‹ La Chartreuse de PavieChapitre 44 sur 69 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La dernière création artistique, qui se rattache directement à la tradition purement lombarde, devait être la décoration peinte du vestibule d'accès à la Chartreuse, exécutée en 1508 par le peintre Bernardin de* Rossi de Pavie.

es vicissitudes politiques et militaires qui tourmentèrent sans cesse la Lombardie pendant les premières trente années du XVI e siècle ne furent pas les seules causes qui contribuèrent à disperser le groupe d'artistes qui depuis un siècle vivaient autour de la Chartreuse, transmettant de gé-

nération en génération les traditions de l'art. Le sentiment religieux lui-même, à cause des modifications qu'il devait subir pour tenir tête à l'envahissement de la Réforme, n'était plus capable d'exciter ni de cultiver les véritables traditions de l'art. Jean Gaiéas, en disposant que le nombre des Chartreux ne devait être plus de vingt-cinq, avait voulu assurer autour du monument de la Chartreuse le calme et la solitude, qu'il croyait les éléments les plus essentiels pour la jouissance esthétique des merveilles d'art qu' il y avait initiées. Mais en 15 14 les Chartreux demandaient déjà l'autorisation d'agrandir le monastère en construisant encore trente-six cellules : le Prieur demandait aussi de pouvoir transformer les cellules qui existaient déjà « reparare cellas jam factas et antiquas, ipsasque re- « ducere ad modernam consuetudinem, similiter refec- « torium et dormitorium fratrum ceterasque officinas».

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Il est facile de penser aux dommages que devait apporter cette réduction « ad modernam consuetudinem » de tous les édifices du monastère. Toutes les fenêtres ogivales en terre cuite et celles circulaires ont été bouchées, en substituant de simples fenêtres rectangulaires qui, malgré la correction des détails — encore caractéristique pour ce moment de révolution artistique — ont détruit la sévère unité de la construction primitive.

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