CHAPITRE IV
suite des ordres pour recevoir V. S. avec les plus grands honneurs ; ils envoyèrent partout chercher des effets et se donnèrent beaucoup de peine; et vraiment ils attendent V. S. avec un grand désir». La visite des ambassadeurs eut lieu le 12 novembre; au lieu du Duc, son fils aîné Galéas Marie, qui alors avait seulement dix ans y prit part; le même sécrétaire André de Foligno renseignait François Sforza en ces termes: «Ce matin le très illustre Comte Galéas et ces magnifiques ambassadeurs, accompagnés par le Podestat et par des citoyens remarquables, se rendirent à la Chartreuse, en s'amusant en route à voir courir le lièvre: et par ce prieur et par ces autres moines il furent reçus d'un air gai et mine agréable. Ils entrèrent d'abord dans l'église et ensuite ils allèrent dîner. Le Comte Galéas ne mangea pas avec les ambassadeurs; et par Dieu Notre Seigneur on lui servit une telle abondance et variété de mets, qu'on ne saurait le croire. Ensuite on lui montra les cellules et tout le monastère ».
Dès les premières années de la domination de François Sforza, quelques travaux de peinture furent exécutés par ces Zavattari, connus comme les auteurs des décorations murales de la chapelle de la Reine Théodolinde à Monza. Dans le registre des dépenses on mentionne en date du 31 mars 1453, un payement à « M. Ambrosio piciori pro pictura crucis cymiterii » et cet Ambroise était un «de Zavattariis » , cela résulte aussi d'une autre annotation du 19 avril, où l'on cite « M. Grégorio Zavatario pictorimediolani»: le mois suivant on mentionne « M. Francisco de Zavatariis pictor in Mediolano ». Ce sont trois peintres au sujet desquels on a pu avoir d'autres renseignements dans ces dernières années ; Ambroise travailla à la Cathédrale de Milan de 1456 à 1459 aux décorations d'une voûte, et à celles d'un tronc. Grégoire travailla en 1477 au sanctuaire de Caravaggio et en
1479 à l'église, à présent démolie, de Sainte Marguerite à Milan, avec François.
Il ne reste aucune trace ni à la Chartreuse, ni à Milan, ni à Caravaggio des peintures exécutées par les Zavattari. Le seul ouvrage qui puisse témoigner de leur valeur, est la riche série de compositions relatives à la vie de la Reine Théodolinde qu'on admire encore dans la Cathédrale de Monza.
kndant les dix premières années de la domination de François Sforza, les travaux ne furent pas poussés avec une grande ardeur, quoique les registres des dépenses de Tannée 1458 nous signalent plusieurs « lapicida » comme Gaspard Cacia, Crésolo de Castello, François de Marazis, Bernard de Bergamo, Aluisio de Corne, Jacobin de Besozzo.
Les travaux trouvèrent à cette époque des obstacles, causés peut-être par quelques conflits d'opinions entre le jeune Guiniforte Solario et Christophe de Conigo — qui en 1458 figure encore sur les travaux et devait avoir quatre vingts ans révolus: on est confirmé dans cette opinion par le fait qu'en 1461, le 14 juillet, le Duc envoyait à la Chartreuse le noble Barthélémy Gadio, le célèbre architecte du Château de Milan. Jouissant de la confiance particulière du Duc, il avait été nommé, en 1454, Commissaire général des travaux dans le Duché, et à la Chartreuse il était envoyé afin de pourvoir à tout ce qu'il fallait pour la reprise des travaux. Il faut croire que les travaux exécutés pendant les premières années de la domination de François Sforza, se rapportent à la construction des piliers des nefs, car seulement en 1462 nous voyons les frères Vanetto et Christophe de Mandello commencer à fournir des pier-