CHAPITRE VIII
ntoine Venier, orateur de la Sérénissime, se rendant, sept jours après la bataille, de Lodi à Pavie pour présenter ses hommages au Duc de Milan «passa par le logement du «Roi où a eu lieu la bataille; il y reste encore les «vestiges du conflit, ce qui est horrible à voir; il y « a encore les cadavres des hommes et des chevaux ; « il y a encore les cavernes qu' habitaient les Fran- «çais, et les tranchées et les remparts».
Deux semaines après la bataille les morts n'étaient pas encore tous ensevelis « il y en a encore 800 avec « les yeux crevés par les corbeaux ». Les troupes espagnoles étaient campées dans le parc, et deux jours après la bataille il y eut une émeute, car de concert avec les lansquenets qui étaient à Pavie « une fois ve- « nus dans le parc ils ont pris toutes les artilleries des « français et celles des impériaux et ils ont fait com- « prendre au Vice-Roi qu'ils voulaient leur argent et « les payes ; et les capitaines ont été obligés de leur « donner une certaine somme d'argent, c'est-à-dire « deux ducats chacun ».
Dans une des relations de Marin Sanudo il est dit : « on juge que Dieu a laissé faire cette prise (Du Roi), « afin qu'une bonne paix soit faite entre les Chrétiens, « et que la pauvre Italie pût enfin se reposer et vivre « en paix». Mais ce souhait ne fut pas exaucé, car deux ans après, la zone de terrain entre Milan et Pavie était de nouveau disputée par les armées commandées par le Bourbon et par Lautrech, et la Chartreuse servait de campement aux troupes espagnoles.
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