‹ La chasse du chevreuilChapitre 8 sur 28 · ANGLO-POITEVINS · texte numérisé non relu

ANGLO-POITEVINS

Il y a quelque quarante ans, MM. de la Besge, de Maichin et autres bons veneurs poitevins, chassaient des cerfs dans la forêt de la Moulière avec des chiens du haut Poitou. Ces messieurs invitèrent M. de la Débutrie à réunir son équipage de Vendée à leurs meutes poitevines. Peu habitués à l’ajonc, peu aptes aussi, avec leur poil fin et clair, à marcher

RACES EXISTANTES

au piquant, les chiens de Vendée furent promptement coulés. L’année suivante, M. de la Débutrie accepta de M. de la Besge Queen et Cromwell et un troisième chien anglais, en échange de trois chiens de Vendée. Un an après, M. de la Débutrie fit venir trois ou quatre autres chiens anglais et retourna à la Moulière. Bien que MM. de la Besge possédassent alors un chien français extraordinaire, Marins, qui portait constamment la tête à l’ajonc sur les chiens anglais, il fallut se rendre à l’évidence : Marius était une exception, et, pour forcer le cerf de meute à mort, le chien français ne pouvait être comparé au chien anglais. La forte construction de l’anglais, sa santé robuste, sa vitesse, son fond inépuisable, défiaient toute concurrence. A partir de ce moment, on prit des cerfs à la Moulière presque sans en manquer. Malheureusement, les chiens anglais étaient muets ou à peu près. Il vint alors à l’esprit de ces messieurs une excellente idée, bientôt réalisée : MM. de la Besge importèrent en Poitou Taboureau , Rochester , etc., chiens de pur sang anglais. Grâce à l’initiative de M. de la Débutrie, qui croisa les lices du Poitou avec les chiens anglais, et qui en cela fut imité par MM. de la Besge, nous fûmes bientôt dotés de ces excellents bâtards haut-poitevins qui réunissent au plus haut degré toutes les qualités du chien de noble race : taille, élégance, fond, santé, vitesse, gorge sonore, intelligence et disposition remarquable à garder le change.

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