‹ La chasse dans la vallée du RhinChapitre 11 sur 12 · MASSACRE D'ÉTOURNEAUX · texte numérisé non relu

MASSACRE D'ÉTOURNEAUX

C'était par une belle soirée des premiers jours de .novembre. Le jour s'éteignait et le globe du soleil démesurément grandi nageait dans une mare de sang capricieusement découpée par les sommets de la chaîne des Vosges.

Nous avions chassé toute la journée dans les plaines giboyeuses de Marlen, village situé non loin de Kehl, sur la rive droite du Rhin. Notre chasse avait été bonne. De grasses perdrix, la tète prise dans un lacet de cuir , pendaient tristement à nos sacs , comme autrefois les voleurs aux branches des chênes. Quelques-uns de mes compagnons avaient fixé sur leur chapeau de grandes plumes d'un bronze doré , té-

moignage éclatant de leur adresse à tirer le coq de faisan. De petits paysans badois, coiffés du bonnet de fourrure national , portaient, deux par deux, quelques douzaines de lièvres suspendus à des bâtons et rappelaient ainsi les descendants de Noé portant ces immenses grappes de raisin que j'ai toujours suspectées d'avoir été pour beaucoup dans le péché originel.

Nous étions arrivés non loin d'une grande mare couverte de roseaux, à l'extrémité de laquelle se dressait un immense filet, ouvert du côté du marécage. Là nous attendaient trois pêcheurs que je connaissais bien pour avoir été avec eux camper toute une nuit sur un banc de sable au milieu du Rhin et assister à une pèche au saumon. Ils vinrent à notre rencontre , pour nous prier de nous cacher derrière quelques broussailles voisines, annonçant que nous n'aurions pas longtemps à attendre.

Il s'agissait cette fois d'assister non pas à une pèche , mais à ime chasse , et à une chasse en grand , à im coup de filet monstre , à un massacre en masse , et l'on comptait sur six à huit mille victimes pour le moins.

Cependant rien n'annonçait d'aussi énormes hécatombes. L'air était assez doux ; quelques légers nuages passaient lentement, poussés par le vent du sud et dorés par les feux du soleil couchant; de petits oiseaux gazouiUaient dans les buissons; un groupe de Jeunes filles et de garçons rentrait au village en chantant un vieil air allemand.

Tout à coup l'un des pêcheurs étendit la main du côté du nord. Je regardai dans cette direction et ne vis rien si ce n'est un petit nuage noir qui se levait à l'horizon. Mais ce nuage marchait vite et en sens inverse des flocons dorés éparpillés dans le ci^. Bientôt il s'étendit en pointe vers nous, grossissant, s'allottgeant tom'ours davantage et traçant des courbes qui le foisaient ressembler à un immense serpent. Tantôt cette masse opaque s'a> baissait vers le sol, tantôt elle se redressait vivement dans les airs. Je distinguai alors qu'elle était formée par une quantité innombrable d'étoumecuix volant serrés les ims contre les autres et tourisillonnant d'un mouvement uniforme. En approchant de la mare, leurs épaisses et profondes colonnes obscurcirent le ciel

et leurs cris retentirent toiyours plus stridents. Arrivés au - dessus de nous, ils tournoyèrent deux fois en décrivant une immense spirale, puis ils se perchèrent tout à coup sur plusieurs arbres qui étendaient leurs branches dénudées vers le ciel devenu sombre. Il me sembla alors que les arbres avaient repris leur verdure ; chaque branche était garnie d'autant d'étourneaux qu'elle en pouvait porter: l'on eût dit des feuilles vivantes 1 Ils restèrent là quelques minutes, puis ils s'élancèrent en colonne, glissèrent en ondoyant sur la suriace de la mare et s'abattirent sur les roseaux qui plièrent sous le faix de cette multitude ailée.

Aussitôt que les étoumeaux ftirent installés sur les roseaux , ils commencèrent des bavardages sans fin, et comme ils ont lalnauvaise habitude de crier tous à la fois, leurs vingt à trente mille voix réunies produisent un tintamarre formidable. C'étaient des gazouillements immenses, des ramages assourdissants, qui me rappelaient ces réunions générales de sociétés chorales devenues de nos jours de plus en plus iVéquentes et de moins en moins mélodieuses. Cependant je dois dire à l'éloge

des concerts monstres et à la confusion des étourneaux , que ces derniers n'observ^ent pas de rhythme, qu'ils ne paraissent nullement préoccupés de produire un effet d'ensemble, mais que chacun crie pour son agrément personnel et le plus fort possible. Que peuvent se dire trente mille étourneaux perchés sur les roseaux d'une mare? Sans doute chacun raconte les aventures de la journée, combien de vermisseaux , de larves , de grillons , de sauterelles il a mangés , combien il a becqueté de grappes de raisin; il indique les bons endroits, il débite quelques histoires plaisantes, et il faut bien qu'ainsi se passent les choses, carde temps en temps un piaillement général venait témoigner de la satisfaction unanime causée par les récits des loustics de la bande.

Au bout d'un quart d'heure, les trois pêcheurs jugeant avec raison que nous devions être suffisamment édifiés sur les talents philharmoniques des étourneaux , nous dirent tout bas que ces terribles braillards continueraient sur ce ton pendant quelques heures encore, que nous avions le temps d'aller souper et que la chasse ne commencerait que vers minuit,

lorsque le sommeil aurait fait taire cet immense charivari.

Nous retournâmes à Marlen. Le souper fut bientôt prêt et nous y fîmes honneur , car dix heures de chasse aiguisent admirablement Tappétit. Au dessert nous versâmes à boire aux trois pécheurs et j'eus soin de mettre la conversation sur les mœurs des étoumeaux.

J'appris ainsi que ces oiseaux rendent de trèsgrands services à l'agriculture en détruisant les sauterelles, les grillons et surtout les larves des hannetons. On ne leur reproche que les ravages qu'ils opèrent dans les vignobles. Le soir ils se rassemblent et viennent par bandes immenses prendre gîte au milieu des roseaux d'un étang dont ils ont reconnu à l'avance les alentours. Ils choisissent les marécages pour y passer la nuit , par la raison que l'eau empoche les animaux carnivores d'approcher et que le brouillard que dégagent ces lieux humides les cache aux oiseaux de nuit.

Peu à peu notre conversation languit , plusieurs d'entre nous avaient mis les coudes sur la table et la tête sur les coudes, déjà quelques gros ronflements se faisaient entendre . lors-

que les pêcheurs annoncèrent que l'heure du départ était venue , et bientôt nous fûmes en marche vers la mare.

La nuit était presque entièrement noire, car pour cette espèce de chasse il est essentiel de choisir l'époque de la nouvelle lune. Quelques arbres se détachant comme des fantômes sur les éclaircies du ciel nous indiquaient le chemin. Nous approchions de la mare. Un silence profond avait succédé au tapage étourdissant de tantôt. L'armée des étourneaux dormait.

Les pauvres oiseaux se reposaient dans une quiétude parfaite, espérant que l'homme reconnaîtrait et respecterait en eux des auxiliaires utiles, les destructeurs de la vermine qui désole ses champs. Vain espoir, hélas!

sécurité trompeuse I Quelle vertu l'homme a-t-il jamais respectée , devant quelle iniquité a-t-il reculé , quand il s'est agi de gagner un peu d'or.

A l'extrémité de la mare , du côté opposé au filet , une nacelle était préparée. Nous y entrâmes avec l'un des pêcheurs et avançâmes au milieu de la mare par une espèce d'étroit canal que les pêcheurs avaient ménagé en

arrachant les roseaux. Les deux autres pécheurs chaussés de hautes bottes s'avancèrent de front, de chaque côté de la barque. Nous gardions un silence absolu , mais de temps en temps les trois pêcheurs projetaient en avant des poignées de petits cailloux. A chaque jet de pierres , une bande d'étourneaux à moitié endormis se levait pesamment et avec un bruit sourd, pareil à celui du tonnerre lointain, glissait par-dessus les roseaux pour se reposer un peu plus loin dans la direction du filet.

Successivement les colonnes d'oiseaux se repliaient ainsi, comme sur un champ de bataille, devant des forces supérieures , les régiments se replient par échelons en se couvrant de feux roulants. Nous avancions toujours plus vite. Les étoumeaux réveillés, mais incapables de distinguer le filet dans l'obscurité , battaient en retraite avec des bruits d'ailes formidables. Déjà des bandes entières s'étaient heurtées contre le filet , d'autres avaient passé à côté , lorsque les trois pécheurs poussèrent à la fois de grands cris, Icuiçant des poignées de cailloux et battant les roseaux avec des gaules.

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Jusqu'à ce moment, le vol partiel de quelques-unes de leurs bandes avait paru chose naturelle et insignifiante à la masse des étourneaux ; mais à ce tapage soudain , éclatant au milieu du silence de la nuit, ils comprirent qu'ils étaient attaqués par leur plus terrible ennemi. Toute l'armée des étourneaux se leva à la fois , et saisie d'une terreur panique s'engouffra dans l'immense fîletavec des cris affreux et un bruit semblable aux détonations de l'artillerie. Au même moment aussi , l'un des pêcheurs tirait une corde, et le filet, garni à ses angles d'anneaux de fer, glissa le long des piquets qui le soutenaient et s'abattit tout d'une pièce.

Alors ce ftitune clameur atroce. Ces milliers d'oiseaux se sentant pris dans les mailles, écrasés sous le poids du filet, à moitié submergés dans la mare, poussèrent tous ensemble des cris déchirants qui retentissaient d'une façon sinistre dans cette solitude si complète et sous ce ciel noir oii les étoiles se cachaient derrière les nuages pour ne pas voir cet horrible spectacle.

La chasse était finie. Pour recueillir le gibier.

il fallait attendre le jour. Nous quittâmes la mare , abandonnant les pauvres oiseaux eriant au secours, se noyant, s'égosillant, battant des ailes, faisant de suprêmes efforts pour soulever le filet qui les couvrait comme im drap mortuaire.

Je rentrai à l'auberge poursuivi par ces cris plaintifs, je me couchai et la fatigue me donna le sommeil , mais je fus en proie à un abominable cauchemar. Je me croyais sur ime île au milieu du Rhin attaqué par des myriades d'étoumeaux qui se précipitaient sur moi avec acharnement. Je me défendais avec un bâton, mais j'avais beau les assommer par douzaines, leurs rangs n'en étaient pas moins serrés et le cercle qu'ils formaient autour de moi se rétrécissait toujours davantage. Des milliers de becs dirigeaient vers moi leurs deux pointes et je voyais distinctement les petites langues noires et minces s'agiter dans les gorges roses pour me lancer toutes sortes d'imprécations à propos de ma complicité à l'odieux attentat dont la mare était le théâtre. J'allais sans doute être mis en tout petits morceaux par ces becs furieux lorsque vers six heures du matin l'on vint

me réveiller pour assister au dernier acte de ce drame lugubre.

L'aube blanchissait à peine au-dessus des montagnes de la Forêt -Noire ; l'air était frais; le vent fï*émissait dans les arbres et en faisait tomber les dernières feuilles. Nous passâmes à travers champs pour arriver plus vite près de la mare. En approchant nous entendions un bruit pareil à celui que produit , lors des enterrements , le roulement des tambours couverts d'un crêpe. C'étaient les malheureux étoumeaux qui, de minute en minute, battaient des ailes tous ensemble pour soulever le filet.

Un spectacle lamentable nous attendait. Les roseaux étaient courbés sous le poids de l'immense verveux ; quelques mille étoumeaux étaient noyés ; les autres passaient le bec entre les mailles du filet et piaillaient à pleins poumons. Nous entrâmes dans la nacelle pour voir de plus près l'affreux champ de bataille. Quel carnage! A mesure que les pêcheurs relevaient le filet, l'on découvrait, rang par rang , serrés les uns contre les autres , les noirs cadavres des étoumeaux noyés. Les pêcheurs

ne faisaient point de quartier. Ceux qui survivaient étaient impitoyablement saisis et passés au fil de répée , je me trompe , on les empoignait de la main gauche par-dessus les ailes et de la main droite on les prenait par la tôte ; puis chaque main tournait en sens contraire.

C'est un procédé horrible qui s'appelle, je crois, tordre le cou et qui réussissait parfaitement, car les pauvres bêtes jetées dans la nacelle n'avaient plus qu'une seule convulsion et ouvraient le bec une dernière fois, mais sans pouvoir proférer un cri. A mesure que nous avancions, le nombre des prisonniers augmentait. Tordre le cou à chacun aurait demandé trop de temps. Les pêcheurs entrèrent dans Teau, jetèrent sur le filet les planches qui tenaient lieu de banquette dans la nacelle et s'en servirent pour submerger les étoumeaux par centaines. Ces horreurs froidement accomplies me donnaient des nausées; je me croyais aux mauvais jours de la Terreur, assistant aux massacres de septembre et aux noyades en masse de Nantes!

Cependant l'affreuse besogne allait toujours. L'on comptait déjà cinq à six mille victimes.

J'avais par un élan irrésistible de pitié dégagé quelques-unes de ces pauvres bêtes et leur avais rendu la liberté avec un plaisir indicible, mais je ne pouvais empêcher la continuation de la tuerie générale. Nous approchions d'un endroit oii le filet tombé sur des roseaux plus forts s'était maintenu à une certaine hauteur au-dessus de l'eau. Là, deux à trois mille étoumeaux , le bec passé à travers les mailles, criaient à fendre l'àme et à chaque instant disaient effort pour soulever le filet.

J'allais demander à retourner à terre pour ne pas assister au massacre de ce dernier bataillon, lorsque l'un des pêcheurs, s'étant consulté avec les deux autres, me dit de rester et que j'allais voir quelque chose qui me ferait plaisir. Tous trois soulevèrent alors l'un des côtés du filet et aussitôt les étoumeaux se précipitèrent par cette issue inespérée. Ils ne prirent pas la peine de se ranger en colonne, chacun tira de son côté , battant des ailes pour sécher ses plumes aux premiers rayons du soleil levant. Cependant, quelques-uns restaient pendus au filet, la tête engagée dans les mailles. Mes amis et moi nous mimes à dégager

délicatement les pauvres petites bêtes de ce collier de misère , et l'une après l'autre nous les laissâmes envoler.

Cette œuvre de délivrance me remit le cœur à l'aise et je félicitai chaleureusement les pécheurs de leur humanité Faut -il le dire?

ce n'était pas parce qu'ils étaient las de tuer et parce qu'ils avaient eu pitié de ces jolis oiseaux criant merci, que les pêcheurs en avaient laissé échapper deux à trois mille, non, c'était tout simplement parce qu'ils avaient pris plus d'étoumeaux qu'ils n'en pouvaient vendre le même jour au marché de Strasbourg et que ce gibier ne se conserve que par les temps froids. Tout compte fait, il se trouva plus de six mille étoumeaux dans le bateau et dans les paniers que les femmes et les enfants des pêcheurs avaient apportés. C'étaient donc cinq cents douzaines qui, vendues à raison de 30 à 40 c. , donnaient im bénéfice de 150 à200fr.

Cette chasse est, on le voit, assez lucrative ; mais, quant à moi, je me promis bien de ne plus y assister jamais. Trop de sensations pénibles m'avaient agité, et en rentrant en voiture

avec mes amis, je ne pus m'empôcher d'exprimer le regret que les besoins de Talimentalion publique rendissent nécessaire l'extermination en masse d'oiseaux aussi utiles à l'agriculture ; j'en vins même à comparer les tueries d'étoumeaux dans les mares aux massacres des soldats sur les champs de bataille et à exprimer cette opinion que la guerre n'était excusable que chez les anthropophages.

Pour m'arracher à ces idées noires, l'un de nos chasseurs, bon tireur et grand marcheur, s'il en Alt, nous raconta l'histoire miraculeuse d'un sansonnet, nom vulgaire de l'étoumeau, histoire qui s'est passée au village de Marlen, il y a une centaine d'années , et que conserve la tradition populaire.

Le barbier du village avait un sansonnet auquel il apprit à parler*. L'oiseau répéta

1. Les étoarneftax apprennent tans peine à parler, mais leur pronoDciation est tonjours défectueuse; elle n'a ni la franchise , ni l'ampleur de celle du corbeau. Ils éprouvent la même difficulté que les Anglais à faire sonner les r et parlent généralement dti net comme le peuple français. (Toussk^&l , le Monde det oiêeauXt t. II ^ p. S80.)

bientôt les paroles qu'on lui disait et apprit même certaines locutions familières à son mattre , telles que Je suis le barbier de Marlen. — Ah, comme ça. — Dieu le veut! — Par co«tpagnie. — U apprit aussi le mot imbécile dont le barbier gratifiait souvent son petit apprenti quand celui-ci étendait la moitié d'un emplâtre sur la table au lieu de l'étendre sur le linge, quand il affilait les rasoirs par le dos au lieu de les affiler par le tranchant ou quand il cassait quelque fiole à médecine. Comme il venait beaucoup de monde chez le barbier qui débitait aussi du kirschwasser, il arrivait que le sansonnet jetait dans la conversation quelquesuns de ses mots qui souvent tombaient fort à propos. Lorsque l'apprenti lui demandait:

Jeannot, que fais -tu? le sansonnet ne manquait jamais de lui répondre : Imbécile et les buveurs éclataient de rire.

Un jour que les ailes coupées lui avaient repoussé, que la fenêtre était ouverte et le temps fort beau, le sansonnet prit la clef des champs.

Grande fUt la désolation du barbier et de ses pratiques. L'on espéra d'abord que l'oiseau

reviendrait au logis, mais trois mois se passèrent et l'ingrat ne revint pas.

Un matin deux pêcheurs , les ancêtres, sans doute , de ceux qui venaient de nous faire les honneurs d'une chasse aux étoumeaux, étaient occupés à relever leur filet et à tordre le cou aux oiseaux prisonniers, lorsqu'une voix s'éleva qui dit : Imbécile ! Les deux pêcheurs se retournèrent à la fois, chacun croyant que l'autre l'appelait. Heureusement qu'ils n'avaient pas le temps de se quereller, car la besogne pressait. Ils continuèrent donc leur office de bourreau, quand la même voix s'écria: Dieu le veut ! L'un des pêcheiurs avisa un étoumeau qui passait tristement la tête entre les maiUes du filet, et déjà il s'apprêtait à lui tordre lé cou, lorsqu'il entendit prononcer ces mots : Ah, comme ça! Le pêcheur s'arrêta tout net et frappé d'un idée subite: Est-ce toi, Jeannot? — Je suis le barbier de Marlen, répondit le sansonnet en ouvrant démesurément le bec et en secouant ses ailes mouillées. — Et comment es-tu venu ici, Jeannot? — Par compagnie^ dit l'oiseau.

Les deux pêcheurs éclatèrent de rire et rap-

portèrent le sansonnet au barbier, qui leur donna un beau pourboire.

L'histoire fit du bruit. De tous côtés l'on vint chez le barbier sous prétexte de se faire raser, saigner ou couper les cheveux, mais en réalité pour voir et entendre Jeannot , qui fut ainsi la cause de la fortune du barbier de Marlen.

Se non è vero, è benè trovato!

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