‹ La chasse à l'homme; guerres d'AlgérieChapitre 15 sur 51 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mascara. — Le commandant de place. — Première exj)édition.

— Code africain en trois articles. — Les colonnes infernales. — Zones algériennes : le Tell ; les Hauts Plateaux ; le Sahara. — Quinze jours de vivres. — La chasse aux silos.

— Comment intervient l'État.

En arrivant par la route d'Oran, Mascara n'offre rien de bien pittoresque. Des vignes plantées d'anciens plants, gros comme de petits arbres et dont les rameaux négligés se tordaient par terre; des espaces considérables dont le sol fouillé et nu annonçait la présence et le séjour destructeur de nos soldats pendant les deux sièges de 1837 et de 1841; quelques figuiers : tel était l'aspect général du plateau et des abords de la ville, qui jusqu'en 1848, pendant trois ans, allait être le point de départ de nos courses pénibles et, au retour des expéditions lointaines, le centre désiré de nos repos, de nos ravitaillements, de nos plaisirs.

De mauvais murs, construits ou réparés à la hâte, entouraient la ville. En dehors étaient

quelques masures en ruines, habitées par des Arabes, des Juifs, tous gens de la pire espèce, couverts de haillons et de vermine.

Mascara ne date que du commencement du XVIII'' siècle. Abd-ol-Kader en avait fait une des capitales successives de son empire éphémère. Prise en 1837 avec le duc d'Orléans, reprise en 1841 sous l'influence de la vigoureuse impulsion imprimée aux affaires par le maréchal Bugeaud, elle avait peine à se relever de ces deux désastres.

Les colons français y étaient rares. Les colons espagnols, en général débitants de tabac , et d'autres marchandises de même valeur, s'y montraient un peu plus nombreux. Les Mores, les Juifs, y revenaient un à un.

Son nom Ma-Askeur — mère des soldats — indiquait la cause de sa fondation. Elle était surnommée la Victorieuse, épithète que nos deux faciles occupations ont rendue bien mensongère.

Deux régiments d'infanterie, le 6Méger et le 56^, y tenaient garnison, avec quelques escadrons du 2^ spahis et du 1" chasseurs de France. La population mixte ne vivait que par eux.

Mascara était le siège d'une subdivision commandée alors provisoirement par le colonel Renault, en attendant que deux étoiles, impatiemment attendues, changeassent le provisoire en définitif.

Les officiers s'installèrent comme ils purent dans

des maisons arabes abandonnées ou dont les propriétaires avaient été dépossédés. Installation modeste d'ailleurs. Une botte de paille pour lit; des peaux de mouton pour matelas ; quelques couvertures de campement; deux ou trois pliants peu solides; une cantine : tel était notre ameublement. La cuisine se faisait en .popote, c'est-à-dire que trois ou quatre officiers réunissaient leurs ustensiles de fer battu et leurs maigres ressources, sous la haute direction d'un soldat plus ou moins cordon bleu.

J'ouvrais de grands yeux devant toutes ces nouveautés. Je parcourais les coins de la ville et des faubourgs. J'admirais ce sol vigoureux, envahi par les mauvaises herbes qui, par leur nombre et leur puissance, indiquaient un fonds riche et fécond.

Les monuments étaient insignifiants. Le minaret peu élevé de la mosquée était couvert de cigognes respectées de tout le monde. Le claquement de leur bec produisait parfois une singulière musique, en harmonie avec la voix chevrotante du muezzin annonçant les heures de la prière.

La maison du général avait été restaurée, mais ne ressemblait en rien à l'Alhambra. Deux ou trois colonnes, de petites chambres, de petites cours, tout cela meublé à la hâte, composaient extérieurement et intérieurement tout l'édifice.

Sur la place était la maison du commandant.

LA CHASSE A L HOMME. i^o

gros et gras personnage, à la fois sous-intendant, juge de paix et commandant de place de Mascara.

Ce personnage cynique avait conquis, on ne sait comment, les bonnes grâces du général de la Moricière. Gomme les hommes plus que fins, il avait un nez assez grand, flanqué de tout petits yeux : signe qui trompe rarement dans une physionomie.

Sa justice était sommaire. Avec les Français ou les colons, quelques mots brefs. Avec les indigènes, des coups de bâton en plus grand nombre.

Il vivait là, redouté et paisible, au milieu d'un harem de houris, qui n'appartenaient pas toutes à la religion de Mohammed.

Le H janvier 1846, je dus interrompre mes études sur la ville et les habitants pour entamer ma première expédition et apprendre pratiquement l'art de la guerre... africaine.

Le 13, nous rejoignîmes, du côté de Frendah, une colonne commandée par le général de la Moricière, lequel nous accueiUit par un ordre du jour oîi il y avait cette phrase : « Soldats, vous avez beaucoup fait, mais il vous reste beaucoup à faire. »

En l'entendant, les jeunes guerriers que j'ai amenés de France se regardent ahuris d'avoir déjà fait tant de choses sans s'en être aperçus, et in- ;quiets de la quantité de besogne qu'on leur annonce.

Moi, dédaignant ce que mes anciens ont accompli, je suis heureux de voir qu'ils en ont laissé pour les autres, les ouvriers de la onzième heure. Un de mes principaux griefs contre nos professeurs de Saint-Cyr était d'avoir uniquement visé à faire de nous autant de commandants en chef et de maréchaux de France. Ils avaient eu grandement raison ! Je ne pensais devenir moins dans cette bienheureuse Afrique oii, après quinze ans de combats, on avait tout l'air de n'être qu'à la moitié de l'ouvrage. Je devais bientôt rabattre de mes illusions et trouver d'autres motifs tout neufs de maugréer à rencontre de mes professeurs. :

Nous ne fîmes pas, pour cette fois, plus ample connaissance avec le général. 11 nous quitta, le lendemain même de notre arrivée, pour aller à Oran s'entendre, bien ou mal^ avec le maréchal Bugeaud sur les divers systèmes de colonisation. Le colonel Renault lui succéda dans le commandement de notre petite mais solide colonne.

Il paraît que notre sortie, ainsi que tous les mouvements parallèles exécutés alors dans les trois provinces et qui les couvraient d'hommes, de chevaux, de canons, de convois et de cadavres, était destinée à concourir à l'exécution d'un plan en trois articles qui, quoique très courts, promettaient de mettre pas mal de monde sur les dents :

Article premier. — Protéger les tribus qui nous

sont soumises et rassurer celles encore dans l'indécision. Parcere subjectis.

Art. 2. — Punir les tribus qui, même contre leur gré, auraient donné à Abd-el-Kader un asile ou des vivres. Debellare supei^bos.

Art. 3. -^ Prendre l'ex-émir.

Pour atteindre ces trois buts, le maréchal Bugeaud avait adopté le système d'une grande quantité de petites colonnes, échelonnées le long du Tell, pouvant se suffire à elles-mêmes en infanterie, cavalerie et artillerie de montagne, et opérant perpendiculairement aux côtes jusque dans les profondeurs du Sahara.

Il ne faut pas se le dissimuler : il y avait là un e réminiscence des douze colonnes infernales que le général Turreau lança, en 1794, sur la malheureuse Vendée, et ce pastiche de ce qu'il appelait euphémiquement « sa promenade militaire » put passer pour suffisamment réussi.

L'article troisième du programme décrétait la chasse à V homme. Le second l'ouvrait à toute espèce d'hommes et à toute espèce de choses, y compris les femmes.

Les colonnes, tantôt concertant leurs opérations, tantôt agissant séparément, sillonnèrent le pays, accablant les populations soulevées, portant partout le fer, la flamme et la dévastation. Chaque jour fut marqué par un combat, par un incendie,

par un massacre, et il ne se fit aucun quartier de part ni d'autre.

Et faut-il plaindre les Arabes? Non, mais l'armée. Si elle devint marcheuse et débrouillarde, elle perdit sa solidité en ligne pour n'être plus qu'une réunion de médiocres tirailleurs. Ceux de ses chefs qui connaissaient la grande guerre la désapprirent, et ceux qui l'ignoraient n'eurent plus aucune occasion de l'apprendre. En revanche, généraux et soldats versèrent tous dans une aberration fatale : le mépris de l'ennemi.

D'après le tableau des opérations de nos colonnes, dont j'ai indiqué les grandes lignes, on pourrait croire qu'il ne resta plus en Algérie, après leur passage, que ce que laissait Attila derrière lui; car il était plus facile et plus prompt de punir que de protéger. Si ma peinture est exacte quant à l'ensemble, il n'en est pas de même des détails. Plus d'un chef, singeant Abdallah-Menou, fut compatissant aux indigènes, lorsque d'autres, qui se montrèrent durs et cruels, purent être accusés de l'excès contraire.

Il s'était formé deux écoles. Pélissier et La Moricière donnent une juste idée de chacune d'elles.

A l'égard de l'émir que tout le monde était chargé de prendre, comme tout le monde ne le voulait pas sérieusement et que lui ne se souciait pas d'être pris, on avait le temps de courir.

Je n'en fus pas privé pour ma part et, si je n'ai pas en personne capturé Abd-el-Kader, ce n'est pas faute d'avoir pourchassé dans la montagne et par la plaine lui et ses partisans.

Le pays que j'ai parcouru d'un bout à l'autre, sauf la province de Gonstantine, mérite que je lui consacre une courte description.

' On distingue, en Algérie, trois zones bien distinctes : le Tell au nord, les Hauts Plateaux au centre^ le Sahara au midi.

T^e// signifie, en arabe, butte, monticule, et, par extension, colline, petite montagne. Les Romains nommant tellus la terre par excellence, quelques savants ont considéré ce mot comme l'étymologie du nom donné par les Arabes à la zone qui nous occupe. Le Tell est le pays montueuxet accidenté.

Depuis les premiers renflements de terrain sur la côte de la Méditerranée, que l'on nomme le Sahel ou le littoral, jusqu'aux hautes montagnes de la région des Plateaux, sur une étendue qui, divisée comme laFrance, comprendrait plus de vingt de nos départements, on dirait une mer en mouvement, qui aurait été pétrifiée. Tantôt le sol s'élève brusquement, tantôt au contraire il s'abaisse et se creuse en profondes vallées. De loin en loin quelques plaines, partout des horizons bornés.

Le Tell a tous les climats, à l'exception du climat intertropical, si funeste aux Européens, et cette

variété d'exposition et d'altitude assure la variété de ses produits.

On a pu longtemps dire que cette zone ne valait à la France que des malades. Réputation méritée. Nos premiers colons ont longtemps langui dans les marais et sur les rives des cours d'eau empoisonnés par les lauriers-roses. Nos soldats ont eu à lutter contre les rigueurs d'un climat qu'ils ne connaissaient pas. Ils passaient brusquement de l'incandescence d'une gorge surchauffée par le soleil aux froids extrêmes d'un campement sur la neige. Aussi les maladies firent-elles dans leurs rangs plus de victimes que la balle ou le fer des ennemis.

Aujourd'hui, les colons sont acclimatés, les défrichements ont assaini la zone, les eaux ont été aménagées et, s'il y a des pays aussi salubres que le Tell, il en est peu d'aussi fertiles.

C'est le grenier et le cellier de l'Algérie, sa terre à blé, à vin, à tabac, à coton, à arbres fruitiers.

Le Tell — Sahel compris — borde la Méditerranée sur toute son étendue et une largeur qui varie entre 110 et 260 kilomètres, représentant une superficie de quinze millions d'hectares.

Les Hauts Plateaux, Cette deuxième zone est séparée du Tell par la chaîne de l'Atlas, et se compose de dix millions d'hectares de steppes ou de landes, ensemble de plaines, plus ou moins accidentées, d'une largeur moyenne de 200 à 250 kilo-

mètres, couvertes de ces touffes de hautes herbes qu'on appelle l'alfa et le diss, de jujubiers, de térébinthes, de thym et de palmiers nains ; c'est le pays privilégié des lièvres, que les Arabes ne tuent ni ne mangent, des chacals, des hyènes. On entend parfois y rugir le lion. Les canards de Barbarie, les perdrix anglaises ou gangas et de superbes outardes y abondent.

Située au-dessus d'une nappe d'eau considérable que l'on retrouve facilement en creusant des puits, cette région possède dans sa partie nord des terrains excellents qui deviendront un jour une annexe du Tell.

Le Sahara. Pays du Sahaur, c'est-à-dire de ce moment presque insaisissable qui précède le point du jour et pendant lequel, en temps de jeûne, les Arabes peuvent encore manger, boire et fumer. Les habitants des plaines, dont rien ne borne l'horizon, sont seuls à même de saisir cette nuance indécise.

C'est le désert, pays vaste et plat dont la plus grande partie est improductive et sablonneuse, et où les pluies du ciel sont insuffisantes pour la culturc des céréales. De petites chaînes de rochers, en général parallèles à la mer, traversent çà et là les sables. Dès qu'une source s'en échappe, le palmier pousse et, autour des palmiers, adossées presque au roc, sont construites de pauvres maisons, bâties

de boue et de paille, qui remplacent les tentes et les gourbis du Tell et des Hauts Plateaux.

Tant que le sable n'a pas dévoré l'eau de la source, c'est-à-dire pendant cinq ou six kilomètres, les habitants de ces villages cultivent d'une façon tout artificielle l'orge, un oignon, petit, blanc et sucré, des piments, des aubergines, des carottes, etc.

Quelques oiseaux animent ces oasis, entre autres des geais bleus magnifiques et des martins- pêcheurs plus riches encore. Nos hirondelles s'y réfugient l'hiver.

Les jardins, qui ressemblent à des carrés d'échiquier, sont entourés de murs en pisé communiquant au moyen d'ouvertures fort basses où l'on ne passe qu'en rampant. Ce sont ces murs et ces jardins qui ont rendu si terrible l'attaque de Zaatcha et sa prise si meurtrière.

Le Sahara commence au sud d'une ligne qui partirait du djebel Sidi-Labed sur la frontière marocaine, à vingt lieues de Tlemcen, pour aboutir à la frontière tunisienne au sud de Tebessa, en passant au sud de Daïa, Saïda, Frendah, le lac de Hodna, la montagne des cèdres, Batna, Lambessa et le massif de l'Aurès.

Il serait fastidieux de faire au jour le jour le long récit des courses et des gîtes de la colonne à laquelle j'appartenais. Partie avec quinze jours de vivres qui s'épuisèrent forcément en douze, il fallut, avant

l'époque fixée, recourir à des moyens énergiques pour nourrir le soldat en affamant l'ennemi. Le plus sûr était la recherche des silos, ou des magasins souterrains approvisionnés par les Arabes.

Le soldat est imprévoyant, de plus il est chargé lourdement. Quinze jours de vivres constituent un poids e'norme. Les gros appétits s'en débarrassent en les mangeant, les petits en les jetant le long delà route. Ce système d'approvisionnement à l'avance, quoique indispensable à la guerre, a toujours eu les mêmes résultats négatifs, en France, en Crimée, en Italie.

Les silos sont des trous creusés en forme d'énormes bouteilles dans les terrains calcaires de l'Algérie. Silo est un mot espagnol. Le mot arabe, moins usité, est moihmor. Il y en a d'immenses qui contiennent jusqu'à quarante ou cinquante quintaux de blé ou d'orge. — L'avoine était alors inconnue en Algérie. Elle est nuisible à la santé des chevaux. — On y trouve aussi, mais plus rarement, des pains de figues en forme de meules, mélangées de toutes sortes d'ingrédients, y compris des cheveux de femmes et des sauterelles desséchées.

L'ouverture d'un silo, d'environ cinquante centimètres, est recouverte d'une pierre assez large audessus de laquelle les Arabes mettent de la terre, qu'ils assimilent, autant que possible, à. celle d'alentour, afin d'en faire disparaître les traces.

La chasse au silo a lieu de la manière suivante : on prend un Arabe quelconque, plus volontiers un des prisonniers, amis ou ennemis de la tribu la plus rapprochée de l'endroit où l'on se trouve. Il est étendu sur le ventre, mis à nu, et un certain nombre de coups de bâton — matrack — lui est préalablement administré. A défaut de bâton, on se sert d'une baguette de fusil.

Si le commandant de la colonne n'a pas sous la main un chaouch indigène pour frapper, il se rencontre toujours un soldat affamé qui en remplit les fonctions.

Le battu parle et conduit ordinairement les chercheurs dans une direction qui n'est pas la bonne. Nouvelle et plus énergique dose de coups de bâton. Alors, sa conscience étant nette si son dos ne l'est pas, il indique le terrain riche en silos.

Les soldats se mettent à l'œuvre avec des baguettes de fusil, qui souvent se ploient dans l'action, et sondent le sol. L'instinct, plus sûr chez l'homme qui a faim que chez l'abbé Paramèle, lequel probablement n'avait jamais soif, aide à la baguette de fer.

Les pelles viennent à la rescousse et bientôt huit ou dix silos sont à découvert. Des hommes nus se glissent par Tétroite ouverture , d'où s'échappe, parfois un gaz épais et délétère. Les silos se vident. Un officier d'administration comptable est là pour

prendre note très approximative de la quantité versée à l'État.

Il est vrai qu'on permet aux soldats et même aux officiers, également affamés, d'emporter aussitôt, et sans attendre les distributions régulières, une certaine partie de la trouvaille.

Les moulins à bras marchent la nuit, le jour, sans trêve. Avec de l'eau, du sel, si l'on en a, on fabrique de cette farine grossière une bouillie pareille, décorée du nom de turlutine, et que l'on arrose avec un peu de graisse arrachée aux boyaux des bœufs assommés pour le service particulier des étatsmajors et de messieurs les intendants etcomptables des vivres.

Si l'on a le temps, des fours économiques et peu réglementaires sont creusés et il en sort des galettes plates, sans odeur, sans saveur, mais qui, à côté des durs et infects biscuits, paraissent aussi savoureuses que leurs homonymes des boulevards Poissonnière et Montmartre.

Tout ce qui n'a pas été donné immédiatement aux hommes — les quatre-vingt-dix-neuf centièmes — est livré à l'administration de la guerre qui, l'achetant à bon marché, le revend cher les jours suivants, toujours sous la première forme, mais sous le nom déguisé de blé-pain, blé-café, blé-sucre, etc.

Que sont devenus tous les bons de vivres exigés

par les comptables? Brûlés sans doute avec la Cour des Comptes, ou, peut-être, anéantis avant d'avoir touché la France. Et, comme résultats d'une pareille nourriture, la fièvre que l'on traitait dans certains hôpitaux, avec des boulettes de blé-quinine, la diarrhée, la dysenterie, puis la mort.

Ces razzias de blé et d'orge, combinées avec celles de moutons et de bœufs, ont été la source facile et abondante des richesses accumulées en peu de temps par certains comptables de l'armée d'Afrique. Je dois avouer, pour justifier cette branche honorable de notre administration, qu'elle voulait bien partager ses profits avec quelques généraux.

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