‹ La chasse au chastreChapitre 5 sur 11 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

Dans rhiver de 1835-36, le hasard m'avait placé dans une loge d'avant-scène, atix Italiens, à côté d nn auditeur somnolent qui dormait les yeux ouverts , pendant (jue là Grisi chantait : Vient al iempio fedel Arturo, des Puritains,

Cet homme, me tfs-je, doit être un gentilhomme anglais. -

Profitant du sommeil de Tauditeur, je demandai du bout des lèvres à M. le duc de Choiseul, le nom de ce dormeur anglais.

Ce nom me fit tressaillir et me donna un frisson : c'était sir William Bentinck^ le roi de l'Inde, après le soleil.

Le duc ajouta :

— Sir William arrive de Calcutta pour voter à la Chambre haute, où le ministère a besoin d'une voix de plus. Il y a une question de cabinet en jeu.

— Et après ? demandai-je au duc.

— Après, il retourne à Calcutta.

Ainsi le noble lord sautait un ruisseau pour déposer

sa boule, mais ce ruisseau était TOcéan ! •

Comme je n'aimais qu'avec une modération bien légitime la musique des Puritains^ je me mis à contempler ce météore indien qui travereait Paris.

Il était bien excusable de dormir ; je l'aurais même absous de sommeil devant Otella et Sentiramide,

— Vous me présenterez à sir William, n'est-ce pas ? dis-je au duc de Choiseul.

— S'il se réveille, me répondit le duc en riant.

— Eh ! je vous promets qu'il se réveillera au duo de Lablache et de Tamburini, repris-je.

Ces deux basses,, avec leur suoni la tromba, feront leur partie dans l'orchestre du jugement dernier ; l'Antéchrist les engagera pour réveiller les morts.

En effet, sir William bondit sur son fauteuil aux premières mesures de l'étourdissant duo, si aimé du public. .

Le roi de l'Inde avait cru entendre nigir des tigres dans les jungles de Calcutta.

Le duc me présenta au noble Anglais ; nous causâmes tigres et éléphants, pendant que les deux basses élevaient leur (jHdwndo libertà au diapason des ménageries de Madras.

Sir William était alors un vert et beau sexagénaire, à taille svelte, mais rappelant un peu cette proceritate curva^ si bien trouvée par le grand peintre Tacite pour le portrait vivant d'un empereur romain.

De tigre à éléphant, il vint à me parler d'une chasse qu'il avait faite dans l'Inde, et qui me parut assez cu-

rieuse; car j'arrivais de Marseille, et j'avais assisté à des chasses de grives absentes, sur les collines ornithophobes d'un territoire grec.

— Je vous enverrai, me dit sir William, le numéro du Bombay-Review qui raconte cette chasse ; vous I pourrez l'accommoder à la française, sans faire tort aux it détails originaux. ^1 Je remerciai le noble lord.

La Grisi chantait d'une voix divine ces paroles un peu lestes, mais que personne ne comprenait, k Aux Italiens , personne ne comprend l'italien , excepté Fiorentino et Zaban :

Vîen diletto in ciel e liiSA Tutto tace intomo, intomo, Fin cFal ciel spunti il giorno, Vien ti po^ar sul mio sen.

Sir William, bercé par cette mélodie, se rendormit.

Au final du dernier acte, un gilet rouge parut et

annonça que la chaise de Milord était avancée sur le

boulevard. Sir William se réveilla, prodigua les ^/wrfehands à la société de la loge, et repartit pour Calcutta, en passant par Londres, oii il donna sa voix 4 lord Bathurst.

Deux mois après, je reçus le numéro de Bombay, à

l'adresse du duc de Choiseul.

J'ai écrit beaucoup de chasses aux tigres, dans mes romans; celle-ci appartient à l'histoire, comme le glorieux nom de sir William Bentinck.

Un jemidar était venu au palais du gouverneur, et avait annoncé aux antichambres une bonne nouvelle ; des antichambres, elle rebondit au sabn, où se trouva brillante compagnie :

Sir William Bentinck, le capitaine Xaylor, illustré

dans la guerre des Taugs ; le colonel Feneran, le major Harrisson, lady Bentinck, lady Kennet, miss Anna, nièce du gouverneur, et une foule d'invités. . I^jemidar avait découvert deux tigres dans les minés de la vieille pagode de Senipoor, à deux milles de Calcutta.

Tout le monde battit des mains. Depuis longtepips on n'avait flairé le tigre de si près.

Le plan d'une chasse fut improvisé pour le lendemain.

Parlez-moi d'une pareille chasse !

Un paysage splendide, un grand soleil ouxme grande ombre, des horizons couverts de lames d'or, de larges ruisseaux d'eaux vives, des rivières ondoyantes, des plaines d'euphorbes et d'aloës, des jardins de balsamines et de pavots rouges, des bouquets de bananiers largement épanouis, des perspectives mystérieuses, d'immenses tapis de velours en gazon, des ruines mis histoire, des temples sans nom. des nuages d'oiseaux couleur d'émeraude, des solitudes où Dieu parle, des forêts mornes où l'homme se tait ; puis, au moment imprévu, un monstre superbe bondit sur les jungles ; tous les cœurs se serrent. . . la bataille commence: l'émotion enflamme l'air ; les doigts tremblent à la dé-

tente des carabines ; la terre palpite scmsies pieds des éléphants !

Comparez cette grande chasse indienne à nos mesquines chasses au cerf, sous un ciel de pluie, eiitte deux horizons de brouillard, sur un terrain détrempé dans la fange, près d'un étang gris aux eaux ^plates; et au bout de ces tristes accessoires, un pauvre cerf, animal inoffensif, herbivore, mélancolique, amoureux, père de famille, qui verse des laiines, meurt sous un coutelas , et sert de pâture à une meute de chiens

enragés !

Les grandes espèces fauves s'écartent chaque jour un peu plus des villes anglo-indiennes, et se rapprochent des horizons déserts.

H se fait, depuis quelque temps, un tel bruit de machines sur le Gange, d'artillerie sur les remparts, de mousqueterie dans les campagnes, que les tigres, se voyant contrariés dans leurs instincts et leurs traditions de famille, et ne comprenant rien à ces bruyantes énigmes d'une créatioti nouvelle, abandonnent, à reculons, leurs domaines légitimes, et vont chercher des asiles où n'a point encore pénétré le sacrilège fracas de l'industrie, des armes et de la vapeur.

Ces animaux, doués d'un très-mauvais naturel, ont

encore gagné un degré d'irritation et de rage féline dans ces déménagements domestiques. Us se montrent aujourd'hui, avec raison, plus intraitables, plus tigres que jamais.

■•: L'usurpation anglaise les révolte ; la vue d'un habit rouge leur tiraille les nerfs à trois milles de distance ; ils sont furieux contre les Indiens, assez lâches pour aicqepter paisiblement l'usurpation ; ils sont furieux contre les usurpateurs, assez insolents pour leur ravir de$ droits acquis par soixante siècles de possession, sous prétexte qu'ils ont inventé la poudre ; ils sont furieux contre les éléphants, assez infâmes pour mettre leu^ forces au service de l'Angleterre et faire un métier de cheval.

Ds sont furieux contre tout, même contre le soleil, qui a toujours ses rayons de chaleur, son sourire, comme à l'âge d'or des tigres, quand le pied d'Albion n'f^vait pa$ encore souillé les bords du Gange saint.

îUne exaspération inouïe, et fort naturelle, anime donc aujourd'hui toutes les peuplades de tigres, dans les retraites lointaines et inaccessibles où les exila lord CorpwjEilIis en 1799, et après lui sir WilUam Bentinck. Par intervalles, quelques exilés fauves, ennuyés du repaire, rompent leur ban, et veulent voir de près les

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antiques domaines de la tigrerie adamiquè et les remparts des usurpateurs.

Ce sont ordinairement des tigres célibataires ou insensés qui tentent ces périlleuses explorations; ce sont quelquefois deux vieux îunis insociablea, ahuris par les récriminations aiguës de leurs voisins, et qui se décident à déménager, coûte que coûte, pour ne plus entendre ces aigres criailleries contre T Angleterre et le ctwneert de bravades stridentes qui n'arrivent jcimais à l'oreille des usurpateurs.

Ainsi, aujourd'hui, les tigres isolés qui viennent fournir un prétexte de chasse, sont des curieux, des fous, des dissidents, des sectaires, des Alcestes, éclaioussure fauve et zébrée d'un volcan lointain.

Le chasseurs partirent de Calcutta une heure avant le lever du soleil ; ils étaient tous à cheval provisoirement ; en tête marchaient sir William, le major Harris$on, le capitaine Taylor (1), lady Kennet et niiss Anna.

Les invités venaient ensuite ; les kansamans ou do- >nestiques indiens fermaient la marche.

(1) Auteur d'un excellent ouvrage sur la guerre des Tauga, publié à Londres, eu quatre volumes, War of Nizam. Quelques hauts critiques m'Ont reproché d'avoir inventé la Guêtre du iViiam. Hélai I noni

UNE CHASSE AU TIGRE 2é7

On chevaucha une demi-heure» et les chasseurs arrivèrent au Baghaderii ou villa du gouverneur, par une belle avenue de cassuarinas, arbres charmants dont les feuilles légères frissonnent à la moindre brise, comme des grappes de sensitives, en imitant le murmure de la mer sur le sable du Coromandel.

Les mahouts (cornacs) avaient prépsuré les éléphants de chasse devant le péristyle du Baghaderi; ils étaient tous là, immobiles sur leurs quatre pieds (ces nobles animaux n*ont point de pattes), comme une collection de pagodes tétrastyles élevées à la gloire d'Iravalti, Téléphant favori d'Indra.

Les cornacs ordonnèrent à ces colosses de ployer les genoux ; on appliqua des échelles sur leurs carapaces rugueuses, et les chasseurs, hommes et femmes, montèrent et s'assirent dans les howdahs incrustés comme Aes» cabs sans roues au dos des éléphants.

Quand tous eurent pris leurs places à Tescalade, les cornacs firent relever les colosses, en leur disant : Outhy Hasté, Jee! Doucement ^ tout doucement ^ mes petits!

Ensuite ils leur adressèrent la recommandatioa d'usage, mentionnée dans le bel ouvrage du comte Edouard de Warren, of&cier anglais :

' — Éiéphafits, soyez bien sages, ne jouez pas avec votre trompe, comportez-vous avec prudence, ne volez rien dans les jardins. Si nous sommes contents de vous, nous vous donnerons de bonnes herbes fraîches au retour.

Si on recommandait la même chose à des hommes, ils voleraient des fruits dans les jardins, ils se comporteraient mal, ils joueraient avec leur nez, ils riraient du précepteur ; mais les éléphants ne plaisantent pas avec les sages avis : ils les recueillent avec les cavernes de leurs oreilles et les suivent religieusement.

Les éléphants sont les meilleurs des hommes, et s'ils ne font jamais de sottises, c'est que Dieu leur a refusé la parole, pour les empêcher de se faire avocats.

La jemidar, chef de la chasse, consulta la hriâls de laurore, et fit ses dispositions pour ne laisser arriver aucune émanation humaine aux narines infaillibles du formidable gibier.

L'air était fortement assaisonné de toutes [les senteurs des arbres à épices ; on traversait un champ semé de noyers de muscade, de girofliers et de cardamones, et ces parfums, ravivés par l'approche du soleil, neu-

tralisaient les émanations ennemies et rassuraient les chasseurs.

Les iigres, après avoir rôdé toute la nuit, savouraient lés douceurs du sommeil dans une crevasse des ruines de la pagode de Senipoor.

Ils avaient fait élection de domicile au milieu de ces piertes moussues, d'après un raisonnenient assez juste pour des cervéîles de tigres.

.^-^ Les ruines, pensaient-ils, attestent que Thoiiime a été violemment chassé d'un endroit et qu'il n'ose plus les rebâtir pour y rentrer. Ce qui cause la terreur et la fuite de l'homme doit être propice aux tigres... Nous serons très-bien logés ici et en toute seeurité.

Sur la foi de cette douce erreur, nos deux tigres faisaient des rêves délicieux : ils voyaient les gazelles ^ sortir de la porte dlvoire, marcher à l'abreuvoir et se réjoidr de l'eau pure, et ils tombaient d'un bond sur cette proie, la dévoraient avec une sensualité brillatsavarine, et ensuite, se posant en sphinx et mouillant leurs griffes d'une salive distillée sur leurs dents, ils caressaient leurs mufles et leurs oreilles, comme des chats heureux dans une boutique de changeur au boulevard Italien.

Cruel réveil, la terre trembla sous les ruines de la pagode.

Un tigre, celui qui avait le sommeil le plus léger, se réveilla en sursaut et poussa un cri rauque en voyant le soleil qui spinchait à l'horizon.

Les tigres n'aiment pas le soleil, comme les noirs habitants des déserts dont parle l'ode de Pom-» pignan. '

Si nous portions une fourrure comme les tigres, nous n'aimerions pas le soleil aussi et nous vivrions la nuit.

Le tigre éleva sa tête au-dessus d'un massif de figuiers sauvages, et toute la peau de son muffle se contracta et se retira des narines au front,

Il venait de voir à très-peu de distance un cercle d'éléphants et d*usurpateurs !

D'un coup de griiFe, il réveilla son compagnon et sembla lui dire : — Voilà les Anglais !

Les deux monstres se placèrent côte à cote,, et re-^ gardèrent l'ennemi en exécutant en sourdine, arcades amboy un duo félin hérissé de notes crochues, de plaintes glauques, de gammes sourdes, et dont les paroles, écrites par un librettiste, pourraient être celles-ci :

0 peine cruelle !

O douleur mortelle !

Mortels odieux,

Dont l'âme cruelle

Nous trouble en ces lieux !

Ces paroles ne sont pas de moi, bien entendu! J*ai compté deux cent vingt et un en ces lieux dans un seul opéra.

— Que faut-il faire? demanda par un geste expressif l'un des tigres à son camarade.

Il était^ temps de prendre une résolution après le duo.

X Se laisser enfumer comme d'ignobles lapins dans un terrier, ou s'élancer hardiment sur l'ennemi, faire ime brèche au cercle, et trouver le salut ou la mort.

Les deux tigres se regardèrent et adoptèrent ce dernier parti.

Aussitôt ils bondirent sur une plate-forme de ruines, et se mirent à découvert.

Ils étaient superbes : leurs yeux éteignaient les rayons du jour, leurs oreilles frétillaient, leurs queues ondulaient comme des boas.

Un frisson de joie et de terreur courut dans le cercle -,; les carabines résonnèrent aux mains des vaillants;

les femmes mirent leurs mains sur leurs yeux ; le jemidar agita \eflah d'Angleterre; les éléphants élevèrent leurs trompes et mirent les défenses du coté du péril.

Le cercle se rétrécissait toujours avec une lenteur solennelle.

Miss Anna, qui était a.ssise à côté du capitaine Taylor, dans le même howdahy lui dit :

— Comment, Monsieur,vous osez rire dans un moment pareil?

— Miss Anna, répondit Taylor, dans toute chasse au tigre, il est convenu qu'un gentilhomme doit toujours rire, même sans motif. Devant ime femme, c'est une galanterie indienne. Le rire est plus rassurant qu'un mot.

— Alors vous n'avez nulle envie de rireî reprit la jeune fille.

— Nulle envie, dit Taylor en éclatant de rire. L'usage veut que je sois galant. J'obéis à l'usage.

Miss Anna poussa un cri.

Le capitaine Taylor ajusta sa carabine ; il ne riait plus .

Les deux tigres venaient de -se précipiter du haut des mines, et leurs bonds décrivaient des arches dans les airs. .

Cinquante coups de feu retentirent à la fois ; aucune balle n'avait atteint les tigres au vol.

Ils reparurent dans les éclaircies de fumée, et cette fois plus terribles encore ; leurs mugissements déchiraient Tépiderme des chasseurs comme une griffe invisible ; leurs bonds se multipliaient et tourbillonnÉÛent avec une telle promptitude, que les yeux, éblouis déjà par le soleil, croyaient voir toute xme meute de tigres dans un cercle de feu dont les murs étaient taillés en éléphants.

Les balles tombaient là où volaient des ombres ; les corps avaient disparu dans un éclair.

La rage des deux monstres arrivait à son paroxysme et leur donnait le courage des lions.

L*un d'eux attaqua bravement l'éléphant citadelle où miss Anna, convulsive d'épouvante , savourait des émotions anglaises et se créait des souvenirs.

— Courage, Kindly ! cria le cornac à l'éléphant.

— Courage, Kindly, dit la jeune fille avec une voix douce qui agita les oreilles du colosse.

Et le cornac piqua de la pointe de sa hallebarde d'acier la plaie vive entretenue au cou des éléphants : c'est le coup d'éperon.

Kindly, calme comme un bloc de Labiata, reçut le

tigre à la pointe de ses défenses, il l'enleva comme un agneau accroché au clou des abattoirs, le fit retomber lourdement sur l'herbe, et d'un coup de trompe il l'assomma.

L'excellente maîtresse nature a enseigné aux éléphants cet ingénieux procédé pour se délivrer d'un tigre dans une rencontre fortuite au désert.

— Bravo, Kindly ! dit la jeune fille en battant des mains.

Le colofese releva sa trompe, à défaut de mains, du côté de miss Anna, comme pour lui dire :

— J'ai fait cela dans l'intention d'obéir à une si charmante voix.

L'autre tigre connaissait probablement mieux, par instinct ou expérience, le procédé trop expéditif des éléphants; blessé deux fois à l'attaque d'une tangente jugée plus faible, il se repliait toujours, conune un clown qui saute du tremplin en arrière, et revenait à la charge pour faire sa trouée dans un vallon d'éléphants.

Sir William Bentinck, debout sur son howdah, comme un amiral sur son banc de quart, suivait tous les incidents de la chasse avec un dandysme superbe, et, dans les courts moments de répit, il lisait un article

du Times, arrivé dans la nuit par Ylndia-MaiL Tout à coup, le tigre se précipite dans la direction du noble gouverneur de l'Inde, comme, dans les mêlées antiques, un guerrier au désespoir cherchait le général ennemi pour acheter la victoire en le tuant. Le noble lord quitta le Times , prit sa carabine de Birmingham, ajusta le tigre, et le cirque retentit d'applaudissements: on vit l'animal tomber, bondir, se débattre contre la mort, se rouler dans les hautes herbes, et retomber lourdement avec la raideur du cadavre. Sir William avait repris son journal.

Les kansamans placèrent les deux trophées sur un brancard de feuillages, et les chasseurs rentrèrent triomphalement à Calcutta.

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