CHAPITRE VIII
de distance vers Milan, près de la Chartreuse. Les artilleries de champ, 600 fusilliers espagnols, et les troupes italiennes purent ainsi pénétrer dans le parc. Tous les soldats impériaux avaient eu Tordre de mettre une chemise ou un drap de lit blanc sur l'armure, avec une bande rouge, comme insignes de l'empereur.
Le gros de l'armée venait après Verrey en tête avec 300 chevaux, le Bourbon avec 100 lances et Alançon à l'arrière-garde avec 200 lances. On calculait les troupes espagnoles à 25.000 hommes.
Les Français, s'étaient fortifiés à Mirabello avec des tranchées et des remparts pour repousser l'assaut des Espagnols. A peine virent-ils l'artillerie espagnole pénétrer par surprise dans le parc à travers des brèches pratiquées dans le mur d'enceinte, qu'ils donnèrent l'alarme arrivant d'abord à mettre en fuite les fusiliers — qui avaient pénétré dans le parc par la brèche la plus éloignée de Mirabello — en leur prenant les six pièces d'artillerie. Mais le marquis de Pescara profitant des deux brèches vis-à-vis de Mirabello, s'élance courageusement à l'assaut avec les troupes allemandes et espagnoles, et quoique blessé, il réussit à regagner les six pièces d'artillerie avec trois autres, appartenant aux Français: le marquis du Vasto s' introduit à son tour dans le parc, se dirige vers Pavie, pour se rallier aux autres troupes espagnoles, qui du Château marchaient à son secours : mais il s'aperçoit que François I va contrarier le mouvement du Pescara, alors il se replie à droite « et se trouva ainsi à côté du Roi, et avec des ar- « quebuses faisait tomber cette baronnie et gentils- « hommes de France comme des poires bien mûres ». La bataille fut ainsi engagée sur toute la ligne, de l'avant-garde à T arrière-garde, mais cependant « le « Roi gagnait plus qu'il ne perdait » ; le Capino ajoute « Les suisses, tiraient bien quelques pièces d'artil- « lerie du côté des impériaux, mais soit miracle ou
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«trahison, ils tiraient si haut, qu'ils ne blessaient « personne ».
Enfin les troupes espagnoles qui venaient du château de Pavie, sous les ordres de Leyva, arrivent sur le champ de bataille « et repoussent le Roi ; quand « les Suisses s'en aperçurent ils se mirent en fuite sans « même attendre d'être assaillis ; alors les impériaux « redoublent d'audace et de force, poursuivent les « ennemis, en prennent et en tuent. Le bon Roi très- « chrétien chercha de se sauver en résistant avec ce «qui lui était resté de la noblesse française: autant « de fois il était répoussé, autant de fois il retournait « au combat et il tua de sa main le marquis de Ci- « vita S. Angelo. Il courait enfin vers les Suisses, ou « pour se sauver avec eux ou pour les faire combattre, « lorsque les fantassins lui tuèrent son cheval, un bai « genêt. La Motte à la suite du Bourbon, le reconnut « pour le Roi, et se mit à crier: " le Roi, le Roi ,,. « Le bruit arriva jusqu'au Vice Roi qui accourut ; «mais peu s'en fallut qu'il n'arrivât trop tard, car « oubliant qu'on devait le faire prisonnier, ils allaient « le tuer ; il lui ôta le cheval de dessous, l'aida à se « lever, et alors le Roi lui dit qu'il se rendait à l'em- « pereur. Ainsi — dit le Capino — sa Majesté fut « prise et se termina la journée ».
Le Roi de France montra une valeur et un courage qui sont affirmés par tous les récits du temps. On ne peut passer sous silence la description de la reddition de François I, contenue dans une relation de la bataille, qui fut expédiée à la Sérénissime et qui se trouve dans les Diarii de Marin Sanudo: selon ce rapport, lorsque François vit tués tous les gens de sa suite «il se retira vers Mirabello combattant lui « seul et de telle façon qu' il brisa sa lance ; et trois « lances furent rompues sur lui, qui opposa toujours « une vaillante résistance ; mais quand un coup d'ar- « quebuse tua son cheval au-dessous de lui, il resta