CHAPITRE VIII m
« debout et combattit encore avec l'estoc se défendant « longtemps, et à un arquebusier qui voulait le tuer « il dit qu' il était le Roi ; tout de suite fut devant « lui Monseigneur de La Motte qui le connaissait ; «il le défendit et le fit prisonnier. Alors tous les «capitaines espagnols accoururent voir le Roi, se «jetèrent à ses genoux et lui baisèrent les mains et « les pieds. Monseigneur de Bourbon, à peine vit-il le « Roi de loin, mit main à l'épée, la leva en l'air et « la remit tout-de-suite dans son fourreau ; devant le « Roi, il descendit de cheval et s'en alla lui faire « révérence, et lui baisa la main et le genou et le « consola ». D'une autre relation que Sanudo nous a gardée, nous prenons les notices suivantes sur le butin qu'on fit aussitôt sur le corps du Roi « les per- « sonnes présentes quand le Roi fut fait prisonnier, « eurent qui une chose, qui une autre. Un certain « Marchino espagnol, au service de l'abbé de Nazaret «eut les éperons d'or, un chevau-léger une manche « de brocart blanc toute taillée et garnie. Un autre « espagnol eut l'estoc fourré de velours cramoisi, et « un autre eut une bande, que le trés-chrétien portait «à travers la poitrine; cette bande était de brocart « d'or pareille à une étole de prêtre ; elle était ornée «de plusieurs croix en soie et entr'autres d'une en « or massif, qui avait une émeraude à une extrémité, « un diamant à une autre, à une autre une perle et « à la dernière le caston était vide sans joyau, et au « milieu il y avait un crucifix en relief tout d'or, dans « lequel il y a, dit-on, un morceau de bois de la croix « du Christ. On évalue cette croix du prix de iooo du- « cats environ sans la relique : Monsieur Hiromino « Moron dit qu'elle appartenait jadis au Roi Louis, « qu'on la lui avait vue sur le bras et qu'elle était « on ne sait à qui. Le nommé très-chrétien fut blessé « à la cuisse gauche et à la main d'une petite blés- «sure et se frottant la figure il tâcha de sang son
« nez, en sorte que plusieurs ont cru qu'il était blessé « au visage, ce qui n'était pas vrai ».
'âpres la tradition, le Roi de France, une fois fait prisonnier a été conduit le soir même à la Chartreuse de Pavie, tandis que
les moines entonnaient le verset :
« Coagulatum est, sicut lac cor meum « Ego vero legem tuam meditatus sum »
et le malheureux Roi accordait sa voix à celles des moines pour chanter le verset suivant:
« Bonum mihi quia humiliasti me « Ut discam justification es tuas ».
Le soir même François I annonça à sa mère, Louise de Savoie, la défaite subie par ces mots « de toute « chose ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui « est sauve » ; phrase qui passa à l' histoire, quelque peu modifiée «tout est perdu fors l'honneur».
D'autres relations espagnoles rapportent comment le Roi, après avoir été fait prisonnier, se montra calme et effable et que passant du mur du parc au campement, il put se rendre compte de l'étendue de la bataille et de la défaite essuyée. Des milliers de cadavres jonchaient le terrain, et parmi eux la fleur de la noblesse française.
Lorsqu'il fut arrivé au camp il serra la main au Marquis du Vasto, et lui dit: « Marquis, je vous prie, « ni vous, ni vos cavaliers, ne me traduisez prison- « nier à Pavie, car ce serait pour moi une honte trop «grave de n'avoir pas su conquérir cette ville et de « m'y voir prisonnier ».
La façade.
— PARTIR infrrikurk par Cristoforo Mantkgazza, Giovanni Ant. Am
rSE DE PAVIE.
Plaschk VU.**