURÉE L’UNIVERSITÉ , C’EST UNE
« CAISSE
Or , nous le demandons à tout le monde , proclamer de telles choses d’une éducation , n’esl-ce pas la déclarer impie et immorale?
On lit encore dans le même article : « II n’y a , à vrai dire , rien
« de central que la caisse universitaire, dans laquelle chacun est « tenu d’acquitter un droit pour l’éducation qu’il reçoit , à peu « près comme on paye une rétribution à la caisse des maîtres de « poste , quand on voyage en diligence.
« D'unité morale , on n’en trouve pas de traces. Nous avons « des inspecteurs qui parcourent les départements et visitent cha- « que année les collèges , les pensionnats , les écoles primaires ; « qu’y font-ils? Ils y portent ces doctrines éclectiques dont les « grands seigneurs de l’Université ont su faire , dans leur intérêt « privé , un si heureux usage. Tantôt ils parlent de religion et font
« la cour aux évêques Tantôt au contraire ils se montrent phi-
« losophes Voltairicns , et il n’y a pas très-longtemps qu’on a en- « tendu un de ces messieurs dire à de jeunes élèves , sur un ton « d’inspiré quelque peu grotesque , qu’ils étaient appelés à assister a à l’enterrement d’un grand culte. »
Or, n’est-ce pas là un témoignage de l’impiété, de l’immoralité et tout ensemble de I’incohérence de l’enseignement et de l’éducation universitaire ? Qui donc , en niant ou en rapportant ce jugement, ment ici encore, du National, de la Revue indépendante, ou de nous? Qui donc renie tous ses antécédents et vient ajouter à tant de palinodies et de cynisme honteuxun cynisme et une palinodie de plus?
Voilà pourtant les horribles méfaits du Monopole universitaire à P endroit de M. Libri et de ses collègues. Voilà ce qui est pour lui et pour eux, pour l’Université, pour le National et la Revue indépendante et quelques autres encore, voilà ce qui doit être pour leurs lecteurs la preuve incontestable que, malgré les guille mets et l’italique employés à profusion dans notre livre , nos citations sont presque toujours altérées et falsifiées! Voilà ces phrases mal sonnantes , impies , détestables (c’est ainsi que parle M. Genin, du National ) que M. Libri défie qu'on puisse montrer dans aucun de ses écrits P Voilà la preuve qu’il n’y a pas d'injures , dit-il encore , de déloyautés, de mensonges que nous nous soyons interdits ; de textes mutilés , falsifiés et au besoin entièrement controuvés , d’interprétations pharisaïques , de travestissements des intentions les plus claires et les plus pures que nous nous soyons refusés. Voilà tout ce qui a persuade à ces honnêtes et polis défenseurs de
la plus religieuse et de la plus nationale institution qu’ils avaient le droit de nous traiter de menteur et de faussaire, et de s’écrier avec un air de triomphe : La falsification est-elle donc un péché véniel (1) ?
Non, Messieurs, non, la falsification n’est pas à nos yeux un péché véniel; et si, en lisant vos accusations et vos écrits, nous avions pu , oubliant notre foi et notre caractère , chanceler un instant devant une si abominable doctrine , les assises de notre ville toujours si inflexibles contre les infamies de ce genre , appliquées aux écritures de commerce et à l’écriture publique et privée, quels que soient le nom, la science ou la profession des coupables, se seraient dressées, dans notre pensée , majestueuses et terribles , et nous rap|)elant leur verdict de condamnation contre un homonyme de celui que vous avez choisi pour défenseur et pour guide, elles nous auraient fait reculer pour jamais d’épouvante et d’horreur. Peutêtre n’aurions - nous pas dû être assailli le seul et le premier de semblables souvenirs !
Maintenant nous demanderons à notre tour à M. Libri-Bagnano de vouloir nous indiquer 1° quel est l’entroit du Monopole où nous répondons aux attaques contre les Jésuites en les appelant le bouclier des rois , comme on nous le reproche en soulignant ce mot ? Nous l’avons cherché en vain. 2° Quel est l’endroit où nous concluons notre défense en faveur de ces religieux, « en disant que M. Guizot ne fait que du gâchis; qu’on ne comprendrait pas comment il aurait eu l’impudence de parler ainsi, si l'impiété, la haine de Jésus-Christ et de son Eglise, et la lâcheté ... n’expliquaient
tout Qu’il n’y a rien à répondre à une ignorance ou à une
mauvaise foi de cette force-là! » Car les passages auxquels la Revue des deux mondes renvoie elle-même ses lecteurs , à propos de ces citations, loin d’être la conclusion de la défense des Jé-suites, sont à cent cinquante ou à deux cents pages de ce que l’on a ap-
(t) \e,yei Revue des deux mondes, 1 mai 1 843 , png. 551; National, 19 mai 1843; Revue indépendante , 25 mai 18-45 , pag. 272.
pelé ainsi, terminant des réponses à des attaques univeisitaires contre les dogmes fondamentaux de la foi et de la Religion catholique où il n’est pas même question de Jésuites , attaques évidemment contradictoires et mensongères , et les mots que l’on a soulignés ne s’adressent jamais directement , comme on le suppose ici , quelquefois même pas du tout , comme celui de lâcheté , au professeur auteur de ces attaques.
3° Quel est l’endroit où M. Matter est appelé libertin P car dans celui qu’indique M. Libri-Bagnano , le nom de libertin , si l’on veut à toute force l’appliquer à quelqu’un, ne peut s’adresser évidemment qu’au corrupteur Marcion.
4° Quel est le lieu où nous disons que l’institution , la révocation et la suspension des professeurs universitaires en général appartient de droit divin aux Evêques ? car à la page du Monopole à laquelle nous renvoie M. l’inspecteur italien, il n’est évidemment question que des professeurs de théologie.
5° Quelle est la page où nous avons confondu M. Gustave Planche avec l’auteur du dictionnaire , puisqu’au contraire nous avons lit expressément : « Après M. Michelet , nous aurions à signaler « M. Gustave Planche... mais nous ne sommes point assez sùr « qu’il fasse partie de l’Université. Plusieurs Planche ont bien « l’honneur d’appartenir à l’illustre corps; mais comme dans * l’Almanach officiel tous les professeurs , soit économie , soit i raison à nous inconnue, renoncent à leurs noms de baptême, ■< il ne nous a pas été possible d’obtenir quelque certitude sur le < poste occupé par M. Gustave Planche. Laissons-le donc (1).
Nous désirerions bien aussi apprendre de la Revue indépendante, lendant que nous sommes sur le chapitre des falsifications et des nensonges , dans quelle page du Monopole M. Laroque a été assinilé par nous à Lacenaire, et M. Villcmaiu traité d’athée matéria-
(1) Revue des deux mondes , 1 mai 18-43 , p. 349 et 350 ; el Monopole 74 et uiv. , 231 , 269, 275, 157, 13, 399; Revue indépendante, déjà citée, page
liste? En quel endroit nous nous sommes autorisé , pour le prouver, et sans en rien dire , de lignes que M. Villemain n’avait ni louées ni employées , et qui étaient de M. de Fontane ? Quels sont les professeurs universitaires dont nous avons dit, un tel est un imbécile , un tel est un infâme? Dans quelle page enfin avons-nous affirmé que tous les professeurs de l’Université sont des corrupteurs, des blasphémateurs, des sacrilèges, des hypocrites et des athées ?
Voilà ce que l’on appelle dans tous les pays des mensonges palpables, des falsifications bien caractérisées : tout le monde peut s’en convaincre en ouvrant seulement aux endroits indiqués dans la note et la Revue des deux mondes et le Monopole universitaire. Nous pourrions même en ajouter quelques autres encore. Mais en voilà assez pour notre défense , et pour montrer l’Université jugée par elle-même. La France enfin connaîtra qui nous sommes et qui sont ceux qui nous traitent de faussaire et de menteur, et au nom d’un monopole destructeur de la Charte et des droits qu’elle garantit , lui parlent à elle-même d’honneur et de liberté.
Nous n’avons point fini cependant avec M. Libri-Bagnano et les défenseurs de l’Université à sa suite. 11 nous reste encore à répondre à une accusation que les cent bouches de la presse universitaire ont fait résonner au loin , que la peur, l’intérêt et la faiblesse , sous le nom de charité, ont colporté de toutes parts , et quia failli , selon les prévisions universitaires , étouffer à l’origine et notre livre et le bien qu’il fait. Nos lecteurs nous comprennent. 11 s’agit de nos prétendues injures et de ce qu’on appelle la grossièreté de nos formes. Examinons ce qu’il en est, et variant nos moyens de défense , aecommodons-les au caractère particulier de nos divers accusateurs.