‹ La chasse du chevreuilChapitre 16 sur 28 · POUR FORCER RÉGULIÈREMENT LE CHEVREUIL · texte numérisé non relu

POUR FORCER RÉGULIÈREMENT LE CHEVREUIL

mais, au bout de ce temps, alors que la voie du chevreuil devenait plus légère et que la meute sentait l’animal de plus en plus malmené, nos chiens, plus fins de nez, plus adroits chasseurs, plus intelligents que les chiens anglais, prenaient la tête, et, coupant tous les crochets, serraient l’animal moitié plus vite que les anglais. Presque tous nos chiens dominaient les chiens anglais pendant la dernière heure. Nous fîmes de la sorte neuf attaques successives suivies d’autant d’hallalis.

Ce fait, qui semble extraordinaire au premier abord, s’explique par ce que j’ai rapporté plus haut des qualités distinctives du bâtard bien tracé.

Pour prendre un chevreuil, une meute très vite n’est donc pas nécessaire ; les chiens très intelligents, dont le nez est fin, qui dans les défauts ont de l’initiative , et qui surtout chassent adroitement et diligemment, mettront toujours moins de temps en moyenne pour forcer un chevreuil, qu’un équipage très près du sang anglais.

J’ai dit que nos bâtards prennent également bien cerfs et chevreuils. Je citerai les forêts de Vouvant en Vendée, de Leppo et de Vezins en Anjou, etc., où nos meutes vendéennes pour le chevreuil forcent des cerfs à des époques fixées d’avance. Si je ne craignais pas de trop vanter mon modeste équipage de chevreuil, j’aurais des succès assez variés à enregistrer cette année : le 23 février dernier, je sonnai mon quarante et unième hallali, sur 43 attaques : 12 cerfs, 28 chevreuils et un sanglier. Depuis cette époque jusqu’au 23 mars, j’ai pu prendre, malgré les mauvais temps, 6 autres chevreuils ; ce qui forme un total de 47 animaux forcés de meute à mort pendant la campagne de 1876-77, avec une meute composée seulement de 23 bâtards anglo-poitevins-saintongeois.

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