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Tout les cavaliers, jusqu'alors disséminés dans la plaine, rallient au triple galop et viennent se grouper autour de leur chef.
La lutte est ordinairement très longue, et l’outarde n’est portée à terre que lorsque les faucons ont pu prendre le dessus, s'attacher à elle, et lui casser une aile ou lui crever les yeux. Alors, au milieu du cercle formé par les cavaliers, tombent ensemble outarde et faucons, et quelquefois ceux-ci sont tués dans ia chute.
Il arrive aussi que l’outarde, au lieu de monter verticalement après qu'elle a été séparée de la compagnie, prend un grand parti droit devant elle et entraine à sa suite faucons ct cavailers.
Le plus souvent un faucon parvient à s’attacher à elle, et chèmin faisant; réussit à la porter bas en lui cassant un aile; mais il arrive quelquefois qu'après plusieurs heures de course au clochet le maître donne le signal de la retraite, laissant aux oiseleurs le soin de suivre la chasse pour ne pas perdre tout son vol.
J'ai entendu raconter un fait qui prouve combien sont grandes la force et la vitesse de l'outarde et du faucon.
Dans le courant de l’hiver dernier, des Arabes du Ferjioua, ayant pris une outarde et un
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facon qui venaient de tomber devant eux, portèrent An'et l'autre au cheïk du pays. Celui-ci, s'étant rénseigné, apprit que cé faucon “appartenait à an chef du sad qui chassait dans da plaine d'EkOutaïn le jour ‘où ‘son faucon tuait l'ontarde au Ferjioua. Or il n'ÿ a pas moins de cinquante lieues à vol d'oiseau d'El: Outais, où l'outarde était attaquée à midi,au Ferjioua, où ‘éllé-était portée ed à distee heures.
J'ai parlé, au coranrencement de :ce chapitre, d’un nommé Mabronk, qui était te Ymmoons nier le plus passionné que j'aie jamais: connu.
Cet homine, qui est nrert depuis deux ais, me chassaît gue l’outarde.
Lorsque ses oiseaux s'étaient ‘bravement ‘conduits dans œne chasse, il ne permettait pas aux oîiseleurs de les toucher,
Après les avoir tous bien. embrassé en les ‘appelant par leurs noms, il les plaçait sur son épaule et sur sa tête, puis il remontait à rheval, empertant ainsi jasqu’à sa tente ce qu’il appelait sa chère famille.
Cette passion allait si loin, que, quoïque réputé assez bon père, il aimait mieux ses faucons que ses femmes et ses enfants, et que, avant de mourir, ses dernières caresses, ses derniers regrets, furent pour les premiers.
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Aprés la mort de Mabrouk, son fils ainé, suivant. les dernières volontés de son père, rendit la liberté à tout le vol, qui eut l’ingratitude d’en profiter,
… Qn-rencontre en Algérie des chefs arabes qui entretiennent un vol sans jamais s’en servir. .
Pour eux, c’est un accessoire obligé de luxe
qui prouve. la fortune, la grandeur, et frappe les masses.
Lorsqu'il voyage, le chef se fait précéder où suivre de ses faucons portés par de beaux cavaliers bien nontés, richement armés et équipés.
L'ensemble de cette trowpe respire en effet un air de bonne maison qui frappe autant les Européens que les indigènes.
On voit ces derniers, lorsqu'ils rencontrent un chef arabe voyagennt de la sorte, mettre pied à terre ct aller lui baiser le genou sans Je connaître. C’est un hommage du faible aw rt, du pauvre au riche, du roturier au noble,