POUR FORCER RÉGULIÈREMENT LE CHEVREUIL
J’ai remarqué enfin que, en croisant toujours la lice de change avec le chien de change, on arrive à créer assez vite des chiens qui gardent naturellement le change, souvent même dès la première année : je pourrais en citer de nombreux exemples. Du reste, c’est, à mon avis, le même principe qui a certainement fixé les qualités du chien couchant, qui arrête naturellement; du bull terrier, qui terre naturellement; du barbet ou du water-spanish, qui ne se plaît que dans l’eau ; du chien de berger, etc., etc.
Je regrette, pour ma part, que tous les bons veneurs de France n’aient pas été présents cette année à notre réunion de Vezins ; ils eussent certainement admiré, hardé au rendez-vous du Cliëne brûlé, un équipage composé de cent chiens blancs et noirs, tachetés de feu pâle sur les yeux, de haute taille, légers de corsage, mais musclés et bien reintés, profonds de poitrine, d’une construction élégante et irréprochable; ils eussent remarqué surtout la merveilleuse intelligence , la sagesse incomparable de ces cent chiens découplés tous à la fois. Cette meute nombreuse, chassant ensemble pour la première fois de l’année, passait au milieu de hardes nombreuses de biches, de cerfs et de chevreuils, sans hésiter, et sans que, sur huit chasses de cerfs consécutives, nous ayons eu un seul change à redresser.
Comment faire un plus bel éloge de cette excellente race? Nos veneurs de France les plus expérimentés oseraient-ils découpler sur un cerf dans une forêt vive, même avec une meute très réglée d’avance, exclusivement dans la voie du cerf, quatre meutes qui ne se connaissent pas entre elles? Et cependant, à Vezins, les veneurs vendéens accomplissent tous les ans ce tour de force ; depuis plus de trente ans que nous y chassons, je ne sache pas qu’on ait manqué plus de huit ou dix cerfs : ce succès inouï tient évidemment à l’excellence de nos races de bâtards anglo-poitevins et anglo-saintongeois.
J’ajouterai en terminant que mon avis personnel, confirmé par la longue expérience de nos meilleurs veneurs, M. de la Débutrie, notre doyen