CHAPITRE I
le huit juillet 1405. De ces trois ingénieurs, Jacques de Campione paraît avoir eu la plus grande autorité, car on lui paya quatre journées, employées sur les travaux, avec les ingénieurs de la Chartreuse.
En même temps que ces ingénieurs, s'étaient trouvés sur les travaux trois prieurs de l'ordre des Chartreux, c'est-à-dire les prieurs des monastères de la Gorgone, d'Asti et de Milan, appelés « ad visitandum lociim suprascripti laborerii». Bernard de Venise, dut certainement profiter des conseils des trois ingénieurs expérimentés dans les travaux de la Cathédrale de Milan et des trois prieurs, qui sans doute furent chargés d'indiquer les prescriptions relatives aux règles monastiques.
aïs Jean Galéas n'était pas encore satisfait de cette intervention; et rappelant peut être les longues disputes qui depuis dix années duraient à l'égard de la solidité de la Cathédrale de Milan, il appela d'autres ingénieurs de sa confiance. Nous voyons en effet qu'au mois de septembre 1396 le même cabaretier Antiquo fut payé pour avoir donné à manger à d'autres ingénieurs, dont la note nous donne les noms : Magister Dominicus de Florentia avec cinq famuli, ou domestiques, Stephantcs et Joannes Magatus, Michael de Surso, dont chacun était accompagné d'un seul famulo.
Jean Magati était un autre ingénieur attaché aux travaux de la Cathédrale de Milan depuis 1390; l'on trouve encore son nom en 1410, parmi les ingénieurs de cette construction, avec celui de Philippe de Modène, bien que le Duc l'eût nommé ingénieur général pour les travaux du Château de Porta Giovia à Milan; Etie?ine Magati, ingénieur ducal, assistait avec Bernard de Venise, à l'entrevue déjà mentionnée, qui eut lieu le premier jour de mai 1392 pour résoudre les graves questions statiques soulevées par Gamodia à l'égard des travaux de la Cathédrale de Milan.
Dans les Annales de cette église, on trouve aussi à la fin de cette année le nom de Dominique de Florence, qui en qualité d'ingénieur ducal, avait ordonné à Tavanino de Castel Seprio, ingénieur de la Cathédrale, de reparer les canaux appelés la Vettabbia et le Ticinello.
Parmi ces ingénieurs appelés sur les travaux, au moment de tracer les fondations de l'église, Jacques de Campioyie prend une importance particulière par le fait que trois fois encore il se rend de Milan à la Chartreuse, c'est-à-dire du 21 au 23 septembre, du 9 au 14 octobre, et du 10 au 14 novembre, et pendant ces jours « servivit, stetit, et perseveravit in suprascriptis laboreriis » comme on lit dans le registre des dépenses. Ce même registre, à la date 22 novembre, marque la rétribution qu'on lui donna pour ses voyages « cum uno equo » et pour le paiement « certorum designamentorum per eum factorum in Mediolano per suprascripiis laboreriis » dessins qu'il avait apportés à Pavie pour les montrer à Jean Galéas. Le payement des parchemins, fait l'année suivante par le trésorier de la Chartreuse, témoigne aussi que la fourniture des parchemins pour les dessins a été faite à Magistro Jacques de Campioyie et à Christophe de Conigo « pro desegnnm ecclesiœ ».
Ce Christophe de Conigo qui paraît ainsi associé à Jacques Campione dans l'exécution des dessins de l'église, était fils de ce même Beltrarno de Conigo, qui fut un des premiers ingénieurs des travaux de la Cathédrale de Milan; et Christophe avait été aussi engagé dans ces travaux en 1394 « afin de s'instruire avec l'art et l'esprit de son père, et de pouvoir à l'occasion le remplacer avec des connaissances suffisantes. »
Pendant les premiers mois de 1396 Christophe de Conigo travaillait encore à réparer le Tessin pour le compte de la Cathédrale de Milan, qui se servait du