PREFACE. IX
Un officier supérieur, aussi modeste qu'instruit, brave soldat et bon patriote, a bien voulu me confier le journal qu'il tenait lorsque, jeune sous-lieutenant, rêvant de combats héroïques, il suivait les chasses à l'homme froidement organisées, et assistait aux pillages à main armée auxquels répondaient le guet-apens et les têtes coupées en trahison. Je donne son récit presque tout entier, sauf les remaniements indispensables, sans autres réticences au sujet de ses appréciations fréquemment très vives, que celles dues aux familles de certains personnages qui, pour eux-mêmes, ne mériteraient pas tant d'égards.
C'est une des nécessités de l'histoire contemporaine et elle a l'inconvénient grave d'induire en erreur la postérité, en jetant un voile sur bien des tares et les faisant bénéficier de l'absolution du silence; mais Juvénal ni Pétrone ne sont plus de saison et eux-mêmes n'ont pas tout dit.
J'ai complété ce journal précieux, base de mon travail, avec tout ce qui a été mis à ma disposition de divers côtés. J'y ai joint ce que m'a dit personnellement le général Cousin de Montauban, comte de Palikao, dont j'ai été le secrétaireinterprète, et je crois être parvenu à peindre un