‹ La chasse du chevreuilChapitre 11 sur 28 · ANGLO-NORMAND · texte numérisé non relu

ANGLO-NORMAND

Ne connaissant le bâtard normand que de vue, je reçois d’un veneur normand distingué les lignes suivantes : ce Je connais peu le bâtard normand, n’ayant, quoique Normand, guère connu que deux ou trois équipages composés de ce sang, et n’ayant jamais chassé que quatre ou cinq fois avec eux. Ils me paraissaient très-beaux ; mais, comme qualité, ils m’ont semblé fins de nez et criants, musards et se débrouillant médiocrement dans les défauts.

RACES EXISTANTES

«Je crois que le seul équipage actuel, réellement composé de vrais bâtards normands, est celui de M. de la Broise : on dit qu’il chasse bien et prend, soit cerf, soit chevreuil, dans une forêt difficile. Un de mes amis, M. Léonce de Pomereau, grand chasseur et très connaisseur, a chassé souvent avec l’équipage et me l’a dit très bon : seulement , je ne sais si la meute n’a pas un peu du sang des chiens de M. de la Besge ; la masse cependant doit être formée de bâtards normands.

« J’ai connu, il y a quinze ou vingt ans, les beaux bâtards normands de M. Durécu, de M. Leduc et de M. Hardy : c’étaient des chiens magnifiques de 24 à 26 pouces, ayant encore beaucoup de français, secs, gros, non de graisse, mais de muscles; des têtes superbes et des queues droites. Ils chassaient bien et prenaient parfaitement ; leur menée était régulière ; on leur reprochait d’être un peu musards et inintelligents dans les défauts. »

§5. — Bloodhounds.

Je consacrerai quelques lignes aux bloodhounds, si bien décrits dans l’ouvrage de M. le comte Le Couteulx sur les chiens français. M. Le Couteulx veut bien me faire l’honneur de m’écrire à ce propos les lignes suivantes :

« Ces chiens, qui me sont mieux connus maintenant que lorsque je les ai décrits pour la première fois, sont encore à améliorer pour certaines choses, construction, rein bas et trop de fanon; inégalité de pied dans la production, amélioration sous le rapport de la bravoure; mais ils ont de grandes et immenses qualités qui me les ont fait choisir et m’ont attaché à cette race. Je trouve que c’est celle qui réunit le mieux les qualités de l'anglais à celles du français saintongeois ou poitevin.

RACES EXISTANTES

« Les bloodhounds ont une grande santé et énormément de fond. Tout l’hiver, j’ai fait mes chasses de cerf et de sanglier avec quatre lieues pour le rendez-vous et des sept ou huit lieues de retraite. J’ai pris dixsept cerfs et huit sangliers, et pas un chien n’a souffert ni peiné de ses journées de vingt à vingt-cinq lieues.

(( Ils ont bon nez, sans toutefois qu’il soit d’une finesse extraordinaire ; cependant on trouve facilement de bons rapprocheurs. Ils sont très faciles à mener, très obéissants, au moins aussi sages que les plus sages anglais, chassant froidement au départ et poussant plutôt quand l’animal est malmené. Ils ont de grosses gorges, superbes, plutôt sourdes que claires; mais, quand l’animal file droit sous futaies, ils sont sujets à ne guère crier et poussent la voie comme le diable. Ils sont remarquables pour le change ; mais surtout pour ne pas chasser autre chose que l’animal sur lequel on les découple. Je suis bien loin de prétendre qu’ils ne font jamais change (étant entendu que le change n’existe guère que d’un animal échauffé à un animal qui ne l’est pas), mais je garantirais qu’ils ne feront à peu près jamais change d’un animal sur la voie duquel on les a découplés sur un autre d’une espèce différente, même sur lequel ils sont en curée. Ainsi, à Lyons, où les cerfs, fort nombreux, sont tous debout quand on chasse, il arrivera souvent que plusieurs feront change sur un autre animal également échauffé; mais, si, après trois mois de chasse de cerf sans interruption, et la prise de dix-sept cerfs, comme cette année, j’attaque un sanglier, plusieurs chiens ne chasseront pas la première ou la seconde fois, mais néanmoins n’attaqueront et ne chasseront pas de cerfs, et suivront les chiens qui seront sur leur sanglier, malgré les hardes de cerfs et de biches qu’ils traverseront ou mettront debout pendant leur chasse.

ce II y a dans cette race de gros chiens lourds et pesants à l’œil, qui sont d’un pied qu’on ne pourrait jamais soupçonner; cela tient, je crois, à la force et à la puissance de leurs membres et de leurs muscles. Tou-

RACES EXISTANTES

tefois il y a souvent inégalité de pied dans les mêmes portées, quoique la race ait un stud-book très exact qui vaut celui des chevaux de pur sang, et qu’ils se reproduisent identiquement pareils de forme, de couleur et de caractère. Comme force, ils ne sont guère faits qu’à deux ans ; ils sont souvent un peu longs à se livrer. Ils sont très intelligents, remarquables de retraite, attachés à leur maître, très ralliants. Ils sont doux, tres-peu mordants : l’animal une fois pris, beaucoup de chiens ne lui disent rien et n’y touchent pas.

« Quoiqu’ils ne le paraissent guère à l’œil, je crois pourtant qu’ils seraient bons chiens de chevreuil, par suite : i° de leur nez; 2° de leur sûreté sur une voie ; 30 de la manière dont ils poussent l’animal une fois échauffé ; 40 de leur obéissance et facilité à s’arrêter. »

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