‹ La chasse du chevreuilChapitre 12 sur 28 · LE CHEVREUIL · texte numérisé non relu

LE CHEVREUIL

Mais, me direz-vous : « il n’existe plus ou presque plus de chiens du haut Poitou, de Saintonge, de Vendée, de Gascogne, et nous savons d’autre part que le premier croisement entre la lice française de race pure et le chien anglais, le staghound surtout, réussit toujours parfaitement; comment donc, maintenant que ces espèces françaises pures ont à peu près disparu, créer des bâtards qui se reproduisent avec les qualités du premier croisement ? »

Jonas Webb, le célèbre éleveur de southdowns (moutons des dunes du sud, à face noire), s’apercevant que ses troupeaux commençaient à dégénérer, acheta dans une bergerie de dishleys (moutons des gras pâturages, à face blanche), un bélier près de terre, fin d’ossature, et dont la taille se rapprochait de celle des southdowns. Le bélier dishley couvrit trente brebis; on choisit parmi les jeunes agneaux issus de ce croisement le bélier dont la laine courte et frisée, la face noire, la construction fine et régulière se rapprochaient le plus du type southdown. L’année suivante on donna trente autres brebis à ce jeune bélier, et on se servit de ses fils pour infuser quelques gouttes de sang étranger dans les veines des southdowns, et de la sorte vivifier et maintenir la race : j’ai vu il y a quelques années, à l’école d’agriculture de Grand Jouan, deux béliers

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